Les plaisirs perdus


Envie de rien ! voilà en un mot si bien que je ne vais rien apporter de nouveau, je vais juste souffler dans les cendres du passé, sortir du congélateur (joli contraste) ce texte que j'ai écrit un jour d'été, sur un forum, avec la date et le lieu tout y est, un texte qui traduit mes pensées du moment, d'aujourd'hui et de demain probablement, un texte que j'ai écrit à l'un des moments les plus difficiles de ma vie, les archives de mon cœur les voici : 

Ce soir je ne sais pas ce qui m’a pris, je ne sais pas pourquoi je me suis ennuyée au point de quitter d’une manière aussi brutale ! Vraiment il y a des jours où je n’arrive plus à comprendre ma propre personne.

J’ai laissé le PC et je me suis enfermée dans le noir de ma chambre, je me suis blottie dans mon lit pour pleurer un coup. J’ai pris la position typique de la petite fille malheureuse punie par ses parents et qui se recroqueville dans son lit prête à pleurer toutes les larmes de son cœur, prête à verser des rivières.

Mais ce soir je n’ai pas versé des rivières, juste quelques larmes de désespoir ou de je ne sais quoi, le genre de larmes qu’on verse en se demandant d’où est-ce qu’elles viennent, quelle en est la cause. Ainsi je pleurais et je m’étonnais de mes propres pleurs.

Soudain une pensée me vint à l’esprit : et si je profitais de cet état d’âme hors du commun pour écrire ? Alors j’ai quitté mon lit, je me suis dirigée vers le bureau, j’ai pris une feuille, un stylo, et sous fond musical doux j’ai commencé à extérioriser ce que je ressentais, je l’ai écrit noir sur blanc, sans trop réfléchir, ni fléchir, je n’avais qu’à humer et sentir, le fond de mes pensées, les secrets de mon cœur, ses désirs, ses chagrins, ses plaisirs, bien mélangés il n’y a plus qu’à les mettre en ordre, les traduire, transformer ces sentiments en phrases sensées, les écrire, sans m’en rendre compte, je me suis mise à remplir, ces pages vierges sans avenir.
Les mots déferlaient de mon stylo à la vitesse des larmes qui coulaient sur mes joues et j’ai pensé : je suis dans cet état parce que je ne prends plus goût à rien voilà !

Cela fait longtemps que je ne ressens plus le même plaisir à débattre, à regarder des films, des séries, je n’ai plus le même goût pour la lecture, je continue à lire mais cela n’a rien à voir avec le plaisir que je ressentais avant au lycée, à l’école, quand j’étais enfant, je ne prends plus de plaisir à jouer aux cartes alors qu’il fut un temps où j’y passais des heures entières avec mes sœurs sans m’en rendre compte ! Rien ne m’étonne, rien ne me bronche, rien ne m’impressionne ! Est-ce l’âge adulte, la solitude ou l’ennui ? En tout cas une chose est sûre : rien ne me réjouit ! J’ai perdu le goût de tout et l’envie. 


Je ne suis plus que l’ombre de ce que j’étais et cela me tue !


Bizerte le 15/06/09

M-28


M comme la Mort, 28 comme mon âge. Aujourd'hui j'ai 28 ans ! Alors une chose est sûre je suis à moins 28 ans de la date de ma mort ! Autrement dit, tous ceux qui viendraient me souhaiter un joyeux anniversaire se seraient foutus de ma gueule en fait ! Sans le vouloir peut être, ils ne pensent qu'à la vie, ils ne voient que la moitié remplie, ils oublient la mort qui me guette, qui nous guette. On fait semblant de ne rien voir, c'est tout bête ! Pourtant elle est là la Mort et elle attend, parfois un peu, parfois longtemps ! Mais bon je ne veux pas être rabat-joie, l'heure est à la "fête" allez buvons en ma santé, en votre santé, en notre jeunesse qui se tait, qui regarde faire et qui ne sait pas encore bouger, trop occupée qu'elle est à ronfler, à consommer, à se laisser aller,.. oups je m'égare ce n'est pas le sujet ! Où en étais-je ? Ah oui c'est mon anniversaire, je suis née un 22 septembre 1982 mais je ne suis pas venue seule à ce monde, j'ai eu trop peur, je me doutais de sa laideur, alors j'ai amené avec moi ma sœur, de vraies jumelles oui scientifiquement vraies, arrêtez de  poser des questions, dans la rue quelle manie ! On nous arrêtait nez pour nous demander si nous étions des "jumeaux" non des jumelles pardi ! Ma sœur a fait le grand saut la première et je l'ai suivie à contre cœur après 20 minutes de "labeur" de la part des docteurs, de sueurs froides, de douleurs, pauvre mère qu'est-ce qu'elle a souffert! 

