Israhell chante du Piaf



Quand Israhell  s'essaie au chant, quand elle squatte du Piaf, l'hymne à l'amour, devient un hymne à la haine, écoutez plutôt ..

Le ciel gris sur vous peut s'effondrer
Et la terre peut bien s'écrouler
Peu m'importe si tu me détestes
Je me fous du monde entier
Tant que la haine inondera tes matins
Tant que ton corps frémira sous mes poings
Peu m'importe tes problèmes
Palestine puisque je t' Haine

Tu iras jusqu'au bout du monde
Tu te feras teindre en blonde
Si je te l'imposerais

J'irai décrocher la lune
Je viendrai voler ta fortune
Même si tu me le défendrais

Je renierai mes amis
J'écraserai mes ennemis
S'il le faudrait

On peut bien médire de moi
Je ferais n'importe quoi
Pour t'étouffer

Si un jour la vie t'arrache à moi
Si tu meurs que tu sois loin de moi
Peu m'importe si tu crèves
Car moi je vivrais oh que oui
J'aurai pour moi l'éternité
Dans le rouge de toute l'atrocité
Dans le ciel beaucoup plus de problèmes
Mon amour crois-tu qu'on se Haine ?

Noooon rien de rien, noooooon Israhell ne regrette rien, ni le bien qu'elle n'a jamais fait, ni le mal, tout ça lui est bien égal, mais moi je n'ai pas oublié, j'ai la mémoire encore fraiche, le souvenir intact, de cette belle embarcation, flottille de la liberté, se frayant un chemin dans la mer, défiant la haine des hommes, accourant comme une mère, vers Gaza l'orpheline, Gaza l'assiégée, Gaza l'oubliée.. 


Non je ne l'ai pas oubliée, il y a un an, jour pour jour, le 31 mai 2010, la flottille de la liberté a été sauvagement attaquée, son équipage tué, blessé, meurtri, des gens venus apporter un peu d'amour et d'espoir, refusant la tyrannie israhellienne, défiant l'arrogance sioniste, ouvrant vers la vie une piste, des gens de différentes nationalités, unis par la même pensée, motivés pour la Cause, animés par l'amour, mais horriblement, injustement attaqués par des vautours.

Je dis qu'on n'oublie pas .. les crimes encore impunis à l'encontre des amoureux de Gaza

Israhell go to Hell, Gaza tel un phénix va renaitre de ses cendres, Gaza est déjà un peu plus libre aujourd'hui, et dans quelques jours elle accueillera inchAllah  la deuxième flottille... We will not go down !


Prépa ... la meilleure période de ma vie !


Non ce n'est pas une antithèse et je ne suis pas folle (pas encore en tout cas), j'ai bien dit : prépa .. la meilleure période de ma vie. Pourquoi ? Parce que ..

- Non désolée mais tu n'es pas faite pour faire prépa !
- Ah bon ! Et pourquoi ?
- Eh bien parce que tu es trop paresseuse !
- Ah ça oui ... et j'ai souri.

C'était ma meilleure amie au lycée, elle avait raison, je ne suis pas faite pour faire prépa,.. prépa ce mot magique, terrible, cette école où on doit lutter, bucher, travailler nuit et jour pour réussir au concours, cette école où en première année tu n'as pas droit à l'erreur, tu dois réussir ou bien on te met à l'extérieur .. enfin c'était comme ça de mon temps. Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre ... Quand l'informatique était une matière optionnelle, vous vous imaginez ?! Quand on n'avait pas le droit de redoubler en première année, puis au concours on  se rattrapait par une épreuve orale afin de réussir, décrocher une école, ou en arracher une meilleure. 

Prépa.. c'est mon prof de Techniques au lycée qui m'en a parlé pour la première fois, j'étais môme en cinquième année secondaire (ancien régime, génération 82, les derniers rescapés du système mauviste de base). Après le bac ma soeur jumelle m'a beaucoup encouragée à faire prépa, elle a fait prépa technologue à Tunis, et j'ai fait prépa Math-Physique à Mateur (Bizerte). Nos routes se sont séparées et j'ai galéré ...

Je me suis retrouvée dans cet institut en face de la montagne Ichkel, avec un foyer mixte juste à côté, j'ai beaucoup aimé la prépa, j'étais libre de.. sauter le petit déjeuner par exemple.. j'étais libre de trainer avec des amis, de sécher les cours, de manger, boire, jeûner, dormir, ne jamais étudier, passer des soirées à discuter, avaler des spaghettis au beau milieu de la nuit, ouvrir un cahier le temps de somnoler... et puis c'était plutôt sympa la prépa,  avec ma psychopathe de bînome (on était quatre ) qui passait son temps à me regarder, me contraignant à me changer dans les toilettes, pas mal de fois c'était chouette. Oui j'ai aimé la prépa, elle me semblait comme une sorte de prolongation de mon bac math, mais juste en 3D. La physique par exemple, a décidé de me faire face, en chair et en os, plus question de parler deux dimensions.. et j'ai dû galérer pour en saisir la .. "raison". C'est un ami, Foued, originaire du Sud c'est lui qui a supporté mes délires, c'est grâce à lui que j'ai fini par comprendre ! Pauvre ami ... il n'a pas réussi malgré son travail acharné ... 

Première année prépa avec comme prof d'analyse Nedialkova, une  bulgare folle, aux cheveux rouges coupe garçon, au visage brun et aux yeux étincelant de ruse, c'était une vieille sportive, une disjonctée malicieuse, ah les acrobaties qu'elle faisait en classe, elle était très intelligente mais terrible ! On avait des notes d'oral pires qu'à l'écrit, elle était impitoyable, mais je l'aimais, elle me faisait trop marrer et puis son cours était léger avec plein d'exercices d'application, je l'aimais bien, tant pis pour mes 3, 6, 2 à présent !

J'ai passé une première année à jouer, à me moquer du temps qui s'envole, un 8, puis un 7 et mon père qui en perd la tête ! Venu me chercher à la fin de l'année, sur le chemin il en a bien profité, il m'a accablé de reproches, mes larmes ont coulé silencieusement, furtivement, j'osais à peine respirer, il avait raison ! Et cette douche froide m'a rendue la raison, j'ai passé une bonne semaine de "vraie" révision, j'ai passé les examens plus ou moins bien mais je me disais que c'était trop tard, que c'était insuffisant. Alors quand je suis rentrée à la maison pour la dernière fois, j'ai profité du sommeil de mes voisins de gauche et de droite pour pleurer amèrement, oh que j'ai pleuré durant tout le trajet, je me rappelais de mes amis, les bons, les vrais, les polis, je me disais qu'ils se diraient ah dommage, la belle bizertine, elle était sympa, mais elle n'a pas réussi, elle a passé l'année à jouer pardi ! Voilà comment on se rappellerait de moi, une frivole sympa qui a eu un avertissement parce qu'elle était montée sur le toit, elle n'était pas seule, mais ses amies l'ont laissée tomber, parce qu'en prépa ça ne coûte pas cher l'amiEtié ! 

