4/14/2011

La vie en rose




Sans trop réfléchir, sans jamais mentir, je me laisse aller aux rythmes des mots, s'agitant dans ma tête tels des flots. Mes doigts bougent d'eux-mêmes sur le clavier, je suis emportée, transportée par un tourbillon de joie et de bonne humeur. De la joie qui vous picote le coeur, qui vous chatouille les nerfs, qui vous fait sourire à tous ces visages inconnus, à ces poussières dans la rue, à ce mur triste et nu. Merci à celle qui m'a annoncé deux excellentes nouvelles de bon matin, mon Dieu quel festin ! Deux bonnes nouvelles d'un seul coup, n'est-ce pas trop ? Surtout la deuxième ! Mon coeur fragile pourra-t-il y résister ? Le bonheur ça peut tuer vous savez ! 

Pourquoi suis-je si heureuse, pourquoi la vie a décidé de me sourire soudain, d'un sourire éclatant, sincère et certain ! Oui la vie est belle. J'inspire, j'expire, je respire à pleins poumons. J'étais en réunion mais ma tête planait dans d'autres horizons, ce n'est qu'un rêve pour l'instant mais il peut devenir réalité à tout moment, alors je m'accroche et je voyage par l'incroyable faculté de l'imagination. Mais qu'ont-ils à me regarder ? Ah c'est à moi que vous vous adressez ? Euh quoi ? L'enquête INS, non je  ne sais pas. C'est quoi la question déjà ? Pourquoi c'est à moi que vous le demandez  ?! Laissez-moi je voue prie, cet étranger à l'accent si joliment anglais je l'ai assez écouté pour une journée, ça suffit ! Laissez moi à mes rêveries, laissez moi siroter ces quelques moments de joyeuse folie, soyez gentils ! Ah vous savez quoi ? Je sors, je vous laisse, vous pouvez continuer sans moi, je vais à mon bureau partager avec moi-même la beauté de mes idéaux, rêver un instant, et sourire à mon écran. Laissez-moi, ce moment est si rare, .. laissez moi  que je m'égare..


4/07/2011

Quand j'étais petite ..

Une note que je voulais écrire depuis des mois, depuis l'ère de zaba ..



Quand j'étais petite.. 

Je croyais que quand ma mère passait une demi heure à nous laver et habiller ma sœur jumelle et moi, c'était une sorte de jeu. Elle nous habillait et à nous de .. nous déshabiller ! Et aucune sorte de bouton ou de nœud  ne pouvait nous intimider, on s'entraidait si bien qu'à la fin ma pauvre mère abasourdie se trouvait dans l'obligation de tout recommencer.


Quand j'étais petite..

Je croyais qu'il était en mon devoir ainsi que celui de ma soeur de bousiller la magnifique poupée de notre grande sœur, lui percer les yeux, lui arracher les cheveux et la cacher sous le lit, vêtements déchirés, pieds nus, le moral à zéro.

Je croyais que les nuages c'était du coton, qu'on pouvait s'asseoir dedans, que l'écume des vagues c'était du shampoing, je persistais et je signais que c'en était un ! 

Je pensais que ma cousine devrait être la créature la plus heureuse au monde car elle avait les cheveux très lisses et en plus coupés court ! Je me disais que c'est tout ce que je demanderais une fois que je serais au Paradis.

Quand j'étais petite ...

Je pensais que maman était une super héroïne parce qu'à la fin de nos sorties en ville et quand les ombres s'allongeaient et que l'obscurité menaçait de s'installer, elle connaissait bien le chemin du retour et nous ramenait toujours saines et sauves à la maison !

Je croyais que les feuilletons et les films étaient vrais, qu'il y avait des gens qui se baladaient dans la rue avec une caméra et qui filmaient les gens à leur insu probablement par la fenêtre. J'étais choquée d'apprendre plus tard qu'il y avait toute une mise en scène derrière, un scénario, des acteurs qui faisaient semblant de se fâcher, de pleurer , de s'émouvoir et surtout qu'ils apprenaient leur texte par cœur ! Je me disais ce serait tellement plus simple de filmer la vie des gens qui ne manque pas de rebondissements pourtant !


Quand j'étais petite..

Je croyais que les baisers sur la bouche était une spécialité exclusivement occidentale, que les arabes ne faisaient jamais ça et cela me rendait triste. J'étais donc très contente quand j'ai découvert la réalité, j'étais contente parce qu'en ce point les arabes étaient similaires aux occidentaux, lesquels représentaient à mes yeux un idéal à suivre.

Je croyais que l'occident (incarné par France 2 et Rai uno) était parfait, à part la religion, tout me plaisait. Les occidentaux étaient pour moi d'une autre race, loin de la notre et bien meilleure. 

