Facebook je te ferme la Face et j'ouvre un Book

" Non j'ai pa d compte facebook mai j'en ferai un dès que j'aurai l'adsl. Je fai le mémoir de 2em anné master à part ça rien d nouvo Bonne chance avec le résulta "  29 nov 2008 00:45

Voilà un sms qui me tient à coeur et que je garde précieusement dans la mémoire de mon tél, comme pour me prouver qu'il fut un  temps où je vivais sans facebook. Un temps où j'étais peut être plus heureuse que je le suis maintenant. J'ai eu l'ADSL  en janvier 2009, avec une qualité de connexion déplorable. Mon compte facebook je l'ai créé en décembre 2008, et ça a coïncidé avec une émission d'Envoyé spécial, devinez le sujet ? Facebook ! On nous montrait des utilisateurs accros qui pouvaient y passer jusqu'à trois heures par jour, chose que je n'ai pas comprise à l'époque. Je n'ai pas aimé facebook au début, je l'ai trouvé stupide, chaque fois que je bouge il se croit le droit et le devoir d'en informer toute la planète. Ces notions de mur, de profil, de "j'aime" mais je ne peux pas ne pas "aimer".. je me suis demandée mais comment peut-on passer autant de temps sur cette débilité ?! Et puis les amis retrouvés du lycée, ajoutés bon gré mal gré certains ont trop vieilli, d'autres ont trop grossi, enlaidi, de les revoir je n'étais pas spécialement ravie. On s'ajoute mais on ne se parle pas, cela m'a énervée parfois. Maintenant j'en ris et je souris, quand je me rappelle de ma première photo de profil, puérile, puis c'était le drapeau de la Palestine...

Mon inscription coïncidait avec l'horrible génocide jusque là impuni de Gaza et c'est là que facebook a pris tout son sens pour moi : je m'en suis servie pour participer tant soit peu à la guerre médiatique. Je veillais tous les soirs jusqu'à 2h/3h du matin, en essayant de faire quelque chose,  de "changer" un peu le destin. Les images des victimes de la journée me hantaient, monopolisaient mes pensées, je n'arrivais plus à dormir, tellement j'étais choquée, blessée, indignée ! Dès lors j'ai voué mon compte à la cause palestinienne et tout y passe : photos, vidéos, statuts, articles.. Mais après quelques mois, peut être une année j'ai commencé à utiliser facebook comme n'importe qui. Je me permettais de mettre une photo de profil qui n'avait rien à voir avec la Palestine, et ce geste si normal et banal m'a fait mal au coeur. C'est comme si j'ai abandonné mes frères à leur misère, c'est comme si j'ai baissé les bras à jamais, j'étais dégoûtée. Avec quelques amis on essayait de s'accrocher, de partager des vidéos sur la cause, d'appeler au boycott des produits sionistes .. mais à la fin on était tous gagnés par le désespoir, accablés par  notre impuissance...

Avec facebook j'ai eu de très bons moments de complicité avec des amis rivalisant de sympathie, beaucoup de fous rires et de sourires à cause d'un tag sur une photo ou d'un commentaire rigolo. Une chose est sûre : j'étais très active sur facebook et en 2010 je rentrais toujours le soir pour me placer devant le miroir, le miroir de ma société virtuelle, de cette poignée d'amis avec qui j'oubliais mes ennuis .. Et comme j'ai toujours été une grande gueule, que j'ai toujours à critiquer l'actualité, les phénomènes de la vie et de la société, avec de l'humour bien trempé, j'étais bien entourée .. et quand je m'absentais ne serait-ce que deux journées, il y avait toujours quelqu'un pour me réclamer. Mais ça n'a pas duré, les choses ont changé ..

D'abord facebook m'a causé des problèmes, des gens interprétant mal un statut, d'autres m'accusant d'un crime que je n'ai pas commis, d'autres encore me causant un énorme chagrin, des pleurs abondants sans fin, ... facebook commençait à me souler à la fin ! Et chaque fois que j'étais en colère, que je me sentais trop seule ou que la vie me devenait trop austère, je désactivais mon compte parce que je n'avais pas mieux à faire, pour afficher mon malheur, pour dire aux autres qu'ils m'exaspèrent ..

Alors aujourd'hui où en suis-je ? 

Depuis le début de la révolution j'ai décidé au fur et à mesure du temps que j'allais me taire pour le moment, que ce qui se passe dans mon pays me dépasse, me fatigue et me lasse, que ces débats sur la laïcité, les islamistes, les insultes échangées, la mauvaise fois, les condamnations, tout ce manège me dégoutait alors je m'abstenais de commenter. Facebook est devenu pour moi depuis longtemps un moyen pour partager mes articles et faire connaitre mon blog, mais les gens ne voulaient pas me foutre la paix. On me taguait, on voulait mon avis et on me bousculait ! On n'acceptait pas mes arguments et on ricanait de mes positions, on stigmatisait ma religion.. et à la fin je me suis dit stop, passons ! 