Revenons à l'anniversaire,  je vais faire court : on ne nous a jamais fait de fête d'anniversaire à moi et ma sœur, et quand je le dis à ma mère, elle le nie, mais maman où sont les photos ? Vous nous auriez consacré une fête, des cadeaux, un gros gâteau et vous auriez oublié de prendre des photos ? Oh s'il te plait maman ce n'est pas grave, on était deux, on avait débarqué à la rentrée scolaire, toi qui enseignais au lycée cela devait être compliqué ! Je ne t'en veux pas: mais le fait est là : il n'y a jamais eu d'anniversaire pour les jumelles ! Ou peut être si mais je ne m'en souviens pas et il n'y a aucune photo pour en témoigner,  pour ma grande sœur si, pour ma petite sœur aussi mais pas pour nous! Et aujourd'hui, enfin depuis des années je déteste le jour de mon anniversaire, au lycée ça coïncidait avec une semaine après la rentrée on n'avait pas encore des amis pour s'en rappeler, l'heure est aux premiers contacts, les amitiés pas encore nées, et surtout je ne voulais et ne veux déranger personne. Je suis mal à l'aise de voir les gens se "déranger" pour mon anniversaire et le moindre geste me remplit d'humilité et de reconnaissance ! Même le texto de ma cousine envoyé avec quatre jours de retard me fait plaisir ! En un mot, je voudrais que cette journée passe vite, que je m'en débarrasse et voilà !

Bon cette année je suis zen, car il me semble avoir battu un record l'année dernière dans la catégorie "le pire anniversaire qui soit" ! Alors qu'est-ce qu'il y avait au menu : dès l'aube alors que je faisais la prière j'entends mon père entrer et s'exclamer : oh mince une souris ! Donc voilà la livraison du cadeau est d'une extrême précision. Ensuite je pars avec ma petite sœur étudiante à Tunis pour l'aider à s'installer et la vieille dame qui tenait un restaurant tout près n'a pas trouvé mieux à dire que : "c'est ta mère ?" En parlant de moi, oui oui je vous le jure, en parlant de moi, qui parais pourtant bien plus jeune que mon âge voilà ce qu'elle me dit le jour de mes 27 ans ! Enfin cerise sur le gâteau, le coup de grâce qui a achevé de rendre ma journée inoubliable (hélas dans le mauvais sens) c'est la maladie de ma mère, ses pleurs, son cœur, le cardiologue, le cauchemar oh mon Dieu ! Mais finalement j'ai appris à  vivre avec cela, à cohabiter  même avec la souris, enfin juste le temps qu'il fallait pour qu'elle succombe à ses blessures, victime de son amour inconditionnel pour le fromage !

Cette année je serai au boulot le jour de mon anniversaire et je jeûnerai pour limiter les dégâts, on ne sait jamais (ou peut être pas)! Bon pour être honnête je n'ai peut être jamais eu une fête d'anniversaire, mais les cadeaux si, j'en ai eu de très bons surtout en espèces ! Bref passons ! Je me souviens que dès l'âge de 20 ans je me sentais "vieillir" pour moi la vraie jeunesse c'était celle qui commence avec un  "1", pis encore, je n'avais pas encore 20 ans et chaque fois que j'écoutais Aznavour chanter "hier encore j'avais 20 ans" ou bien :

"Lorsque l'on tient
Entre ses mains
Cette richesse
Avoir vingt ans
Des lendemains
Pleins de promesses
Quand l'amour sur nous se penche
Pour nous offrir ses nuits blanches

Lorsque l'on voit
Loin devant soi
Rire la vie
Brodée d'espoir
Riche de joies
Et de folies
Il faut boire jusqu'à l'ivresse
Sa jeunesse

Car tous les instants
De nos vingt ans
Nous sont comptés
Et jamais plus
Le temps perdu
Ne nous fait face
Il passe

Souvent en vain
On tend les mains
Et l'on regrette
Il est trop tard
Sur son chemin
Rien ne l'arrête
On ne peut garder sans cesse
Sa jeunesse"