Quand j'étais petite ..

Je ne connaissais pas la couleur de mes yeux, j'ai dû attendre bien des années pour m'intéresser enfin à mon visage et quelle fut ma joie quand j'ai remarqué enfin ce cercle vert bien clair sous la lumière blanche et éclatante de la salle de bain ! Je me disais ceci est une vérité, Dieu me l'a donnée, personne ne pourra m'enlever ça ! J'ai du vert dans les yeux avec un peu de noisette ! Voilà un trait commun avec mes idoles les occidentaux ! J'étais vraiment contente!

Quand j'étais petite..  

Je pensais que plus tard quand je serai grande, j'essaierai tout (enfin tout ce que je lisais dans Le Journal de Mickey) : ski, surf, deltaplane, équitation, escalade, randonnée, plongée sous marine ... que j'aurais une limousine, une voiture de sport et une 4 4, un berger allemand, un cheval sur lequel je m'élancerais sur une plage, cheveux au vent, bras en l'air, sourire aux lèvres et yeux fermés ! 


Quand j'étais petite ..

Je pensais que le président était gentil, qu'avec sa charmante femme, ils formaient un joli couple gentil.


Aujourd'hui je pense (avant le 14 janvier) que si je dis mon avis sur le président je perdrai mon blog, mais je vais le dire finalement : le président est certes dépassé par les évènements mais il est surtout coupable de crimes contre l'humanité et je le hais.


Aujourd'hui (après le 14) je pense que le président a cessé d'exister pour moi le jour où il a pris cet avion, cependant j'aimerais bien le voir revenir  en Tunisie pour être jugé et châtié pour ce qu'il a fait durant toutes ces années.
En ce moment je pense que sa présence a gâché ma jolie note pleine de souvenirs enfantins purs et innocents, alors je vais essayer de mieux finir. 

Quand j'étais petite enfin..

Je ne connaissais pas la mort, je ne connaissais pas la solitude, la peur  de la solitude et la douleur .. Je pleurais par nécessité, pour un mal physique.. quand la maitresse d'école m'a giflée..

Aujourd'hui je ne suis plus petite, dans moins de deux ans j'aurais 30 ans ! Et pourtant  je serai toujours une enfant, à ma façon, aujourd'hui comme hier, comme dans mille ans.

Belle, enfant & rebelle. C'est moi !

4/05/2011

Halte aux méchants barbus



Hier soir la belle actrice internationale Angelina Jolie a débarqué en Tunisie en sa qualité d'ambassadrice de l'ONU pour les bonnes intentions. Aujourd'hui, elle se rend au camp de réfugiés à Ras Jedir pour apporter sa pierre à l'édifice, exprimer son soutien  à la cause tuniso-lybienne, etc. Alors je ne sais pas pour vous, mais personnellement je m'inquiète pour sa sécurité. Car comme vous le savez, et comme il a été déjà relayé par les médias tunisiens les plus compétents et dignes, Ras Jedir a été pris d'assaut par une bande de méchants barbus, lesquels ont non seulement monopolisé la gestion de l'aide humanitaire, la mise en place des tentes, l'affichage des sourires fraternels, la distribution de mots doux, des accolades, tapes sur le dos, poignées de main et autres gestes outrageusement  gentils et généreux envers les malheureux réfugiés déferlant de soeur Libye ensanglantée, mais en plus ces méchants barbus ont empêché nos éminents artistes de faire leur travail humanitaire et sacré, celui d'apaiser les âmes fatiguées par quelques spectacles improvisés à l'occasion, et à l'heure même où ces milliers de réfugiés ont tout laissé derrière eux, ont  tout perdu : argent, famille, boulot et amis, ...  mais qu'importe vive la musique, le chant et la danse. Alya Bel Aid n'était-elle pas en train de chanter, danser et sautiller les seins à demi nus au réveillon dernier sur canal 7 ? A l'heure même où le pays s'embrasait, où les innocents étaient  tués, piétinés, écrasés,  où la momie vivante qu'était devenu Bouaziz n'a pas encore expiré ? Mais dommage pour elle et pour tous les guignols de la chaine nationale anti-constitutionnelle tv7,  ce n'était pas un réveillon, c'était un Réveil ON. 

