Pauvre Ammar personne ne le comprend !

Je me suis connectée aujourd'hui à la blogosphère tunisienne et j'ai remarqué le nombre important d'articles qui traitent le même sujet, à savoir notre Ammar national. Les blogueurs étaient particulièrement agressifs à son égard, on lui disait de gros mots, on le traitait de tous les noms, on l'injuriait dans toutes les langues, on lui adressait même des menaces. Tout ça pourquoi ? Parce que hier Ammar aurait usé  de ses ciseaux pour enlever de ses racines non pas un ou deux mais dix blogs à la fois ! Il a perdu la tête ou quoi ? Il s'est déchainé comme un fou furieux et il a tout emporté sur son passage dites-vous ? Mais enfin mes chers amis vous ne l'avez donc pas encore saisi ? En Tunisie tous les sites Internet sont fermés par défaut, seuls quelques uns ont échappé à cette règle générale. Donc si vous tapez une adresse et que la page s'ouvre, sachez que c'est une exception traduisant un manque de vigilance de la part de notre police virtuelle, eh oui normalement tout doit être fermé ! Mais puisque les tunisiens sont paresseux par nature, parce que leur devise est "pourquoi remettre au lendemain ce qu'on peut faire le surlendemain", parce que "conscience professionnelle" et " mentalité tunisienne" ne vont pas ensemble, pour toutes ces raisons, bon nombre de sites sont encore accessibles. 

Mon coeur est au pays des merveilles (ép2)


Médina Arabie Saoudite le 19/03/2010

Nous sommes encore à cette première nuit à la Médina, nous avons tant bien que mal survécu à la "Guerre des bagages". Les bagages, désormais devenus  la responsabilité de ces employés saoudiens portant des chemises bleues et des koufeya sur la tête, des hommes bien bâtis et vigoureux, l'un montait sur le dos du bus, l'autre attachait valises et sacs à une corde qu'il propulsait en haut avec une agilité déconcertante. De l'autre côté, la réception  était parfaitement assurée à ma plus grande surprise et admiration. Je ne revenais pas de voir des hommes aussi forts et habiles ! Alors je me suis retournée et j'ai vu d'autres bus avec d'autres hercules en chemise bleue et koufeya qui balançaient des dizaines de kilos de bagages dans l'air avec la facilité d'un jongleur de cirque. Ils étaient tous pareils : bruns, grands et forts, incarnant la virilité et le charme de l'Homme oriental vigoureux et imposant ! On dirait qu'ils venaient d'une autre époque, celle où les hommes se battaient corps à corps, l'époque des gladiateurs. Leur force physique était
leur gagne-pain. Ils travaillaient dur avec le sourire à 2h du matin, ils avaient déjà placé jusqu'à 3 ou 4 valises quand une vieille dame n'a pas encore fini de gravir les quelques marches du bus. Le contraste était  amusant et frappant à la fois. Le bus s'éloignait déjà de l'aéroport mais j'ai continué à regarder ces silhouettes bleues qui travaillaient sans relâche, c'était un regard plein de tendresse et d'affection, un regard presque maternel, car au fond j'avais de la peine pour eux...

Mon coeur est au pays des merveilles (ép1)

A quoi bon reporter la chose, il faut bien que j'en parle ! De toute façon, j'ai des notes écrites, je n'ai qu'à recopier sur ordinateur, en ajoutant les pensées du moment bien sur. Enfin il y a du travail à faire, allons commençons.

بسم الله الرحمن الرحيم

Médina Arabie Saoudite le 19/03/2010

Mon premier jour dans cette ville, dans ce pays, dans ce continent ou devrais-je dire ma première nuit, car hier notre avion a quitté Tunis à 20h et nous avons atterri à 1h30 du matin heure saoudienne. Trois heures trente de vol, trois heures trente durant lesquelles je ne cessais de me dire "qu'il est horrible de travailler dans un avion" ! Pilote ou serveur peu importe c'est toujours agaçant ! Je regardais tout ce personnel asiatique souriant et je m'étonnais du "comment" ! Comment arrivent-ils à endurer toute cette pression ?

J'étais assise près de la fenêtre, il faisait noir mais au décollage j'ai eu le temps de constater à quel point l'appareil était immense. J'ouvrais de grands yeux étonnés à la vue de l'aile immense, titanesque ! J'étais émerveillée comme une enfant ! Plus tard, quand nous avons atterri à la Médina, les passagers d'à côté se sont mis à applaudir. Alors, contre toute attente, j'ai fait comme eux ! J'étais émue que nous soyons arrivés sains et saufs à cette terre sainte et pleine de promesses. Et puis en guise d'excuse, sachez que c'était mon premier contact avec l'avion, mon premier voyage enfin. En plus, il s'agissait d'un Airbus à deux étages, même mon père qui a tant voyagé n'en a jamais vu d'aussi grand !


Enfin nous voilà à l'aéroport, pas une minute à perdre, il faut commencer à étudier cet échantillon saoudien qui s'offre à moi. Ainsi, je dévisageais ces faces asiatiques lasses, parfois fatiguées, regardant d'un œil expert la foule tunisienne et bruyante qui a envahi les lieux. J'ai tout de suite remarqué que ces gens portaient des uniformes vert militaire trop autocollants! Enfin, surtout la chemise, on dirait tout droit sortie d'un film égyptien des années 70. Ce n'était vraiment pas beau à voir et certainement pas élégant ! Ensuite l'aéroport était très modeste pour ne pas dire laid, moi qui m'attendais au luxe et à la richesse de l'architecture saoudienne. Mais j'ai fini par comprendre que c'était un aéroport destiné aux pèlerins, voilà cela explique tout !

Place maintenant à la "Guerre des bagages", eh oui déjà rien que pour avoir un chariot, il te faut livrer une bataille rangée sans merci ! Je me suis chargée de cette mission délicate, je n'ai pas été déçue ! J'ai même eu droit à quelques regards mâles insistants habillée comme j'étais à la "tunisienne" : jean, baskets et puis une longue robe qui me descendait jusqu'au genoux ! Enfin c'était peut être trop "osé" pour ces employés saoudiens habitués aux vieux pèlerins ridés et fourbus. Et puis je suis une jolie fille disons le.

Bon j'aimerais bien zapper la partie où on m'a engueulée parce que je voulais mettre nos bagages dans le chariot, c'était peut être préférable de se les mettre sur le dos, oui plus pratique. Je préfère aussi passer outre la partie où on m'a piétinée pour récupérer une valise qui semblait s'enfuir et qu'il fallait absolument extirper au tapis roulant quitte à bousculer, piétiner, martyriser les pauvres orteils innocents d'une jeune demoiselle qui tente d'aider son père et sa vieille tante. Heureusement qu'il y avait un gentleman, un Homme qui malgré sa petite taille et sa modeste corpulence nous a aidés à récupérer nos bagages, merci au passage.

Bref, je me la jouais "touriste attitude" et prestige, mais le manège auquel j'ai assisté m'a fait redescendre sur Terre. J'ai vite réalisé que voyager c'était loin d'être une partie de plaisir surtout pour la fille capricieuse et exigeante que je suis ! Voyage est synonyme de fatigue, maman pourquoi tu ne me l'as pas assez dit ? !