Mon évolution alimentaire




Avant j'avais la prétention d'intituler cet article : "ma révolution alimentaire". Aujourd'hui quand je vois mes faiblesses et mes abus je redescends sur terre et j'aborde la question avec plus d'humilité. Je viens simplement vous livrer ici mon évolution alimentaire.

Quand je vivais chez mes parents, ma mère disait toujours que la seule qui mange comme il le faut parmi ses quatre filles c'est moi ! Il y avait une période où je mangeais des fruits avec tous les repas. Aujourd'hui quand je me souviens qu'ajouter une orange à mon petit déj a constitué une révolution j'ai presque envie de rire !

Puis j'ai appris un jour que les fruits ne convenaient pas à la fin des repas, et qu'ils doivent être pris à part soit une demi-heure avant le repas, soit trois heures après. De ce fait, j'ai considérablement diminué ma consommation de fruits, car je ne prenais que rarement la peine de faire un petit snack 100% fruits. Maman n'était pas contente du tout.

Et comme j'avais besoin de dessert, de quelque chose de "sucré" après les repas, j'ai pris des yaourts à la place des fruits. Même si au début c'était difficile, je n'y étais pas habituée, et je trouvais ça pas très sain ni logique de se taper un yaourt à la vanille juste après avoir englouti de bons spaghettis bien épicés ! Mais Dieu ce que l'on est capable de s'habituer! Le yaourt est devenu pour moi un besoin quotidien, et que de fois j'ai râlé parce que j'en trouvais pas dans le frigo !

Pour le petit déj, je prenais le schéma classique : un café au lait, et des tartines, cakes, ou quelque viennoiserie ou petits fours pour accompagner. Bref que du sucre! En fait je mettais de la poudre de cacao dans mon lait et pas du café à proprement parler + deux morceaux de sucre. Puis un jour j'ai senti que deux morceaux c'est trop alors j'ai diminué d'un demi morceau, puis d'un autre, enfin j'ai laissé tomber les deux ! Je me rendais compte que les sucreries que je prenais avec le café étaient déjà assez sucrées comme ça, surtout notre fameuse baklawa ! Alors adieu le sucre blanc raffiné dans mon café, puis adieu notre Chocoline nationale, désormais je prenais mon café à la Chicorée et sans sucre svp ! Cela ne me posait aucun problème, je me suis habituée, et je ne supportais plus le gout du sucre ajouté! Cela ne correspondait tout simplement plus à… mes goûts !

Puis un jour j’ai rencontré un homme sur la Désenchantée (ce n’est pas un site de rencontres, c’est juste le nom de mon blog), on s’est aimés et contrairement aux films américains on a fini par se marier. Et là j’ai connu d’autres cieux, d’autres horizons en terme de culture alimentaire. Je me rappelle qu’à deux on a supprimé les jus industriels (je ne parle même pas des boissons gazeuses), puis un jour j’ai complètement supprimé le lait, et les yaourts que j’adorais. Ma décision était tellement tranchante que je n’ai même pas daigné finir les quelques yaourts qui traînaient au frigo. Je ne voulais plus y goutter !

Mais pourquoi dites-vous ? Qu’est-ce qu’il a le lait source de calcium ! Et les yaourts si délicieux, avec des fruits et des vitamines ?! Réponse dans le prochain article, ou si vous êtes curieux, tapez "lait de vache" sur Google, vous allez découvrir des merveilles : )



Je le veux, parce que c'est cher




Dimanche dernier je suis allée à Géant soi disant pour acheter des jouets à mon bambin d'un an et demi, qui par ses charmes naturels, a amassé une somme importante à l'occasion de Aid Al Fitr. Et là en passant devant les boutiques de vêtements, j'ai lu cette affiche alléchante chez "Extrême": "tout à 10 D". Et hop j'ai sauté sur l'occasion et j'ai oublié jouets et autres distractions. Le djihad du shopping a commencé. J'ai oublié fatigue et manque de sommeil. Quand il s'agit d'acheter des vêtements tous mes sens étaient en éveil ! 