J'ai encore pleuré en attendant le résultat, ma soeur jumelle m'a consolée, elle croyait en moi, mais il suffisait d'une chanson de Dido pour que mes larmes tombent à flot ! Je suis incorrigible, toujours paresseuse, au lycée ça pouvait passer, je finissais toujours par avoir un prix à la fin de l'année, mais au bac et en 6ème année, j'ai complètement relâché ! En prépa j'ai continué à être "moi", fainéante comme jamais, que vais-je faire maintenant ? Je serai mise à la porte, mon amie avait raison, je ne suis pas faite pour la Prépa,  je ne la mérite pas... c'était là mes pensées quand le téléphone a sonné, par une matinée chaude d'été, Imen c'est bon t'as réussi ! Imen ne pleure pas c'est fini !

To be continued...

Spéciale dédicace à tous les étudiants en prépa, aux anciens combattants et surtout à mes amis et tous ceux qui passent le concours de deuxième année,  bon courage, cette note c'est pour vous. 


 En Prépa, on ne pense pas aux points au dessous du 20, 
on pense aux points au dessus du 0 :p

L'alphabet du dimanche




A comme Amour
B comme Bamitié
C comme Céder CD
D comme Défunt
E comme Estomper
F comme Figée
G comme Girafe
H comme Hitchcock
I comme Intelligente
J comme J8 (le G8 tunisien)
K comme Kalamar (tant pis pour l'orthographe)
L comme Lame
M comme Menottes
N comme Non 
O comme Oh my God !
P comme Perroquet
Q comme Cul (désolée je trouve pas autre chose)
R comme Rustre
S comme STI (Sciences et Techniques de l'Ingénieur)
T comme Tunisienne
U comme Un Dos Tres (Mariaaaa) 
V comme Vinaigre
W comme Washington
X comme X-Files
Y comme Yeaaaah
Z comme Zhis is it !


Envie de jouer, envie de folie, voilà les mots qui me viennent à l'esprit sans trop réfléchir, je suis d'humeur dominicale à vrai dire, je suis triste pour ce jeune syrien principalement et la Syrie en général, but most of all, I feel sorry for myself .. parce que je ne suis qu'une pauvre créature ici bas et que je ne vaux pas plus que ça ! Voilà mesdames et messieurs,  c'était le coup de gueule du dimanche, je pensais écrire un truc consistant mais non j'ai carrément changé de sujet, je reviendrai peut être le soir qui sait ?

Voilà la note la plus débile de l'histoire de mon blog, plus ridicule que ça je meurs et .. je m'en moque !

PS. mes amis et blogueurs je ne veux taguer personne mais vous pouvez vous prêter au jeu si vous voulez, tout seuls ou bien devant vos .. lecteurs :/

Enfin une petite dédicace à moi et à tous ceux qui se reconnaîtront :D 



Quand papy est parti


C'était un mercredi 27 mai 1998, il y a treize ans, jour pour jour, .. mon grand-père est venu nous dire bonjour, mais c'était un adieu pour toujours ... J'étais en cinquième année secondaire moi et ma soeur... C'était la semaine bloquée, on venait juste de passer l'examen de mathématiques, quand ma mère est venue nous chercher avec comme surprise.. mon grand-père ! Il nous a dit qu'on lui manquait, alors il est venu nous voir, je me suis avancée pour l'embrasser mais il m'a repoussée, il m'a dit attend toi la méchante (lemchouma) je veux embrasser Amina d'abord, et là il a tenu le visage de ma soeur entre ses grandes mains brunes et l'a embrassée quatre fois à mon plus grand étonnement. Mon grand-père n'était pas du genre à aimer les bisous et pourtant! Puis il m'a embrassée et m'a donné du chocolat Maestro. Puis nous sommes montés dans la voiture pour le déposer chez lui.. mais il n'a pas laissé ma mère l’emmener jusqu'à sa maison, il a insisté pour descendre au bout de la rue, il a tenu bon, il a dit que c'était suffisant...

Quelques heures plus tard lorsqu'on s'apprêtait à déjeuner, mon oncle est arrivé, "papa est mort" a-t-il annoncé ! Maman s'est écroulée, comment ? Il était avec moi ce matin, il était en bonne santé, il a pris une douche, il est allé chez le coiffeur, il a mis le poisson au four, comment se fait-il qu'il soit mort ?! Moi j'ai couru vers ma grande soeur, je voulais lui annoncer le scoop : Hanen, grand-père est mort ! J'ai dit ça avec un sourire, presque triomphal, j'étais contente d'annoncer quelque chose de spécial, je souriais de ce sourire maladroit que j'avais, que j'ai, celui de sourire quand il ne faut pas ! Mon grand-père est mort pourtant il a fallu que je passe mon devoir d'anglais l'après-midi. Une fois que c’est fait je suis allée avec ma soeur à pieds chez la maison de grand-père. Quand nous sommes arrivés et que je n'ai pas vu de chaises à l'extérieur, je me suis dit ça y est, ils se sont trompés, papy ne peut pas être mort, c'est quoi déjà la mort ? Je ne sais pas ! 

On a grimpé l'escalier et là les chaises blanches m'ont fait face, elles étaient là cette fois c'est sûr, oh mon Dieu que c'est dur ! Comment peut-on jouir de la vie quand il existe cette chose horrible qu'est la mort ?! Je suis entrée dans cette pièce pleine de monde, je me suis assise par terre, près de ce long corps enveloppé dans des draps blancs, et maman m'a dit tout en pleurant : Imen , t'as vu ton grand-père ? lui qui ce matin même était venu t'apporter du chocolat ? Et là, encore une fois j'ai lutté pour maîtriser le fameux sourire, j'avais en face de moi les femmes de mes oncles qui me regardaient, qui se disaient peut être, quelle ingrate, insensible .. mais le fait est que je ne croyais pas un instant les mots de maman, je ne croyais pas un instant que cette masse blanche et inerte était mon grand-père. J'en étais tout simplement incapable ! Cela dépassait mes capacités d'imagination .. 