Bref, je disais donc que la question des artistes tunisiens à Ras Jedir  a fait l'objet d'une question des plus cruciales posées par l'un des journalistes les plus dévoués, compétents et sérieux, lors du dernier entretien télévisé avec sa majesté BCE. En effet, ce bon journaliste animé par son devoir de faire parvenir la voix du peuple, et sans arrière pensée aucune, a insisté à transmettre le message urgent de nos artistes et intellectuels : dénonçant la conduite honteuse de ces malfrats, ces méchants barbus qui ont profité de la révolution du jasmin de Sidi Bou Said euh Sidi Bou Zid et de la Kobba 1.2.3 Soleil, pour quitter leurs trous de rats où notre gentil président parti en pèlerinage à la Mecque a veillé longtemps à les y fourrer par milliers. Ces méchants barbus qui commencent à imposer leur islam terroriste, obscurantiste, extrémiste, fanatique, anti-tectonique, en disant halal, haram, ... n'ont pas laissé les artistes au chômage manger du pain eux qui ont participé à la révolution du jasmin ! En voilà un problème urgent à régler, plus urgent que toutes les  autres demandes du peuple et de la révolution.

Alors aujourd'hui je tire une sonnette d'alarme, je vous conjure de sauver le soldat Jolie, cette Lara Croft grandeur nature qui décidément n'a pas froid aux yeux puisqu'elle est venue volontairement et sans pression aucune, se jeter dans la gueule du loup. Maintenant Amir al mouminin et ses fidèles terroristes vont l'obliger à porter la burka ou à défaut, la kachabya nationale comme ils l'ont déjà "fait" avec l'incontournable, l'artiste engagée Leila Chebbi.. Les méchants barbus  sont en avance, ils ont déjà créé leur propre Tunisistan à Ras Jedir, et ils vont commencer à propager leurs idées talibanesques, le nom de code a été déjà lancé par le fou furieux mégalomane Moudammar el Gaddé-fou : al zahf al moukaddas , et bien c'est cela exactement. On doit tous s'unir contre les méchants barbus, à défaut de quoi on risque de  voir des  tentes ambulantes,  des parties de foot interrompues pour assassiner des joueurs et  toutes sortes de films à la Hitchkok signés  Taliban et éparpillés ça et là dans les recoins pourris des pages  facebook islamophobes et plus médiocres les unes que les autres. Alors moi je vais signer le pacte de  jeunesse : stigmatiser, ridiculiser, accuser les méchants barbus de tous les maux de la Tunisie et de la planète (c'est mieux) car ma Tunisie à moi je la veux musulmane, juive, laïque, française et athée, mi pute mi soumise, affichant the united colors of Bikinitton et surtout je demande au nom du peuple l'expulsion vers l'Iran, l'Afghanistan et l'Arabie-Saoudite de ces méchants barbus qui nuisent à l'image de mon pays. Tout ça entre autres pour les beaux yeux d'Angelina Jolie ! Mais surtout pour une Tunisie plus verte, plus développée, plus épanouie, en deux semaines je vous le garantis !

Ciao, shalom,  peace, love, kiss, flex, liberté, sottise, schiz(ophrénie), bizz(ous) et showbizz, vive la Tunizz

و السلام عليكم و رحمة الله تعالى و بركاته


4/03/2011

Encore un dimanche



Réveil pénible à 11h15, tête lourde, cheveux ébouriffés, je me lève à grand-peine et avec regret, pour attaquer un énième dimanche. C’est quoi le dimanche pour moi ? C'est le seul jour où je ne suis pas obligée de me lever de bon matin pour prendre le bus vers Tunis, puis le métro vers mon bureau, puis  .. rien, je m’assoies et puis voilà ! Et pourtant je déteste dimanche comme je l'ai détesté toute ma vie. Aujourd'hui quand je me lève c’est avec la sensation désagréable d'un chronomètre qui s'est déclenché, la journée va bientôt s'écouler et je me retrouverai à courir comme si de rien n'était ! Pourtant je déteste dimanche, le seul jour de repos, je n'aime pas le dimanche comme le jeune Meursault. Je suis obligée de me retrouver face à face avec la télé ou pis encore : le pc, c’est-à-dire Facebook, regarder le fil d'actualités, des amis, des pages, des mensonges, des mirages, des amis me taguant dans des photos qui ne me disent rien, des articles que je n'ai pas envie de lire ou de commenter, d'autres me reprochant de n'avoir pas décroché, le tél, de les oublier, de les .. ignorer. Alors oui je suis coupable, je l'admets ! Mais vous savez quoi ? Je suis fatiguée ! Fatiguée ! Fatiguée ! Fatiguée de tout, triste et désolée ! Je suis arrivée au point de ne plus rien voir, entendre ou sentir, je ne veux rien savoir, je ne suis plus qu'un vampire ! J'ai trop peur d'entendre quelque mauvaise nouvelle sur mon pays, je ne supporterais pas de voir des gens stigmatiser ma religion, je ne saurais souffrir l'injustice des uns et l'incompétence des autres. Je suis lâche si vous voulez ! Triste, lâche et désolée ! 