(Désolée je pensais n'en mettre qu'un bout mais le texte est si beau que je n'ai pas pu commettre le crime de le rompre et de l'interrompre) 

J'en pleurais à chaudes larmes, que dire aujourd'hui ? Je me gâchais la vie, j'ai détesté mes 21, 22, 23, 24 ans à quoi bon ? J'étais folle !  Dès l'âge de 25 ans et jusqu'à aujourd'hui j'ai appris à apprécier ce qui est entre mes mains, à dire Dieu merci de m'avoir gardé en vie jusqu'à aujourd'hui, il y en a qui meurent à la fleur de l'âge et moi tout ce que je trouve à faire c'est me plaindre et pleurnicher parce que j'ai survécu un énième "printemps" ? Et puis attend ! Ne suis-je pas trop fière de faire partie de la génération 82 ? Une génération spéciale à mes yeux, les derniers rescapés de l'ancien régime, on l'a échappé belle au système de base, dernier vrai concours de 6ème année primaire si je ne m'amuse (comme le dirait Gad), dernier bac qui se respecte, et en plus complet non en pièces détachées, pas de schizophrénie genre : "ABC ليكن مثلث ", génération Capitaine Majed et Robin Hood et non pas les horribles créatures des pokémons, génération yaourt qui se mange et non qui se "boit", génération Michael Jackson, Bob Marley, Nirvana, Metallica et non les petites fresques de Tokyo Hotel ou de Lady Gaga !  

Bon tous ceux qui m'ont lu jusqu'ici je les salue pour l'exploit, merci de votre patience mais je vais encore en abuser car je n'ai pas encore attaqué la partie la plus importante ! J'ai commencé par la mort et j'y reviens, je crois qu'à 30 ans moins dix il faut que je commence à songer sérieusement à la mort et par la même occasion rédiger mon testament ! Tiens je vais le faire maintenant à quoi bon remettre au lendemain ce qu'on peut faire le surlendemain ?  Paresseuse que je suis je vais copier sur Michael Jackson, l'idole de ma jeunesse, de mes 14 ans, donc ma petite fortune je compte la répartir comme suit : 40% pour ma mère, 40% pour mes enfants et 20% pour les œuvres caritatives. Ah il y a un petit détail à régler : je n'ai pas d'enfants ! Oh ça se complique, comment je vais faire ? Qu'aurait-fait MJ à ma place ? Bon 40% pour mes sœurs voilà ! Et mes vêtements alors ? J'en ai beaucoup, surtout ceux que je  ne porte pas, qui sont tout neufs ! Ah oui et la valise avec les belles fringues que j'ai apportées d'Arabie Saoudite ? Allez mes sœurs se les partageront, elles pleureront surement ce sera dur  voire inhumain mais c'est ma volonté qu'il faudra respecter !

Et surtout faites attention, vérifiez que je suis bel et bien morte avant de m'enterrer, je n'ai pas envie de me réveiller en pleine nuit pour me retrouver à 4 mètres au dessous du sol les pieds et poings liés, vous savez je suis claustrophobe et je n'aime pas les endroits fermés (pour ceux qui ne connaissent pas la définition), je tiens trop à ma liberté donc cela risque de me tuer, la prison ce n'est pas pour moi, faites attention ! 

Enfin j'ai fini avec ma folie, adieu 27, bonjour tristesse euh 28 ans, verrais-je un jour mes 30 ans ? Mon Dieu ce que le temps passe vite, j'en ai des frissons ! Et puis les amis, ceux qui m'ont lu n'ayez pas peur, j'aime la vie, j'y tiens beaucoup au moins comme vous, je me sens plus forte, plus solide que jamais et je remercie Dieu de m'avoir gardé en vie et en bonne santé ainsi que la famille, les amis et tout ce qu'Il m'a donné ! Je n'ai fait que plaisanter, allez levez vos verres (de coca  la boisson et non pas la marque qu'il faut boycotter au passage) et buvez à ma santé, ... mentale !

Mon été avec un livre


J’ai été invitée par Venus à ce qui suit :

Quels sont les livres d’enfance dont vous vous souvenez? 

Incontestablement les romans de la "série verte" surtout "Le petit Poucet " en arabe bien sûr. Il y a aussi les romans de George Zaydan, "Le dernier jour" de Mikaël Nouaïma que j'ai lu avant ma 5ème année primaire et le maitre d'école s'en est étonné !  Sinon un peu plus tard j'avais lu les aventures de la fameuse Alice Roy et plein d'autres encore que j'ai oubliés ! En plus j'ai du mal à répondre à cette question car le mot "enfance" est très vague à mon avis.