Grand-père était mort quelques minutes après avoir quitté la voiture, il avait lutté pour atteindre sa maison, pour monter l'escalier, pour s'effondrer une dernière fois sur son canapé. Grand-mère était là, mais elle n'avait pas compris, elle lui parlait mais il était déjà parti .. Si seulement on a encore insisté pour le déposer devant sa maison, on aurait peut être pu assister à sa mort, Dieu en a voulu autrement .. Grand-père est parti, la mort m'a fait face pour la première fois de ma vie, j'ai pleuré un peu au début, mais je n'ai jamais pu croire à sa mort, je ne pouvais pas réaliser que mon grand-père était sous la terre, enterré par la pluie et le beau temps, que son corps était en train de se décomposer, j'étais enfant cela me dépassait. J'ai même rêvé une fois qu'il était revenu pour nous raconter son incroyable aventure de survie.. 

Que reste-t-il de papy ? Un souvenir, le meilleur, quand j'étais petite avec ma soeur et qu'il y avait ce voyou qui nous terrorisait avec des insectes, qui m'a plaquée une fois contre le mur en essayant de m'étrangler, juste pour voir ma face effarée et en rire, .. et que mon grand-père est allé lui rendre une petite visite à la sortie de l'école, par une journée pluvieuse, je ne l'oublierai jamais, il lui a enseigné ce que c'est que la peur, depuis plus jamais ce crétin ne nous a dérangées, mon grand-père était devenu pour moi un héros, mon héros, voilà si je devais retenir une chose ce serait ça .. je ne parlerai pas de sa générosité, ni de son sens incroyable d'humour, ni de ses yeux verts, de sa grande silhouette et de son visage brun et charmant, je dirais simplement qu'il n'a pas voulu m'embrasser en premier car quand j'étais bébé je pleurais et criais toujours quand il se penchait sur moi pour m’embrasser, alors que ma soeur le regardait fixement, lui souriait et se laissait faire docilement ...

Grand-père.. tu me manques !

Bibi Netanyahu




Aujourd'hui je suis un peu de mauvaise humeur, car hier il s'est passé quelque chose de vraiment dégueulasse, zéro classe, et je dois en parler, je ne devrais pas laisser passer cette atrocité sans broncher, or les mots me manquent, c'est que la chose qui s'est produite est d'une insolence astronomique. J'en perds même l'envie d'user de mon humour noir ou de jouer avec les mots. Oui je sais, vous n'avez pas encore deviné, je parle de Natanyahu.

Qui c'est ? Ben c'est lui le criminel de guerre, officiellement présenté comme premier ministre israhellien, pompeusement accueilli, généreusement applaudi, normal il était chez  lui, chez ses amis américains. Il s'appelle Benjamin un joli prénom, c'est certain. Ou encore Bibi pour les intimes, voire les tunisiens, des gens comme .. euh Mohsen Cherif (bravo à moi de m'être  rappelée de son nom et prénom), vous savez, notre bouffon national qu'on a tous pu admirer au début de l'année 2010 en train de scander le nom de Zin le disloqué et puis surtout celui de Bibi Natanyahu !  Mais bon ce n'est pas le sujet, restons concentrés. 

Ce Netanyahu m'a vraiment énervée ! Il n'a cessé de  nous provoquer ces derniers temps, il ne veut pas partager le gâteau, il n'est même pas impressionné par le feu de la révolution qui dans nos pays arabes n'a pas fini de s'embraser, de s'éterniser, promettant des lendemains meilleurs, .. enfin je l'espère. Au contraire, Netanyahu a même eu l'audace de s'adresser aux libres révolutionnaires de l'Égypte et de la Tunisie (rayant ainsi de la carte ceux du Yémen, de la Libye et de la Syrie). C'est dire qu'il n'a pas peur de nous, son État criminello-parasitien n'a jamais été aussi voyou. Alors qu'est-ce qu'il a dit enfin ?  Il a dit que pour les palestiniens rien ne va changer, absolument rien ! Israhell ne reviendra jamais aux frontières "indéfendables" de 1967, Jérusalem ne sera jamais divisée, "elle doit rester la capitale unie d'Israel" , ce serait la seule façon de garantir la liberté de culte pour tous,  quelque soit la religion, comme si on ne connait pas les restrictions imposées  aux fidèles musulmans  qui veulent faire la prière à Jérusalem et  qui se trouvent contraints à des contrôles d'identité, à une limitation d'âge imposée entre je ne sais quoi et quoi, non mais t'as fini de mentir crétin ? T'as fini de nous haïr enfin ? 


Et puis quoi encore ? Ah oui Bibi Netanyahu refuse toujours de parler avec le Hamas( comme si le Hamas accepterait de négocier avec lui hhhhh), qu'il qualifie de "version palestinienne d’Al-Qaïda", d'ailleurs "il a invité Mahmoud Abbas, à "déchirer" l'accord de réconciliation qu'il a signé au début du mois avec le mouvement islamiste grâce à la médiation des militaires égyptiens au pouvoir". Bien évidemment une union palestinienne est le pire cauchemar des israhelliens, une union arabe serait pour eux carrément la fin. Pour moi aussi c'est la fin, je pense que je n'ai rien à ajouter, je vous laisse juste admirer la fameuse carte symbole de la plus grande injustice de l'histoire  de l'humanité.


Finis, oubliés les martyrs de Gaza, de Hayfa, de Cis-Jordanie, ceux de la flottille de la liberté qui a été attaquée il y a un an  (le 31 mai plus précisément), tiens même ce jeune et brave activiste italien, nooooon rien de rien, noooooon Israhell ne regrette rien, ni le bien qu'elle n'a jamais fait, ni le mal, tout ça lui est bien égaaaaaal !

Morale de l'histoire : pour ceux qui n'ont pas encore compris, Israhell n'a jamais voulu faire la paix avec les palestiniens, elle ne reconnait même pas leur droit à la vie, Israhell n'est pas encore impressionnée par les révolutions arabes, pourquoi ? Parce qu'elle ferait tout pour qu'on échoue, parce qu'une révolution c'est compliqué, c'est risqué et qu'on devrait tous s'y mettre pour réussir et échapper à une énième dictature. Donc à tous les amoureux de la Palestine, tous ceux qui comme moi l'ont dans leur coeur, vous savez ce qu'il vous reste à faire. Soutenez vos pays, pour pouvoir soutenir un jour la Palestine libre et unie ! 

A la prochaine, j'ai pas encore fini ..