Hier j'étais avec ma soeur pour commander quelques pâtisseries, le pâtissier était distrait, il avait les yeux rivés sur la télé, je regarde, il y a un stade, une pelouse mais noire de gens, je détourne les yeux, je ne veux rien voir, je ne veux rien savoir, qu'est-ce qui se passe ? Je m'en fous, le foot chez nous c'est dégueulasse, alors depuis des siècles je suis devenue lasse ! J'ai insisté pour qu'il me donne mes foutus pattés pour m'enfouir au plus vite ! Mais une fois connectée j'ai tout su bon gré, mal gré, et ça me fatigue... de voir le fil d'actualités, des amis, des pages, des mensonges, des mirages, des rumeurs, des sauts d'humeur, des personnes qu'on adule, d'autres dont on se moque, certains se disputer à cause de laïcité, d'autres partageant des vidéos privées de Leila se trémoussant aux Seychelles, mais qu'est-ce qu'on a à faire là-dedans ? Sur Facebook je vois des gens idolâtrer et aduler d'autres .. gens, non pas le prophète Mohamed saas encore moins ses compagnons, mais des gens comme Bourguiba, aujourd'hui on fête sa mort depuis je ne sais combien d'années. Ok il est mort un 6 avril, bon et après ? Vous avez fini de l’idolâtrer ? On peut passer à autre chose ? Mais attend suis-je là pour donner mon avis non jamais  qu'ils adulent Bourguiba, qu'ils disent que Saint Bouazizi était un martyr, que Ghanouchi est irremplaçable, qu'ils aillent se prosterner devant sa demeure, qu'ils aillent applaudir BCS, qu'ils aillent adorer la statue de la .. liberté ! On ira très loin avec cette mentalité ! Moi je m'en fous, je garde le silence, je me recroqueville sur moi même, je ferme les yeux et je ne vois plus rien, juste un peu de lumière au bout du tunnel ou est-ce mon imagination qui me fabrique des merveilles ? Par pitié de mon âme triste, lasse, fatiguée et .. vieille ? 

4/01/2011

Brave heart



J'étais en classe, en terminale d'école d'ingénieurs, quand elle arriva. On était une quinzaine de "fidèles" à regarder ce pseudo prof d'informatique parachuté à la fin du semestre quand elle fit irruption dans la salle de classe. Elle était maigre et chétive, je la dépassais d'une bonne tête malgré ses chaussures à talon. Son visage d'habitude si doux et souriant était à présent déformé par la haine et la détermination .. la détermination à me faire du mal et m'humilier. Elle m'a regardée en face puis m'a demandé de quitter la salle.  Le sang s'est gelé dans mes veines, le temps s'arrêta, mon Dieu quelle humiliation ! Pourtant je me suis levée d'un bond, j'ai ramassé mes affaires rapidement et d'un pas ferme et décidé, j'ai quitté la salle sous son regard sévère et insolent. Vous vous demandez peut être quel mal ai-je fait pour mériter ce châtiment ? Et bien j'étais voilée, voilà tout mon crime. Mais surtout tunisienne car on était le seul pays arabe à souffrir d'une telle infamie : une guerre déclarée contre les voilées ! Bien sûr on ne les appelait pas ainsi ,on ne parlait jamais de voile ou de hijeb, on parlait toujours "d'habit sectaire". Je me rappelle encore de la première fois où j'ai entendu ce mot magique, j'en ai souri, j'ai bien rigolé à la face même de celui qui me l'a énoncé, je lui ai dit mais où-êtes-vous allés chercher ça ? Quelle niaiserie !

Je suis donc sortie la mort dans l'âme et je me suis réfugiée dans un couloir. Les réflexions et les émotions se succédèrent. D'abord j'étais soulagée, je me suis dit que ce n'était pas très difficile à faire finalement, de quitter la salle. Ensuite je me suis juré de ne pas verser la moindre larme et de rester forte, fière et digne.  Mais finalement quand j'ai réalisé la laideur de ma situation, j'ai eu beaucoup de mépris pour le professeur qui n'a fait aucun geste pour me soutenir dans mon DROIT absolu d'assister à son minable cours, j'en voulais aussi à mes camarades de classe, et plus particulièrement les garçons ! On n'était pas nombreux certes mais ils ne se sont pas conduits comme des hommes. J'eus été un homme je n'aurais jamais laissé passer cette scène horriblement injuste et ridicule sans broncher ! Mon dépit était d'autant plus vif que je me suis rappelé de ce qui s'est passé il y a trois ans quand j'étais étudiante en deuxième année préparatoire. A peine sommes-nous installés à l'amphi et que l'excellent prof d'analyse allait entamer son cours, animé par son dévouement habituel aux étudiants venus de toutes les classes  profiter de son "spectacle",  que le directeur de l''institut a pointé sa face détestable pour demander à une camarade voilée de quitter la classe. Cette fille était son ennemie jurée puisqu'elle était la première à  porter le voile. Elle n'était pas belle, mais elle n'hésitait pas à mettre d'horribles chapeaux  plus laids les uns que les autres pourvu que son voile soit politiquement correct, ajoutez à celà sa grande taille et son air de mépris et d'indifférence envers le monde et le qu'on dira-t-on, elle était vraiment spéciale, de très forte personnalité et riche de son dés-attachement à la société !