Quels sont vos auteurs préférés?

Encore une question à laquelle je ne peux pas répondre dans l'absolu : cela dépend des périodes de ma vie ! Avant en école primaire Georgy Zaydan était mon préféré, ensuite au lycée c'était plutôt le grandiose Nejib Mahfouth, puis Alphonse Daudet, Guy de Maupassant j'adore tout ce qu'il écrit.. ensuite Amin Maalouf,.. Aujourd'hui j'ai un faible pour Garcia Markez et surtout Milan Kundera mes derniers coups de cœur voilà !

Quels sont les livres que vous apporteriez avec vous si vous étiez isolé dans un désert?

Le Coran. 

Quel auteur dont vous n’avez rien lu encore trouvez-vous nécessaire de lire?

Léon Tolstoï,  j'aimerais bien lire son fameux Guerre et Paix (si j'ai le souffle pour ça, j'ai vu le roman et il m'a vraiment intimidée) et surtout Anna Karénine

Jules Valles avec son livre "Le bachelier".

Quels sont vos livres préférés?

Ce sont plutôt les livres qui m'ont marquée à des périodes différentes de ma vie, les voici par ordre chronologique :

La trilogie de Nejib Mahfouth (en arabe )

"Papillon" d'Henri Charrière
 
"Dix petits nègres" d'Agatha Christie

"Le troisième mensonge" d'Agota Kristof

"Crime et châtiment" de  Fedor Dostoïevski

"Cent ans de solitude" de Gabriel Garcia Markez 

"Elle s'appelait Sarah" de Tatiana de Rosnay

"Le moine" de Matthew Gregory Lewis

Enfin dernier coup de cœur "L'insoutenable légèreté de l'être" de Milan Kundera.

Je tiens à signaler que dans cette liste il y a des romans que j'aime plus que d'autres, si j'avais à choisir un seul, j'aurais dit : Papillon !

Quels livres êtes-vous en train de lire?

Je viens d'entamer : "Sous le soleil de Satan" de Georges Bernanos et je ne sais pas encore à quoi m'attendre.

Ouf j'ai fini cet exercice difficile! Pourquoi difficile ? Parce que j'ai beaucoup lu et cela m'ennuie de ne pas parler de certaines œuvres excellentes comme les classiques de la littérature française à commencer par Eugénie Grandet, jusqu'à Germinal en passant par Le père Goriot, L'étranger, La religieuse.. ou encore dans la littérature mondiale Les oiseaux se cachent pour mourir, Le Rocher de Tanios,  La 25ème heure, J'ai 15 ans et je ne veux pas mourir, Mon histoire et plein d'autres encore ! 

En tout cas merci à mon amie Venus pour le tag et puis bonne lecture ! 


Dure dure la vie est dure !


Je ne sais même pas par où commencer, mes doigts sont lents sur le clavier, j'ai pas envie d'écrire, je suis fatiguée, mais j'ai aussi cette tristesse dans le cœur qu'il faut libérer, transformer en un joli texte et le publier. J'aime bien ça, c'est vicieux mais c'est comme ça, je tire profit de mes propres malheurs, j'use toujours de ces moments de désarroi pour sortir ce qu'il y a de meilleur en moi ! Oui j'écris de jolis textes quand je suis triste, allez jeune fille soupire, respire mais surtout ne t'arrête pas, continue d'écrire ...

Pour tout vous dire, hier j'ai été victime d'un complot, une sorte de mise en scène dans laquelle je devais partager le rôle principal avec un homme, un inconnu, venu pour me "voir" avec sa mère et me connaitre. Le lieu ? la maison de ma tante, l'heure ? 20h après une longue et pénible journée de labeur ! Depuis que je l'ai vu entrer  j'ai su que ça n'allait pas marcher, j'avais envie de devenir transparente, de m'enfuir, de foutre le camp sur le champ, à quoi bon continuer ? Il était trop petit de taille ! Oui ça fait rire, c'est ironique mais c'est pourtant ça ! Bien évidemment je n'ai pas la cape d'invisibilité d'Harry Potter, j'étais bien visible aux yeux de la mère qui me dévisageait, et du fils qui me jetait des regards furtifs ! Mon Dieu c'est la première fois que je me trouve dans une telle situation, un sale pétrin, une vraie corvée ! Mais en fait à mesure qu'il parlait j'étais admirative, il était  très poli, drôle, sympa, sûr de lui, il était même beau malgré la moustache (que je déteste au passage), il était très agréable comme personne, un honnête homme égal à lui même, authentique, il n'avait rien à cacher, en un mot : adorable et correct ! Mais tout cela me faisait de la peine, ça c'est trop bien passé, tout le monde était  trop joyeux et enthousiaste, la discussion allait bon train, il était trop bien, aucun défaut palpable sur lequel je pouvais m'appuyer rien que sa taille, son corps, il était trop petit et trop gras voilà ! 