Spéciale dédicace à BCE



Cher Papy

La dernière fois qu'on s'est vus je t'ai demandé gentiment de bien vouloir prendre ta pilule et dégager le passage afin que nous autres jeunes (et moins jeunes) puissions construire l'avenir de notre pays, faire nos choix, mener à bien notre révolution. Mais apparemment tu as la sourde oreille (quoi de plus normal à ton âge), tu ne m'as pas écoutée, ni même entendue, how convinient. Mais ne t'inquiète pas, j'ai appris à t'accepter, à faire abstraction de ton arrogance, de tes zigzags, de tes mensonges. Car malgré tes défauts, tes manies à la sauce  mégalomanie, tu nous as quand même promis : un rendez-vous indiscutable, intouchable, inébranlable, celui du 24 juillet date des élections de l'assemblée constituante. Ceci n'est pas à discuter, pas vrai ? C'est un acquis, un engagement que tu as toujours renouvelé. Et tu sais quoi ? Je t'ai fait confiance, au moins sur ce point, j'ai senti que tu voulais bien le faire,  que tu étais sincère, que pour une fois tu allais mettre ton fameux slogan à l'oeuvre :  " l'honnêteté dans la parole et le dévouement dans le travail".

Alors si tu veux faire opérer l'honnêteté dans la parole, eh bien c'est maintenant qu'il faut le faire, c'est aujourd'hui, à cet instant. Tu dois nous montrer vraiment que tu es un homme de parole, que tu es à la hauteur de tes promesses, à la hauteur de ce fauteuil de la Kasbah que tu occupes si fièrement à chaque rendez-vous télévisé, ok ? Allez ce sera l'ultime exercice pour toi, tu vas leur mettre la pression à ces cons, cette bande d'incompétents, qui se la jouent inoffensifs mais qui sont pourtant si fautifs ! Le 24 juillet c'est dans exactement deux mois, alors vous aurez plus que le temps nécessaire pour organiser ces élections, pour y travailler nuit et jour, pour y mobiliser les gens qu'il faut, pour servir enfin votre pays et surtout respecter et assumer cette responsabilité que VOUS avez choisie de plein gré devant le monde entier, et le peuple tunisien en premier, le peuple tunisien qui, je vous l'assure est très fatigué ! 

Fatigué des notions abstraites du "prestige de l'État" par exemple, des notions d'autant plus vides de sens que complètement contraires  à la réalité des choses dans le pays.  Tu sais papy, je ne vois pas beaucoup de prestige d'État quand je passe près d'un bus jaune canari, et que je vois des gens se bousculer et s'engueuler pour mettre un bout de talon à la porte du bus et se balancer  in and out à longueur de distance. Je ne vois pas beaucoup de prestige d'État quand je vois le citoyen ordinaire participer aux jeux olympiques de l'hiver tardif au printemps et se prêter au jeu du saut en longueur, en hauteur, de la gymnastique voire de la danse classique,  parce que le Bon Dieu nous a offert un peu de pluie, je ne vois pas trop de prestige quand je commence ma journée par le spectacle désolé, toujours renouvelé, jamais épuisé, des déchets qui jonchent nos rues et hantent nos chaussées... Ah je m'égare excuse moi papy, je renouvelle ma demande : pas de report des élections, tu nous l'as promis maintes fois, n'est-ce pas ? 

Enfin, je t'offre cet excellent poème, de l'excellentissime Tamim, oui lui aussi a à peu près le tiers de ton âge, mais tu verras, ses mots sont très pertinents, tranchants, sans merci, surtout aux gens de ta catégorie, écoute il parle du prestige de l'Etat lui aussi .. ouvre bien les oreilles c'est pour toi papy !

هيبة العرش الخلي من الملوك - تميم البرغوثي




La voix du dimanche


Encore un dimanche, encore une avalanche, de tristesse, de mélancolie, dans mon ciel il fait un peu trop gris, ces jours-ci. J'essaie de me calmer, de me rappeler de ce que Dieu m'a donné, entre autres la bonne santé, mais je ne peux m'empêcher de m'égarer par la pensée.. je suis ingrate je sais, je ne suis qu'un être humain vous savez. Un être humain aussi faible que capricieux, pire encore une désenchantée.. 

J'ai pourtant appris à aimer ma vie le dimanche, j'ai appris à faire la paix avec cette  triste partie de la journée, car mes semaines ne durent qu'un jour, le dimanche en signe le retour, je me suis détachée de ce monde virtuel et ça avait l'air de mieux aller, le mois passé. Mais aujourd'hui j'ai l'impression de m'enliser, doucement, sournoisement, dans les dunes du passé, j'ai l'impression que j'ai encore foiré, que je me suis plantée... et je n'ai pas envie de recommencer.. 

Dimanche est en train de me fuir, je regarde l'heure, ça sera le crépuscule dans moins d'une heure. Encore un jour parti en fumée. J'ai sauté et dansé pour oublier, pour faire du sport, pour embellir mon corps, une douche froide, un coup de fil, une voix déchirée par les pleurs, étranglée par le chagrin, une voix .. incarnant la souffrance, résumant les mots et les poèmes, défiant les distances, j'ai beau prêter l'oreille, froncer les sourcils, écarquiller les yeux, je n'arrivais pas à en saisir le message, je croyais rêver, entendre un mirage, j'avais l'impression que le temps s'est arrêté, de toute ma vie je n'ai jamais été aussi proche des souffrances de l'autre, je n'ai jamais été témoin de ces moments personnels de chagrin, d'habitude c’est moi qui souffre, c'est moi qui crie, c’est moi qui pleure, c'est moi qui s'écrie...

J'ai donc essayé de hasarder quelques mots de consolation, j'implorais la voix pour qu'elle s'arrête, pour qu'elle se calme un moment, je lui disais que je ne comprenais rien de son histoire, car sa voix sonnait trop la souffrance et le désespoir, mais elle continuait à crier, à s'écrier, à pleurer, à s'étirer, à gémir, dans mon oreille souffrant le martyre, j'étais comme une enfant qui a surpris parler les "grands", j'étais sans défense, j'écoutais cette voix, la souffrance, les pleurs,  puis le silence. 

Alors maintenant je suis doublement, triplement triste, pour moi, pour cette voix, pour .... je ne dirai pas..alors vous êtes prévenus, ne vous approchez pas de moi, éloignez-vous, partez je vous en prie, ne restez pas ici c'est dangereux, la tristesse c’est contagieux, la tristesse ne se partage qu'à deux, c'est entre moi et mon .. autre. Ne vous inquiétez pas, demain j'irai voir la voix et ensemble on se consolera...

Bizerta l'honneur



Je voulais écrire une note mais je ne savais pas de quoi parler exactement, les idées se bousculaient dans ma tête mais aucune d'elle ne m'a séduite suffisamment, sans parler du temps qui me manque ces derniers temps.. Mais aujourd'hui en me tenant debout, appuyée désespérément  sur la barrière, face à la mer, regardant ce point lointain qui s'approchait lentement, qui condamnait notre vieux pont, qui paralysait la circulation, je me suis dit : ça y est, cette fois c'est décidé, je vais parler de ma ville natale, je vais faire honneur à Bizerta, Bizerte à l'honneur, c'est Bizerta voilà le menu. Je vais être régionaliste le temps d'un coup de gueule, le temps d'un coup de coeur, ...