Suite à la demande insolente du directeur, tout le monde s'est mis à taper des pieds sur le plancher, des voix se sont élevées, c'était le chaos total. Alors ce vieil ambitieux puant le RCD s'est mis à ricaner puis nous a crié : si vous êtes des hommes montrez-vous ! Et là, un jeune bizertin s'est levé le visage empourpré par l'émotion, les yeux étincelants de détermination et lui a dit : je suis là !

- Alors tu vas sortir, tu es prêt à sortir avec elle ? (toujours avec son air railleur et son horrible sourire en coin). 

- OUI ! Si elle sort, je sors ! Où est le problème ? 

- Alors vous sortez tous les deux ! répliqua le directeur perdant soudain son sang froid et rouge de fureur.

Et comme le brave étudiant s'apprêtait à quitter la salle avec la jeune fille, tout le monde, tout l'amphi s'est levé d'un bond, sans se consulter, les étudiants se sont levés d'un seul geste et on a quitté les lieux ! J'étais tout excitée mais mon professeur d'habitude si gai était à présent très en colère. On vient de lui faire perdre du temps et de défier son autorité et par le directeur et par les étudiants ! Mais après quelques minutes on  est retournés d'un air triomphal en classe et on a  repris le cours !


قال رسول الله صلى الله عليه و سلم : مثل المؤمنين في توادهم وتراحمهم وتعاطفهم مثل الجسد الواحد إذا اشتكي منه عضو تداعي له سائر الجسد بالسهر والحمي

 رواه كل من البخاري ومسلم وأحمد بن حنبل رحمهم الله
 
C'est cette histoire que je me suis remémorée en sortant bredouille de la classe, j'en voulais à la lâcheté de mes camarades de classe et  amis, j'en voulais à la lâcheté du professeur mais surtout à la détestable secrétaire qui est venue me défier devant tout le monde ! C'est pourquoi j'ai montré un froid glacial face à ce camarade de classe dont je n'ai jamais supporté les regards insistants et qui est venu me "consoler" en murmurant quelques banalités vides de sens. J'avais envie de lui dire va-t-en, lâche moi, je n'ai pas besoin de toi, je retourne illico presto en classe. Qu'elle aille au diable ! Et c'est-ce que j'ai fait après une longue hésitation, je suis retournée en classe et là silence radio, aucun commentaire ! Je regardais le prof parler, certains lui répondre, j'entendais des voix, je percevais des mots, des échos  mais je ne comprenais rien, j'étais trop affectée par ce qui m'est arrivé, j'étais enveloppée par ma solitude, la pire de toutes, celle qu'on ressent au beau milieu du monde et des  gens ! On a marché sur ma dignité, on a piétiné ma liberté et personne n'a bougé... Les garçons qui étaient présents avaient du mal à me regarder dans les yeux à présent, ils savaient bien l'étendue de leur crime, le crime de se taire devant l'injustice et c'est là le crime de tous les tunisiens pendant des années : le silence.