J'ai désactivé mon compte parce que j'en avais marre. J'avais marre de ma dépendance de ce phénomène social, je voulais guérir de mon attachement à l'autre, ne plus partager un lien et attendre qu'on le commente, qu'on l'aime ou qu'on le marchande. Et puis j'y passe trop de temps, il fallait que j'arrête pour quelques jours .. Mais je ne pensais pas que les jours allaient devenir des semaines, bientôt un mois. Je suis d'autant plus déconcertée de la facilité avec laquelle  je me suis "déconnectée", le temps passait vite, je me suis habituée ! Je n'ai même pas pris congé de mes amis, j'étais un peu comme Forrest Gump quand il a décidé de courir  jusqu'à la rue, puis quand il a prolongé sa course jusqu'à la ville pour se retrouver enfin à courir tout le pays ! Moi aussi j'ai prolongé ma course, indéfiniment, sans me poser trop de questions ! Alors aujourd'hui je suis calme, je suis zen,  je ne pleure plus ou presque, moi qui suis devenue si sensible à la fin, même le dimanche que je détestais d'habitude est devenu mon jour préféré tiens ! Je me passe volontiers de facebook  et je n'ai pas du tout envie de l'activer ! Avec mes amis le contact est coupé, pourtant je n'ai pas la sensation de trop le regretter, pire encore ça me plait ! Et je souris d'un sourire coupable, comme pour me reprocher de me passer avec trop de facilité de ceux et celles auxquelles j'étais plus ou moins attachée. Je ne sais pas si c'est l'effet du livre qui désormais accompagne mes soirées, le fameux "لا تحزن "de Ayedh Al Korni ou le cinéma coréen auquel je me suis intéressée aux premiers jours ou simplement parce que Dieu  est là  Qui guide mes pas : mais je me sens forte, calme et voilà ! Je me passe de l'autre, je n'ai pas besoin de lui, je suis riche de ma solitude pour la première fois de ma vie ! Mais pourrais-je continuer ainsi ? 

La réponse est non pour la simple raison : que ces vacances ont duré assez longtemps et qu'à la fin ça ressemble plus à une fugue qu'à une cure de désintoxication. J'ai peur de retourner à mes bonnes vieilles habitudes une fois mon compte activé, mais ce n'est pas tout, c'est comme si je voulais fuir quelque chose mais quoi exactement ? Mes amies me manquent et je me sens coupable de ne pas demander de leurs nouvelles durant tout ce temps, ça me manque aussi de ne pas pouvoir partager mes articles sur mon mur, je suis même arrivée à penser que si je meurs du jour au lendemain personne ne s'en apercevra ni ne ressentira le moindre chagrin et cette pensée nocturne m'a émue jusqu'aux larmes, je ne pouvais pas comprendre ces liens virtuels, sont-ils vraiment réels ? Tout ce qui me lie à ces gens se réduit-il à une connexion ? Un modem ou une clé 3G ? Où sont passés les sentiments d'amour et d'amitié ? Et surtout pourquoi les culpabiliser ne suis-je pas la première à blâmer ? De m'être réjouie de pouvoir me passer d'eux, n'est-ce pas de la lâcheté ? Qu'est-ce que je cherche à prouver enfin ? Que je suis devenue une brute, un coeur de pirate, incapable de sentiments ? 

"Facebook je te ferme la face et j'ouvre un book", je me suis amusée à jouer avec les mots en compsant cette phrase, mais la vérité est que j'ai toujours eu un livre ouvert dans mon sac, c'est juste qu'aujourd'hui j'ai ajouté un autre pour accompagner mes soirées où la lecture a remplacé le réseau social, comme pour me faire oublier cette erreur fatale ! Mais le plus beau est que cette note marque mon retour à ce souk qu'est devenu facebook, un souk dont je n'ai pas encore la moindre envie, ce geste je ne le fais pas pour moi, mais pour les autres, ceux à qui j'aurais manqué, .. peut être. Donc finalement, facebook je t'ouvre la face mais je garde mon book.