Pour ceux qui ne la connaissent pas, Bizerte est une belle ville, "calme", située à l'extrême nord de la Tunisie et du continent africain, c'est le point culminant de toute l'Afrique. Pour accéder à cette ville, vous devez passer par son fameux pont mobile, un pont qui fait des siennes trois fois par jour, parfois plus, il se met à bouger, à se lever, à s'élever dans les airs pour que des bateaux en ruines tristes et désolés viennent accoster sur les rives de notre  méditerranée. Ces crises d'épilepsie de notre pont bizertin peuvent durer de 20 à 60 minutes (parfois plus) et ils sont accompagnés d'un mouvement  général d'impatience chez les véhicules coincés, de crises de nerfs chez leurs propriétaires désespérés et d'embouteillages de la catégorie F5. Une fois le pont calmé et assagi, une fois qu'il a repris sa position "assis", les véhicules à 2, 3, 4 roues et les mille pattes humaines attendant de part et d'autre de la rive, se déchaînent comme des évadés de prison, ah le spectacle émouvant, je l'ai vécu aujourd'hui vous savez ! Parce qu'on ne veut pas nous lâcher avec ce samedi de trop dont je vous ai déjà parlé, donc vendredi et samedi je travaille à la mi-journée et j'ai souvent droit à une scène de pont qui fait des siennes. Bien évidemment plus il fait chaud, plus le soleil vous brûle la peau pendant que vous attendez l'heure de salut, plus c'est intéressant, le spectacle atteint ses limites !


Aujourd'hui il faisait frais, un ciel voilé, une belle brise est venue me caresser le visage pendant qu'appuyée de tout mon long, de tout le poids de mes 28 ans, sur la barrière en fer, je contemplais l'horizon, je regardais passer ma vie, mon temps, à attendre ce maudit point encore minuscule qui se déhanchait à l'horizon, pas l'air pressé du tout ! 


Nous l'attendions tous, le point prenait la forme d'un bateau, puis deux, puis trois, un cortège agonisant qui prenait tout son temps, alors à quoi bon lever le pont de si tôt ? Pourtant j'étais assez sereine, parce qu'il faisait beau, il faisait "froid", je regardais les gens autour de moi, j'écoutais Lotfi Double Kanon sur les ondes de shems FM, j'essayais de trouver la conversation intéressante, puis la dernière chanson de Balti touchante, mais je ne pouvais pas m'empêcher de penser : pauvre Bizerta, pauvres bizertins ! Que d'heures perdues, que de nerfs, que de stress, que de gâchis ! Aujourd'hui il fait beau, mais demain quand il fera chaud ? J'en perdrais bien la tête ce serait chouette, vous voilà débarrassés de moi .. Je regarde à droite et je vois .. 


Je souris, je regarde encore la foule autour de moi, je regarde cette vieille dame, cette petite fille impatiente, ces gens, ces hommes aux vélos usés, aux vêtements délabrés, ces visages fatigués, désabusés, ces regards bruns désenchantés, qui ne demandaient qu'à vivre avec dignité, .. j'aurais aimé prendre mon courage à deux mains, immortaliser la scène par une vidéo où je commenterais la triste réalité de ma ville, de mes compatriotes, où je donnerais la parole à tous ceux qui comme moi attendent la levée du blocus de Bizerte ! Oui c'en est un, quand je regarde ces vieilles dames accrochées à la portière en fer, je me rappelle immédiatement de Gaza, ce pont on dirait un check point à la con ! A quand la libération ? A quand la révolution ? Quand cessera-t-on d'oublier nos souffrances à Bizerte ? Quand commencera-t-on à s'intéresser à la ville martyre des martyrs ? On vient de l'annoncer on va nous remplacer ce maudit pont, mais quand ? Cette promesse sera-t-elle tenue ? Vivrai-je assez longtemps pour en siroter le goût exquis de la justice et de la liberty ?


Bizerta l'honneur .. Bizerta l'horreur .. quand un meurtre à la Scream se produit dans l'un de tes plus beaux quartiers, quand un enfant de 18 ans, un enfant qui devait passer son bac dans quelques jours se fait massacrer par une bande d'ivrognes déchaînés Bizerte devient horreur, Dieu que j'ai souffert, qu'on a souffert, notre ville est en deuil, le vice est à portée de main, à portée de verre, qui signe nos souffrances et nos chagrins..


Bizerta le bonheur, Bizerta à l'honneur, Bizerta je t'aimerai toujours malgré tes rues cassées, tes trottoirs dévastés, tes poubelles qu'on a oublié de ramasser, tes opportunités d'emploi qui ne viennent toujours pas, Bizerta ville martyre, tu mérites bien mieux que ça, j'espère qu'un jour tu réussiras ta révolution à toi, Bizerta excuse-moi, les mots me manquent, je suis fatiguée, ton pont m'a consommée, je ne suis plus que l'ombre de ce que je suis, de ce que j'étais, mais pour toi je traverserais tous les ponts, à la nage s'il le faudrait !

Bizerta l'honneur, Bizerte à l'honneur ! 

Regardez ces visages, regardez-les bien, ce sont des tunisiens, comme vous !




Aujourd'hui, je leur rends hommage, que tout le monde sache que quelque part dans le nord de la Tunisie, des gens souffrent quotidiennement, bêtement, gratuitement. Des gens souffrent parce que nous avons vécu pendant trop longtemps dans la corruption, des gens souffrent mais personne ne semble être au courant de leur martyr quotidien (et encore je n'ai pas eu l'occasion de photographier les pauvres automobilistes et l'ambulance qui attendait aussi), des gens souffrent cause no body cares, maintenant vous êtes informés. C'est tout ce que je voulais.