Je ne pourrais jamais achever dans une seule note mes vieux souvenirs de "martyre" grâce au  (je ne peux pas dire "à cause") voile, tous les incidents qui me sont arrivés, toutes les peurs que j'ai essuyées, toutes les railleries, les provocations et les médisances dont j'ai fait l'objet, toutes les réflexions horribles, les hésitations par lesquelles je suis passée : dois-je quitter l'école, interrompre mes études ?  Dieu me pardonnera-t-Il ? Ce policier va-t-il m'interpeller ? Quel sera l'impact de mes signatures répétées  au poste de police ? M'enlèvera-t-on le voile en plein public comme j'ai entendu dire partout ? .. Je dirais simplement qu'à travers cette modeste note je tiens à rendre hommage à toutes les voilées tunisiennes qui ont été persécutées, à toutes les étudiantes qu'on a empêchées d'accéder à leurs facultés, de passer un examen ou de récupérer leur "butin" leur prix à la fin de l'année. Je rends hommage à toutes les voilées aux visages angéliques qu'on a chassées du lycée. Je rends hommage à toutes les femmes qui ne trouvaient pas un emploi parce qu'elles étaient intelligentes, compétentes et .. voilées. Je tiens compte de chaque petite larme, de chaque battement de coeur, de chaque sentiment de désespoir, de solitude et de peur qu'a pu ressentir une soeur quelque part sur ma Tunisie dans l'ère ténébreuse de zaba (il ne mérite pas une majuscule). Je rends hommage enfin à tous les tunisiens et tunisiennes, laïques, athées ou musulmans qui ont soutenu un jour, un moment, la cause ne serait-ce que par la pensée, par un geste insignifiant ! Merci à tous les libres penseurs, à toutes les âmes pures assoiffées de liberté et de justice.

Honte à tous ceux et toutes celles qui ont combattu le voile, qui ont fait de lui leur affaire personnelle, leur raison d'exister, c'était bête à pleurer ! Honte à tous ceux et toutes celles qui ont maltraité, persécuté, causé le moindre chagrin à une soeur tunisienne voilée ! J'ai un message pour vous : je ne pardonne pas, je ne vous ai pas pardonné et je ne vous pardonnerai jamais, pour moi et pour toutes les victimes de votre lâcheté ! Car vous avez été lâches et vous le resterez toujours, c'est que ceux qui ne craignent pas Dieu, Dieu les fait craindre de tout ! Et puis on l'a annoncé hier vous savez ? Désormais on peut avoir nos cartes  d'identité avec le voile dessus, vous savez ce bout de tissu dont vous aviez tellement peur  hein ? Voilà vous êtes informés : "l'habit sectaire" est désormais institutionnalisé, maintenant c'est officiel et ça se passe en Tunisie ! Allah est Grand ! Dieu merci ! 

:قال تعالى 

وَعَدَ اللَّهُ الَّذِينَ آمَنُوا مِنْكُمْ وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ لَيَسْتَخْلِفَنَّهُم فِي الأَرْضِ كَمَا اسْتَخْلَفَ الَّذِينَ مِنْ قَبْلِهِمْ وَلَيُمَكِّنَنَّ لَهُمْ دِينَهُمُ الَّذِي ارْتَضَى لَهُمْ وَلَيُبَدِّلَنَّهُمْ مِنْ بَعْدِ خَوْفِهِمْ أَمْنًا يَعْبُدُونَنِي لا يُشْرِكُونَ بِي شَيْئًا وَمَنْ كَفَرَ بَعْدَ ذَلِكَ فَأُوْلَئِكَ هُمُ الْفَاسِقُونَ

(النور 55)


3/22/2011

Laïcité je t'envoie valser

Tout est dans le titre : à quoi bon développer ? Ah oui parce que vous êtes curieux de savoir pourquoi, certains commencent peut être déjà à me coller l'étiquette de fanatique, de bornée ou de je ne sais quoi. Je vais vous dire une chose : je suis hyper dégoutée de ce débat à propos de  laïcité en Tunisie. Vraiment ça me sort par les oreilles, mais je suis dans l'obligation d'en parler hélas, car chaque fois que je décide de m'abstenir, je vois un phénomène qui me tracasse, qui me pousse à parler moi aussi, et crier haut et fort mes envies, l'envie entre autres de rompre avec cette foutue laicité exportée de chez l'occident par manque d'intelligence ou d'imagination ? Par manque de savoir de son islam, de sa religion ! Qu'y a-t-il de positif ou de bon dans la laïcité que l'islam ne nous a pas offert  d'ores et déjà ? Quel est donc votre mérite ? Où réside votre innovation ? Nulle part absolument ! Si ce n'est dans le fait de renier insolemment les lois de Dieu, de lui dire désolé on croit en Vous ô Seigneur, on fait même nos cinq prières, on a peur de Vous, on Vous respecte, mais désolé notre vie on la gère tout seuls,  c'est enre nous et notre petite société civile, on ne va pas revenir 1400 ans en arrière attend, avec la fameuse laicité garante absolue de la liberté, de la démocratie, des droits de l'homme, la religion c'est personnel, la religion pour Dieu et le pays pour tous et toute la panoplie des slogans pompeux, couleur rose bonbon, d'amour, de respect, de tolérance et de liberté, entre autre la liberté de culte. Liberté de culte ! Are you kidding me ? C'est à l'Islam que vous brandissez ce slogan ? Le Coran qui dit : لكم دينكم و لي ديني ?