A la fin il fallait en plus que moi je décide de comment va-t-on procéder, et avec un air de martyr je lui ai donné mon numéro de téléphone, alors que je n'en avais pas la moindre envie d'autant plus que ce petit geste montrait qu'a priori il me plait et que j'accepte de continuer à étudier son cas ! A peine est-il sorti avec sa maman trop douce et trop gentille (encore une torture elle était parfaite ! ) que j'ai crié mon verdict à ma mère et ma tante : NON la réponse est non ! maman qu'est-ce que je t'ai dit lorsqu'on était en voiture ? S'il s'avère qu'il est petit de taille je jure par Dieu que je ne négocierai pas ! N'est-ce pas ? Eh ben voilà, on y est ! Je me fous qu'il ait une maison, qu'il soit gentil, dommage c'est ainsi ! Le parfait n'existe pas, j'aurais échangé la maison contre quelques centimètres de plus, le physique ça compte pour moi ! Et puis lâchez moi qu'on n'en parle plus ! 

Et j'étais heureuse hier, de très bonne humeur, car en fin de compte j'ai passé un bon moment, on a même rigolé tous, j'ai beaucoup rigolé intérieurement surtout quand ma tante lui a dit que le même scénario s'est passé avec ma sœur avant dans sa maison, j'avais envie de leur dire wé sauf que ça n'a pas aboutit hahaha mon Dieu que c'est marrant ça aurait été un bon indice pour eux, mais non tout semblait parfait, il n'y avait pas de ces moments de silence gênants et interminables.. on a passé une demi heure sympathique, je sirotais ma canette de coca tout en lui posant des questions sur son travail, ses études, l'air de rien, j'étais très à l'aise à la fin !


Mais ce matin je me suis levée de très mauvaise humeur, il fallait que je boucle cette histoire. Je le ferai par sms pensais-je, oui un petit texto j'en ai envoyé un avant mais bon c'était un peu différent ! Et au bureau vers 10h je lui ai assené le coup fatidique ! Je lui ai dit que "je n'ai pas senti qu'on est fait l'un pour l'autre", et puis bonne chance ! J'espérais clore le sujet ainsi, mais il m'a appelé, j'ai pas voulu répondre mais il le fallait bien, alors j'ai décroché allo comment ça va ? Il voulait des explications, il pensait que mon avis était trop précipité, il voulait comprendre: est-ce qu'il y a quelque chose en moi qui ne t'as pas plu ? (pourrais-je lui répondre oui ta petite taille et tes mains potelées ? ) est-ce que tu es engagée avec quelqu'un et tu n'as pas pu parler devant ta famille ? Non mais pas du tout euh c'est juste un sentiment c'est ainsi que je vois les choses. Tu veux y réfléchir ou c'est vraiment définitif ? Non c'est définitif je suis désolée ne sois pas fâché ! Ok Imen c'est pas grave que Dieu soit avec toi salut !


Ouf la dernière bataille, maintenant je suis vraiment libre ! Oh c'est ce que je pensais mais j'étais trop triste, je pensais à lui à l'honnêteté dans sa voix, au respect dans ses yeux, à sa gentillesse et cela me faisait de la peine ! J'étais triste pour lui, mais surtout triste pour moi et des larmes roulèrent dans mes yeux, puis d'autres puis d'autres encore, mon Dieu je ne veux pas que ma collègue  me voit dans cet état, je vais me réfugier dans les WC comme dans les films pleurer un bon coup, me regarder dans la glace, me laver le visage puis pleurer encore et encore! Oh que c'est triste ! La vie est dure, très dure, et elle l'est encore plus quand on est "vieux" ! Hier encore j'avais 20 ans, "je gaspillais le temps et jouais de la vie", je refusais les "bons" et les "mauvais" partis parce que "j'étudiais" j'étais jeune, mais aujourd'hui à quelques jours de mes 28 ans je n'ai plus droit à ce "luxe", le luxe de dire non sans même considérer la situation ! 