7 commentaires:

ca depends de comment tu utilise facebook, perso je fais de lui mon journal, j'ai toutes les actu sur un meme endroit sur tout ce qui m'interesse grace aux differents groupes ou j'ai adhéré ( news, doc, art ... )
donc si pour toi ca n'a ete que amis et futilités si je me permets de le dire, alors c'est que ptetr tu l'a investit dans de wrong thing :p je ne dis pas que Facebook est qq chose de bien, mais il comme internet, si tu l(utilise a des fins positives il te sera benefique, et si tu en fais mauvais usage ils te gachera tes soirées :/

enfin, c'est ce que je crois ^^ neanmoins, c'est une bonne reflexion sur ce site ^^ bon courage pour tes bouquinerie, je t'envie quelque peu :))

 

@ blabla : non c'était pas que "amis et futilités", j'ai pas 12 ans :) c'était justement ma meilleure source d'informations, surtt ces derniers temps, FB c'est super intéressant, on est très vite informés d ett, y a plein de pages intéressantes, de docs, ... je me passe de la télé, chui au courant de tt ... et c'est ce que j'ai un tout petit peu regretté au début quand j'ai désactivé mon compte.

Mais à la fin : ce qui m'a manqué c'est la raison 1ère pour laquelle fb a été créé : garder le contact avec ses amis dans un environnement très riche de contenu voila :)

Enfin : FB me soule tjs et encore, c’est comme ça :)

 

Pour ma part, je ne suis sur facebook que depuis deux moi un cercle restreint qques pages et c tt ça m'a permis de communiquer et d'écrire j'essaye de me passer de ce sentiment de déception lorsque personne ne commente ou cette frustration quand tu reçois un article que des dizaines commentent et que le tien disparaisse dans l'air ou bien encore quand qqun te bloques "parce que tu n'es pas à la hauteur" de ses conneries!!! Bref facebook était pour moi une cure contre la solitude, j'ai fait jadis la cure des livres, je ferai bientôt la cure d'écrire un livre etc et la vie continue l'essentiel c de faire ce qu'on veut avec ses cheveux!!!

 

Je me suis toujours dis, à travers tes notes, que cette fille est un peu fofolle :habla: ... le poste d'aujourd'hui confirme mes doutes :p

 

@ Chams : je te souhaite d'écrire un livre et te concentrer sur des choses beaucoup plus importantes que fb, je me souhaite la même chose d'ailleurs :)

@ Calo : 3lé ? 9olt 7aja moch "lougiyek" ? :p j'aurais été beaucoup moins intéressante si je n'étais pas "folle" :habla_forever:

 

je me sens forte, calme et voilà نفهم فيك اكالبضبط

لكن ملاحظة بسيطة..انتي ما رجعتش على خاطر صحابك ..انتي رجعت لانك في اعماقك فقدت حاجة ..فقدت انها الناس تستفقدك ..و انتي بيدك قلتها ..هيالك رجعت على خاطر الاخر (الي تنجم تخلي معاه كونتاكت بطرق اخرى ) (انا كي نحيتو خليت الناس الي وجودهم في حياتي نحسو مهم لانهم بالنسبة ليا ناس مش من النوع الي تقابلو كل يوم ..مختلفين رغم اني ما نوافقش معاهم في ياسر امور لكن اهم حاجة خليتهم لانهم رغم اختلافي معاهم متربين و ما كان في نقاشاتنا يوم اهانة ..خليت الناس الي لا نبكيهم و لا يبكوني الي نجم نتخيل روحي نهار صاحبتهم او اختهم في الواقع) ...

المشكلة انا نرا الي احنا جيل القهر (كلمة كبيرة لكن في بلاصتها ) كلاتنا السرعة و الاحداث حتى اصبح الافتراضي هو الملاذ ...نسينا انو فمة واقع و فمة تفاصيل غابت علينا في اليومي متاعنا (كل يوم يحمل بين طياته الجديد اذا ما انصتنا ، اذا ما نظرنا بنتباه) ...و كان احنا نقربوا للناس في الواقع تو هوما يقربوا :)

قرب البعض لينا في الافتراضي مش لانهم هوما باهين او فهمونا لكن لانو الحضور الجسدي منعدم ( و الي مرات ينجم يمثل عائق كبير نظرا لتعابير الوجه و المظهر ،حبينا او كرهنا كل واحد فينا عندو كم من الاحكام المسبقة الي ما نجم يتخلى عنها ))

الفترة هاذي (او من فترة فاتت قبل الثورة بمدة الى اللحظة الفايس ليس الا ثورة على الاخلاق و التربية ..ما تشوف كان قلة الادب ..في كل شي فكرا و منطقا ..دعارة فكرية بمعنى اخر ..دراما بوك و ليس فايس بوك )

هههه تعليق طويييل .. :)

 

ena sammitou fassa5book :huhlol:

sinon 9albek m3ebbi ya mouwatna, haw article e5or nzelt fih rokba 3al fakebook netsawar ye3jbek hihi

http://primadiary.blogspot.com/2011/04/encore-un-dimanche.html

 

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