Mes amis si votre laïcité ne signifiait que : liberté, égalité, respect et tolérance alors il n'y a pas plus laïque que l'islam, et la Terre n'a jamais connu meilleur laïque que le prophète saas et ses compagnons et fidèles. Seulement la laïcité est loin d'être juste cela, ces slogans étant la belle vitrine que vous brandissez à quiconque oserait vous contredire, juste des slogans auxquels vous croyez ou vous vous efforcez d'y croire en sortant manifester. Mais le principe fondamental de la laïcité (vous le connaissez bien) c'est de séparer l'Etat de la Religion, c'est-à-dire vous passer des lois divines et inventer les vôtres humaines avec toutes les imperfections et  les défauts propres à l'Homme. Alors si ce n'est pas de l'insolence, de la perfidie et de l'arrogance vis-à-vis de son Créateur dites-moi ce que c'est ? J'aimerais bien le savoir ! Quels noms donnez-vous à cela ? De quels jolis termes exportés, siliconés usez-vous pour faire avaler cette grossièreté à votre conscience puis à celle des autres ? "évolution", "progrès", "démocratie", .... ? Comme si l'Islam n'offrait pas ces "idéaux" et mieux encore ? Bon, je ne sais pas pour vous mais en tant que musulmane et avec tout l'esprit critique dont Dieu m'a dotée, je ne peux que m'incliner devant des versets tels que : 

قال تعالى في سورة المائدة

44
إِنَّا أَنزَلْنَا التَّوْرَاةَ فِيهَا هُدًى وَنُورٌ يَحْكُمُ بِهَا النَّبِيُّونَ الَّذِينَ أَسْلَمُواْ لِلَّذِينَ هَادُواْ وَالرَّبَّانِيُّونَ وَالأَحْبَارُ بِمَا اسْتُحْفِظُواْ مِن كِتَابِ اللَّهِ وَكَانُواْ عَلَيْهِ شُهَدَاء فَلاَ تَخْشَوُاْ النَّاسَ وَاخْشَوْنِ وَلاَ تَشْتَرُواْ بِآيَاتِي ثَمَنًا قَلِيلاً وَمَن لَّمْ يَحْكُم بِمَا أَنزَلَ اللَّهُ فَأُولَئِكَ هُمُ الْكَافِرُونَ

45
وَكَتَبْنَا عَلَيْهِمْ فِيهَا أَنَّ النَّفْسَ بِالنَّفْسِ وَالْعَيْنَ بِالْعَيْنِ وَالأَنفَ بِالأَنفِ وَالأُذُنَ بِالأُذُنِ وَالسِّنَّ بِالسِّنِّ وَالْجُرُوحَ قِصَاصٌ فَمَن تَصَدَّقَ بِهِ فَهُوَ كَفَّارَةٌ لَّهُ وَمَن لَّمْ يَحْكُم بِمَا أَنزَلَ اللَّهُ فَأُولَئِكَ هُمُ الظَّالِمُونَ

46
وَقَفَّيْنَا عَلَى آثَارِهِم بِعِيسَى ابْنِ مَرْيَمَ مُصَدِّقًا لِّمَا بَيْنَ يَدَيْهِ مِنَ التَّوْرَاةِ وَآتَيْنَاهُ الإِنجِيلَ فِيهِ هُدًى وَنُورٌ وَمُصَدِّقًا لِّمَا بَيْنَ يَدَيْهِ مِنَ التَّوْرَاةِ وَهُدًى وَمَوْعِظَةً لِّلْمُتَّقِين

47
وَلْيَحْكُمْ أَهْلُ الإِنجِيلِ بِمَا أَنزَلَ اللَّهُ فِيهِ وَمَن لَّمْ يَحْكُم بِمَا أَنزَلَ اللَّهُ فَأُولَئِكَ هُمُ الْفَاسِقُونَ


و أنزَلْنَا إِلَيْكَ الْكِتَابَ بِالْحَقِّ مُصَدِّقًا لِّمَا بَيْنَ يَدَيْهِ مِنَ الْكِتَابِ وَمُهَيْمِنًا عَلَيْهِ  فَاحْكُم بَيْنَهُم بِمَا أَنزَلَ اللَّهُ وَلاَ تَتَّبِعْ أَهْوَاءهُمْ عَمَّا جَاءَكَ مِنَ الْحَقِّ لِكُلٍّ جَعَلْنَا مِنكُمْ شِرْعَةً وَمِنْهَاجًا وَلَوْ شَاء اللَّهُ لَجَعَلَكُمْ أُمَّةً وَاحِدَةً وَلَكِن لِّيَبْلُوَكُمْ فِي مَا آتَاكُم فَاسْتَبِقُوا الْخَيْرَاتِ إِلَى اللَّه مَرْجِعُكُمْ جَمِيعًا فَيُنَبِّئُكُم بِمَا كُنتُمْ فِيهِ تَخْتَلِفُونَ