Et là j'ai plongé, et en cherchant les meilleurs articles, je voyais défiler devant moi tous les beaux principes du minimalisme, tous ces blogueurs, ces youtubeurs, tous les livres lus de Dominique Loreau sur "l'art de la simplicité" et "l'infiniment peu", et je me suis dit, j'envoie valser ! Au diable ces beaux principes qui m'étouffaient. Laissez moi admirer ces belles tenues en toute liberté ! Il y en a pour tous les goûts, pour toutes les saisons, hiver comme été !

Bien évidemment j'ai essayé de me poser des limites, de restreindre mon budget et je n'ai acheté que sept articles. Quand je voyais le prix original sur l'étiquette, j'étais à la fois toute contente mais surtout étonnée. Franchement 200 D pour ce gilet, n'est-ce pas abusé? Et là deux jeunes femmes sont venues puis se sont enfouies en lançant à voix haute, "oh c'est quoi cette friperie d'El Hafsia; je n'en veux pas".

Bien évidemment, s'il n'y avait pas cette grande promo, ce destockage massif de la boutique, si les prix du moindre article étaient à trois chiffres, si le moindre pantalon, le moindre haut, les jupes, les robes coûtaient la fortune du début, eh bien ces mêmes femmes se seraient plus attardées sur cette boutique. Plus un objet est cher, plus il est convoité, désiré, admiré. On n'achète pas le modèle, ni le tissu, on n'achète même pas la qualité, on achète surtout la marque. Je ne sais quelle marque de voiture a décidé de doubler les prix suite à une baisse de vente, et là miracle ! Tous se sont rués sur la marque, si ce n'est du snobisme ! 

Cela me rappelle aussi quand j'ai demandé à mon fiancé "parisien" de choisir pour moi la bague des fiançailles et de me l'apporter de Paris. Victime que j'étais de ma timidité (je ne m'imaginais pas faisant les magasins avec lui à la recherche de la bonne bague, j'avais même honte de mes mains qui sont pourtant .. bien !), et surtout des films romantiques, et cette image emblématique du prince charmant genoux plié, qui tend une bague ultime symbole d'amour à sa bien aimée sur un pont parisien très fréquenté. Mon homme a voulu que je choisisse seule, mais j'ai insisté. Résultat : je n'étais pas satisfaite de la bague en diamant qu'il m'a apporté. Son modèle était trop recherché, je rêvais de quelque chose de plus classique, et d'une pierre plus grande, eh oui diamonds are girl's best friend :p

C'est après le mariage en faisant un tour à Souk Al Birka à Tunis, que j'ai compris toute l'étendue de mon erreur. Quand j'ai essayé d'estimer la bague et qu'on m'a répondu négligemment 300 D, euh quoi ? c'est un diamant que vous voyez là, ah donc c'est mille dinars ! Mais, Mr elle nous a coûté 1500 euros, j'ai la facture ! Mais Madame vous payez la marque, puis le salaire du bon petit parisien qui l'a fabriquée, puis le loyer dans ce quartier chic et prestigieux de Paris.

Pour ma défense, je n'avais aucune idée de la différence des prix entre Paris et ici, ma belle famille non plus. Mon homme m'a laissé le choix et a toujours été généreux envers moi. Aujourd'hui je n'achète presque mes vêtements qu'en période de soldes, mais j'exagère toujours. Je garde toutefois en mon esprit l'intime conviction que ces gros chiffres et ces prix complètement fous, se moquent de nous ! Il ne faut pas acheter des chaussures à 300 D quand quelqu'un n'a pas le sou !

Enfin, méfiez vous, usez votre argent pour faire des voyages à l'intérieur de notre belle Tunisie ou à l'étranger, pour acheter des cadeaux à vos bien aimés, pour participer à des actions de charité, enfin qui suis je pour vous donner des leçons? Eh la Désenchantée commence par te sevrer !