لا شيء يعجبني



لا شيء يعجبني
أنا مسافرة الباص في قصيدة درويش 
و أريد أن أبكي
أنا مسافرة الباص و أنا درويش
الذي تعب من السفر
كلامك درويش سكب في قلبي حزنا،
انهمر من عيني دمعا و آلمني
كنت أظنني مختبئة و ما دريت
كيف اقتحمت علي نفسي
كنت أظنني أجيد الهروب  من يأسي
لكن كلماتك الفتاكة قوضت قصري الرملي
حسبت أني أحسن النسيان،
أصل إلى بر الأمان
لكنك أطحت السور من حولي
بضربة فأس


سمعت حديثك يوم السبت أعجبني
تقول لي لا شيء يعجبني
بكيت لصوتك الحزين و نبرة اليأس
و كذا يوم الأحد قلت لي و جعلتني أبكي
و بالأمس الاثنين ركبت الباص كعادتي
جلست حذو النافذة  لا شيء يعجبني
لا الأغاني في الراديو و لا الأخبار إذ تأتي
و أخيرا وجدتني أبكي


اليوم أيضا لا شيء يعجبني
لا أزيز الطائرة يهتز له بيتي
و لا خبر جريمة الأمس وقعت في مدينتي
و لا الجنازة التي شيعت اليوم ولدا 
 في زهرة العمر
ولا كذب الصدق في القول
و الإخلاص في العمل

لا شيء يعجبني
لا الثورة المتعثرة في بلدي
و لا الطبيب الذي قتل المئات بدمشق
و لا حرب ليبيا و لا فلسطين في حبس
تعبت من قلة حيلتي
مللت من بؤسي

لا شيء يعجبني 
 و أنى لي غير ذلك؟
وطني يحترق و جلاده يصر على الكرسي
وطني عربي، شعبه أبي و شديد بأس
فلأدعه لربي ولأمضي
ما أنا إلا مسافرة تعبت من الحرص
نعم أنزلني هنا أنا كدرويش لا شيء يعجبني
لكنني حقا تعبت من السفر




Deux mariages et un enterrement



Elle a supplié ses parents à genoux pour qu'ils acceptent, elle a pleuré à chaudes larmes pour qu'ils l'admettent, cet homme qu'elle aime, qu'elle a connu au lycée. Au début, ses parents n'ont pas voulu l'écouter mais à coup de pleurs, de grève de faim, de supplications ils ont dû céder, bon gré mal gré. Elle a donc eu ce qu'elle voulait, elle a fini par épouser son amour du lycée, leur amour a triomphé de tous les obstacles dérisoires de la société. Elle n'avait que 21 ans et pourtant ....Je les ai vus danser. Ils étaient jeunes, ils étaient beaux, un mariage modeste, un petit slow .. Oui je les ai vus se balancer doucement sur les rythmes envoûtants de "careless whisper" sous les regards caressants des petits et des grands. C'était il y a 13 ans, je n'avais encore que 15 ans...

Aujourd'hui c'est dimanche. Je suis fatiguée et malade, j'ai besoin de dormir mais je ne peux me le permettre. Maman m'appelle, c'est l'heure de se préparer. Je fais un ultime effort pour m'arracher du lit et m'habiller. C'était l'occasion idéale pour renouer avec la famille, pour voir les cousins et les cousines, la mariée est une amie et proche. Elle a l'âge de ma grande-soeur : trente-quatre ans, elle est belle, charmante et très gentille. Je dois bien assister à son mariage, c'était la moindre des choses pardi. 

Je pénètre dans ce Casino qui fut jadis une salle de cinéma du temps où mes parents étaient encore de jeunes mariés. Ils étaient là et ils souriaient se remémorant les souvenirs de leurs jeunes et heureuses années. Je vois des visages que je connais mais des yeux qui m'indiffèrent, je souris, j'embrasse, je salue, et je passe. Vite une chaise et que s'arrête ce manège. Je n'aime pas trop les embrassades, les faux airs de comment vas-tu on s'en fout ! On attend les mariés sous fond de bavardages assourdissants. une heure de retard, puis vient le couple tant attendu. Le DJ se dépêche de mettre la fameuse chanson appropriée à l'évènement : mais quand les mariés se dirigent vers le piédestal, les choses se gâtent, le disque est endommagé, la chanson devient un horrible vacarme, allez hop on change de disque et on recommence, on met du mezoued ça porte chance ! 

Les mariés vont signer le contrat de mariage puis Al FAtiha sous fond de bavardages comme d'habitude avec un ex RCDiste à la retraite criant par moments de se taire provoquant des fous rires par ci par là .. moi ça ne me convient pas. Un peu de jus, une baklawa et voilà que cette jeune femme a uni son sort à ce .. vieil homme. Il est vieux, loin du bel homme qu'il était autrefois et qui travaillait comme steward, ami et collègue de mon oncle, qui venait jadis chez nous et m’envoûtait avec son parfum, sa belle chevelure et ses habits signés. Quand je n'étais qu'une enfant moi et mes soeurs et qu'on admirait son air de gentleman et de voyageur. Aujourd'hui les choses ont changé. Vingt ans plus tard les cheveux noirs sont devenus gris, le cou ridé et le visage aussi, il n'a que cinquante-quatre ans mais Dieu qu'il a vieilli ! Alors cette charmante femme a tout juste l'air d'une gamine à côté de lui. Un mariage dans un "Casino", où un vieil homme a épousé une jeune femme, on dirait qu'il a joué au loto et qu'il a gagné le gros lot ! Une femme divorcée certes, c'était le prix à payer, elle a épousé son jeune amour du lycée il y a 13 ans, mais entre eux ça n'a pas marché, elle a défié tout le monde pour s'unir avec lui mais ça n'a pas suffi. Elle a gâché ses plus jeunes années à vivre terriblement désenchantée et le coeur meurtri. 

Alors au final, je ne sais pas trop si j'ai assisté à un mariage ou à un enterrement. Je ne sais pas s'ils ont fait, si elle a fait le bon choix, tout ce que je sais est que j'étais moins heureuse au retour qu'à l'aller.. et ce qui me fait mal encore plus c'est le sujet même de cette note. Vous croyez que je suis là pour vous raconter des histoires à dormir debout ? Je suis là parce que je ne sais pas où aller, je parle de mariages parce que je suis fatiguée, de l'avenir de mes pays et de l'actualité. 

Triste note, vide de sens, zéro créativité, pourquoi donc la publier ?

Parce que j'adore me ridiculiser. 

Papy, tu prends ta pilule et tu dégages!



Comme à chaque fois que les choses dégénèrent, et après quelques jours de suspense attisant le doute, la peur et l'impatience, BCE premier ministre du gouvernement provisoire a bien voulu  daigner  rompre le silence et s'adresser enfin à la populace pendue à ses lèvres, attendant des explications, cherchant des réponses, une consolation. Ainsi, muni de son incontournable "honnêteté dans la parole et dévouement dans le travail", BCE  s'est installé tranquillement dans son fauteuil à la Kasbah, jambes croisées, sourire aux lèvres et a aligné devant lui trois petits fils qui voulaient jouer aux journalistes mais qui étaient finalement trop contents, trop reconnaissants d'être là pour faire leur travail comme il se doit.  Oui ils étaient trop contents surtout celle de tv7 visiblement très fière  en plus de sa coupe de cheveux et de ses chaussures à talon, si fière qu'elle a oublié le pacte qu'elle a signé avec ses compatriotes, celui de poser deux questions chacun. En effet et comme l'a dénoncé Lotfi Laaméri plus tard, on leur a dit que l'entretien ne durerait que 30 minutes et ils se sont mis d'accord que chacun aurait droit à deux questions. Mais la journaliste experte et compétente de tv7, déstabilisée par le sourire en coin de papy BCE s'est laissée emporter par le plaisir du moment et a monopolisé la conversation. Ainsi, ce qui était supposé être un sympathique entretien avec un vampire s'était transformé soudain en un horrible silence des agneaux. Ces agneaux, désabusés par le comportement égoïste de leur agnelle de collègue, n'ont pas su tirer profit de leur présence et poser les questions qu'il faut. 