Papa, maman vous vous êtes aimés avant, c'était un mariage par amour, et moi fille de la génération Internet vous voulez que je cède à ces mariages arrangés ? Non je ne me prêterai plus à ce jeu, ce sera la première et l'unique fois, je suis bien, je ne manque de rien, je respire l'air de la liberté et je ne le partagerai qu'avec celui qui pourra me faire changer d'avis, tenir entre ses mains mon cœur ravi, me proposer à la fin une meilleure vie ! Mon mari je veux le trouver toute seule pardi, alors de grâce laissez moi faire, laissez Dieu faire, Il ne me laissera jamais tomber j'en suis certaine, je suis forte de ma foi, "Dieu m'a donné la foi" et c'est à Lui que je m'abandonne !



Je veux!

Dehors il pleut des cordes, je suis au bureau, c'est la veille de l'aid, dernier jour du mois de Ramadan, ce mois tant attendu qui est passé en un clin d'œil hélas, malgré la chaleur, malgré la navette, le manque de sommeil, le pont de Bizerte qui ne cesse de nous jouer des mauvais tours, de nous faire perdre des heures entières, une corvée et un spectacle désolant que seuls les bizertins connaissent à fond et à regret !

Ramadan est en train de me filer entre les doigts, dernier jour de ce mois saint, le meilleur de l'année, dernier jour du régime de la séance unique, dorénavant on retourne à la "normale" : passer toute la journée au bureau, travailler toute la semaine, samedi y compris, un seul jour de repos. Repos de quoi ? Il n'y a pas beaucoup de "travail" dans mon travail, et quand il y en a c'est lassant à en mourir, souvent répétitif, routinier pourtant je suis encore nouvelle, je suis à ma première année de travail mais je m'ennuie déjà, depuis des mois! J'ai l'impression d'utiliser le 1/100ème de mon potentiel, de mes capacités intellectuelles, académiques et créatives. Pire encore j'ai oublié ce que j'ai appris à l'école ! C'est bien connu si on n'avance pas, on recule ! Enfin dans mon boulot, il y a des hauts et des bas sauf que les "hauts" sont un peu comme ces moments rares de bonheur, où on se sent si léger, la tête dans les nuages, complètement déconnectés de tout ce qui fait la triste réalité de ce monde. Les "bas" eux ce sont la règle ! Un travail qui n'a rien de passionnant en somme, à part les rarissimes moments de satisfaction, ô combien agréables, les fameux "hauts" dont j'ai parlé.

Dieu merci le rêve existe encore en moi, je sais ce que je veux : terminer mes études, faire ma thèse de doctorat ! Pourquoi je voudrais faire ça ? D'abord pour le titre en lui-même, c'est une satisfaction personnelle, quelque chose que je voudrais accomplir, un cadeau que je voudrais m'offrir. En plus, je connais au moins deux personnes qui en seraient tellement fières : mes parents ! 

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Dehors il fait beau, je suis à la maison, troisième jour de l'aid, ma petite sœur prépare son "chwar" annuel de la rentrée. Pour moi aussi c'est un peu la rentrée : désormais on retourne au régime de la double séance et surtout je serai seule le soir avec mes parents, donc il y a un changement, sans prof ni tableau au décor mais c'est un changement. Je disais donc que je voudrais finir mes études parce qu'enfin de compte enseigner ça me fait rêver! J'adore ce métier sans même y avoir goutté. Et puis c'est indéniablement la meilleure carrière pour une femme et future mère de famille ! Bien évidemment le chemin est bourré d'obstacles de tout genre à commencer par ma paresse chronique et le manque d'encadrement et de relations en passant par la difficulté de trouver un bon sujet qui me passionne et à partir duquel je pourrais créer la différence, un travail dont je serais satisfaite !

Mais vous savez je me fous de tout ça, je me fous si j'arriverai ou pas à faire ma thèse de doctorat, ici ou bien chez vous là bas, je me fous de combien d'années mettrais-je pour ça, l'essentiel est que là tout de suite je sais exactement ce que je veux, je l'ai toujours su en fait, mais maintenant plus que jamais j'ai envie de le dire, de le crier : je veux !