L'entretien devait donc durer une demi heure, seulement voilà, quand papy se déchaine et commence à évoquer le bon vieux temps ou traiter un ancien ministre de tous les noms, ou à contourner les questions qui fâchent pour nous parler des 22000 émigrés clandestins pour la énième fois, de l'économie qu'il faut relancer et surtout des prières de rue, il est difficile de l'arrêter. Ainsi, au lieu d'assister à un entretien pertinent avec le premier ministre, on a eu droit à un énième numéro de Abd El Aziz El Aroui, un numéro lent et long d'une heure où les journalistes avaient tout juste l'air d'enfants s'alignant devant leur maitre et osant à peine lever le petit doigt mais sans jamais oser lui dire "monsieur j'ai pas compris!". BCE ayant répété dès les premières minutes de l'entretien que lorsqu'il gouverne, personne ne gouverne avec lui, là encore silence agneau ! Pas le moindre souffle, pas la moindre contestation de cette phrase puant l'arrogance et la dictature. Non il vaut mieux évoquer un autre sujet moins épineux que le complexe de supériorité de cet homme coincé dans l'ère Bourguibienne qu'il tente de ressusciter de toutes les forces de ses 86 ans. 

Parlons d'autre chose, de Rajhi par exemple. Là BCE se contenant au début, a fini par perdre son sang froid et déverser toute la haine qu'il a envers l'enfant terrible du ministère de l'intérieur, ce crétin de Farhat Rajhi, ah oui il mérite la guillotine, et qu'on se dépêche de le condamner et de l'exécuter à la place publique, ce menteur, à l'esprit moyen, irresponsable, mal élevé, mal intentionné ! Non il faut le condamner tout de suite c'est bien plus urgent que de condamner les ex RCDistes. Ah et soi dit au passage, n'oubliez pas l'indépendance de la juridiction, je n'ai rien à y faire ou préférez-vous que je m'en mêle ? Et qu'on ne me parle plus de Kamel Ltayef, je le connais, c'est suffisant ! Allons parlons d'autre chose, quoi ? Les journalistes tabassés ? Je n'en connais qu'un, qui sont les autres ? Tu as des noms ? Ah non je ne suis pas au courant ! Et là encore silence agneau ! Pas un des trois journalistes n'a eu le courage de faire son métier et de casser la gueule à ce menteur ! De lui dire qu'il devrait avoir honte de mentir ainsi à son âge et quand bien même il  ne serait pas au courant de ce qui se passe, c'est encore pire et il devrait démissionner lui aussi ! Tout cela sans parler des enfants et des femmes qu'on a sauvagement battus au vu et au su des caméras du monde entier ! Mais non je vous l'ai dit papy est coincé dans l'ère ténébreuse de Bourguiba,  quand lorsque quelqu'un osait blasphémer et insinuer l'existence d'un gouvernement d'ombre comme l'a fait cet imposteur de Rajhi, il écopait de dix ans de prison ! Ah la belle époque !

Mesdames et messieurs, le spectacle a assez duré comme ça, je pense qu'il est grand temps de faire comprendre à papy que sans la révolution des jeunes il n'aurait jamais rêvé de réaliser le fantasme de diriger le pays, car c'est lui qui le dirige aujourd'hui (et non pas ce guignol de Foued Mbazza), et que cette même jeunesse lui demande très gentiment de bien vouloir finir son café et de plier bagage et dégager le passage que l'on puisse bâtir notre pays loin des chiens enragés du RCD et de tous ceux qui ont vendu leur âme au diable et comploté avec eux, voilà !

Donc Papy, tu prends ta pilule (tu en as plus besoin que nous) et tu dégages !

PS. Pour les journalistes, la prochaine fois épargnez-nous  le ridicule de votre minable manège à trois, quand vous voulez faire un entretien, rien de tel qu'un tête-à-tête, un face à face à la 60 minutes.  Ah désolée  je divague, ce n'est que la Tunisie.. prisonnière de son RCancerD !

STOP



C'est la troisième fois que le réveil sonne. Je me lève à 7h15 encore éprouvée du cauchemar de dix minutes que je viens de voir. Aujourd'hui, samedi, je n'ai aucune envie d'aller au boulot. Mon orteil gauche me fait mal, je ne sais pas quoi me mettre et surtout pourquoi m'habiller, prendre le bus, aller à la capitale ? Qu'ai-je donc de si important, de si urgent à faire au bureau ? Samedi c’est le jour de trop ! Bon je me laverai d'abord le visage ensuite je déciderai si oui ou non je vais y aller.

Debout devant mon armoire, je réfléchis. Il faut trancher et vite, je regarde cette robe entre le rose et le violet et je me dis : ça y est, c'est décidé, je vais y aller, je dois attaquer la journée. Mais quelle journée ?! Une matinée ratée, je n'ai rien foutu de bon, d'intéressant, pourtant le temps a vite passé et me voilà pressant le pas, vers la station de métro Beb El Khadhra, sous un soleil de plomb. Et là, j'ai trouvé une foule compacte sur le quai, il n'y avait pas où mettre les pieds. Ah oui c’est mon pays qui n'a pas fini de danser sur les rythmes endiablés de la révolution désenchantée.

Le métro est venu mais il était en panne, il a passé son chemin. Puis un autre, le n°4, pour moi le plus intéressant. Je monte, mes compatriotes se collent les uns aux autres et les discussions vont bon train. On parle du lacrymogène périmé qu'on vient d'utiliser sur la population horrifiée, des voix regrettant de ne pas se trouver à l'étranger, en France, au Canada, regarder les événements de loin tranquille chez soi. Station Beb Sâadoun : le métro ouvre ses portes car il y a trop de monde ou je ne sais quoi. Beaucoup de métros, beaucoup de gens, mais rien ne marche. Allez je ferai le reste du chemin à pieds, tant pis pour le soleil.

Le bus de 14h était là, un bus "normal" qui passe juste par l'autoroute et que je paye au prix fort de la catégorie "confort". Mais ne vous inquiétez pas, je me suis habituée à voir mon argent volé et ma dignité violée. Car figurez-vous bien qu'on perd un peu de sa dignité quand on quitte le bus avec une chemise collée au dos,  mouillée de sueur parce qu'il n'y avait pas de climatiseur ( ce n'est pas mon cas Dieu merci mais ça ne tardera pas, c’est bientôt l'été n'est-ce pas ?) . Une amie m'invite à s'asseoir à côté d'elle, je m'exécute mais j'aurais aimé rester seule. Elle m'informe que je pourrais toujours espérer, rien ne va changer : on ne nous lâchera pas avec ce samedi de trop ! Ce BCE a refusé d'exécuter la volonté des employés des différents ministères suite à un énième sondage d'opinion : celui de travailler tout le vendredi, diminuer le temps de la pause et nous libérer ce foutu samedi ! Alors c'était pour moi la goutte qui a fait déborder le vase ! Quoi ? Ce dernier espoir envolé ?! Non je ne pourrais jamais continuer ainsi ! Je ne me rappelle que trop bien de l'été indien euh de l'été 2010, la navette, la séance unique, la canicule, le métro, le pont toujours mobile de Bizerte, les embouteillages, les marécages, ... non cette fois c'est décidé je démissionne !

J'étais dans cet état d'esprit quand j'ai entendu malgré moi la discussion animée de ma voisine, au téléphone. Après quelques phrases, j'ai compris qu'elle "parlait" avec son mari. Cette discussion a dégénéré en une véritable dispute, et je n'ai jamais assisté à un tel spectacle dans un lieu public. Bien entendu, j'ai connu mieux, j'ai vu un homme battre une femme dans la gare routière de Beb Saâdoun, on les a observés de loin, puis ils se sont approchés petit à petit jusqu'à arriver à notre niveau .. ah c'était marrant, et en plus durant le mois de Ramadan, oui c'était charmant !

J'étais donc le témoin involontaire d'une dispute conjugale mais cette fois via téléphone. Je n'en revenais pas : comment peut-on se donner ainsi en spectacle ? Cette discussion ne pouvait-elle pas attendre ? Alors devinez la cause de la dispute ? L'enfant bien sûr, sa maman réclamait qu'on lui rende son fils une fois qu'elle est de retour chez elle. Sa grand-mère (paternelle bien sûr) n'a pas su s'occuper de lui, il a eu 40° de fièvre pendant deux nuits, on le lui a emmené tout trempé et cette situation ne peut plus durer ! 

Et comme cette "discussion" s'est prolongée durant presque tout le trajet j'ai fini par me lasser et m'intéresser à mes voisins de gauche tout en écoutant de la musique. Il y avait un groupe de 4 jeunes gens, 3 filles et un garçon. Il avait la trentaine et il était .. sourd-muet. Et durant tout le trajet ils n'arrêtaient pas de "parler", de gesticuler ! Avec les signaux, des signaux que je ne comprenais pas bien sûr. A un moment donné, le jeune homme s'est retourné dans ma direction pour récupérer son paquet de papier mouchoir et en se retournant, il m'a souri ! D'un sourire charmant découvrant sa belle denture blanche dans ce visage brun typiquement tunisien et qui m'est très cher. Voilà un homme heureux, un homme généreux, si généreux qu'il a souri à cette inconnue juste parce qu'elle a manifesté un peu d'intérêt à ce qu'il cherchait. Je ne sais pas pour vous, mais je ne connais pas beaucoup de gens qui seraient capables de ce geste insignifiant, et pourtant .. C’est simple : un sourire ! Cette vision m'a fait réfléchir ...

J'avais à droite une jeune maman travaillant, faisant la navette, perdant la tête, fatiguée, désenchantée, détestant sa vie, déchirée entre sa carrière et sa famille, et à gauche, j'avais ce groupe de jeunes gens en parfaite harmonie, souriant, s'animant, le courant passait entre eux parfaitement, bien mieux .. que moi par exemple ! C'est moi la handicapée et non pas cet homme, moi qui suis devenue trop fatiguée pour vouloir bien prêter toute mon attention à maman quand elle me parle le soir. Moi qui suis devenue facilement irritable, incapable de sourire parfois parce que je ne suis pas satisfaite de ma vie, de ce que j'en fais tous les jours et encore .. Aujourd'hui je suis célibataire, quand je rentre chez moi le soir je suis servie comme un roi par ma mère, mais que ferais-je une fois que j'aurais une famille ? Qui s'occuperait de mes enfants quand je serais en réunion ? Qui sourirait à mon mari, l'accueillerait avec des mots gentils quand je rentrerais débordée après une longue journée de travail ? Qui a dit qu'il faut passer sa vie à travailler sans y prendre du plaisir ? 

"On fait des boulots qu'on déteste pour nous acheter des merdes qui ne nous servent à rien", voilà une réplique de Fight Club que j'adore ! Oui je fais un boulot que je déteste, je suis désolée, mais ça ne me convient pas ! L’administration c'est pas pour moi, le ministère de l'emploi j'en ai plus que marre ! Même s'il y aurait du boulot à faire dorénavant cela ne me dit rien ! Je ne suis pas motivée tiens ! Je préfère enseigner, de loin ! C’est mon rêve alors pourquoi ne pas essayer ? Pourquoi me laisser aller aux conventions sociales, à la folie du temps qui court, à la succession des saisons et des années ? Jusqu'à quand continuer à regarder défiler ma vie devant moi sans broncher ? Sans pouvoir rien y changer ? Sans avoir le courage de l'arrêter un moment, de crier STOP ! Laisse moi réfléchir un instant ? Qu'est-ce qui fait notre bonheur à la fin ? Etre bien entouré et puis faire quelque chose de sa vie qu'on aime bien ! Or je sais ce que j'aime et surtout ce que je n'aime pas, ce travail par exemple ! Je m'en fous d'avoir décroché un poste que la moitié des tunisiens voudraient avoir, surtout en ces temps de crise et de désespoir. Je m'en fous que mon bureau soit luxueux, que l'étatique est ce qu'il y a de mieux, on est tranquille, on n'a aucun souci à se faire ! Non pour moi c'est insuffisant, j'en ai bien peur ! Et surtout je ne peux plus souffrir d'aller tous les jours à la capitale, pour faire un job où je n'ai pas encore grand chose à faire ! La navette ça me fatigue, ça me fait perdre la tête. Je ne trouve plus le temps et le goût de vivre, samedi avec mes neveux je suis une loque, je ne trouve pas assez de forces pour jouer avec eux, eux qui sont si charmants et délicieux ! Qui suis-je ? Qui est cette fille irritée et fatiguée ? Il faut que j'arrête un peu le temps, il faut que je remette ma vie, ma carrière en question, il faut que j'y pense ne serait-ce qu'un moment !