49 وَأَنِ احْكُم بَيْنَهُم بِمَا أَنزَلَ اللَّهُ وَلاَ تَتَّبِعْ أَهْوَاءهُمْ
وَاحْذَرْهُمْ أَن يَفْتِنُوكَ عَن بَعْضِ مَا أَنزَلَ اللَّهُ إِلَيْكَ فَإِن تَوَلَّوْا فَاعْلَمْ أَنَّمَا يُرِيدُ اللَّهُ أَن يُصِيبَهُم بِبَعْضِ ذُنُوبِهِمْ وَإِنَّ كَثِيرًا مِّنَ النَّاسِ لَفَاسِقُونَ

أَفَحُكْمَ الْجَاهِلِيَّةِ يَبْغُون
 وَمَنْ أَحْسَنُ مِنَ اللَّهِ حُكْمًا لِّقَوْمٍ يُوقِنُونَ 


C'est exactement cela : qui peut prétendre être meilleur juge, meilleur connaisseur que Dieu qui l'a créé et en qui il croit ?! N'est-ce pas de la schizophrénie pure et dure et au sommet de son "art" ? Car dès le départ je m'adressais et je m'adresse aux musulmans, que tous les athées, agnostiques et autres ne se sentent pas concernés par mon "discours" (mais tout à fait libres de lire et de réagir).

Et les versets sont encore nombreux dans ce sens, je me demande ce que vous en faites ? Vous allez me répéter comme des perroquets qu'il n'y a pas une seule interprétation du texte coranique ... eh bien je vous réponds encore et toujours par le Coran mes chers frères musulmans :
قال تعالى في سورة آل عمران

 هوَ الَّذِيَ أَنزَلَ عَلَيْكَ الْكِتَابَ مِنْهُ آيَاتٌ مُّحْكَمَاتٌ هُنَّ أُمُّ الْكِتَابِ وَأُخَرُ مُتَشَابِهَاتٌ فَأَمَّا الَّذِينَ في قُلُوبِهِمْ زَيْغٌ فَيَتَّبِعُونَ مَا تَشَابَهَ مِنْهُ ابْتِغَاء الْفِتْنَةِ وَابْتِغَاء تَأْوِيلِهِ وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلاَّ اللّهُ وَالرَّاسِخُونَ فِي الْعِلْمِ يَقُولُونَ آمَنَّا بِهِ كُلٌّ مِّنْ عِندِ رَبِّنَا وَمَا يَذَّكَّرُ إِلاَّ أُوْلُواْ الألْبَابِ

Besoin d'expliquer ou puis-je compter sur votre intelligence, votre honnêteté ou simplement votre curiosité ? Dieu n'est-Il pas Juste pour nous laisser un livre qu'on ne saurait comprendre ? Va-t-Il nous laisser nager dans un brouillard épais et puis nous juger ? Tout n'est pas clair certes, il y a une bonne marge d'ijtihed, mais l'essentiel, le fondamental est là. Il est bien clair, écrit noir sur blanc, et les oulémas imminents, dignes de confiance ne manquent pas, que ce soit les contemporains ou les anciens. Alors dites le moi : quel camp choisissez-vous ? Musulmans ou Croyants ? Car écoutez bien ceci :

قال تعالى في سورة الأحزاب


وَمَا كَانَ لِمُؤْمِنٍ وَلَا مُؤْمِنَةٍ إِذَا قَضَى اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَمْرًا أَن يَكُونَ لَهُمُ الْخِيَرَةُ مِنْ أَمْرِهِمْ وَمَن يَعْصِ اللَّهَ وَرَسُولَهُ فَقَدْ ضَلَّ ضَلَالًا مُّبِينا

Il a bien dit "croyant" et non pas juste "musulman", à méditer ...

Alors, soyons conséquents : pourquoi vouloir appliquer un concept qui n'a pas sa place dans un pays majoritairement musulman ? Où sont les ethnies, les races et les différentes religions ? Bien sûr il y a des juifs et des chrétiens, que je salue au passage, mais c'est dans une infime proportion. On les respecte, personne ne touchera à leurs droits en tant que citoyens tunisiens comme vous et moi, mais tout cela est dans l'esprit même de l'islam, alors pourquoi vouloir s'en débarrasser ? Pourquoi toute cette islamophobie déguisée dans la modernité et l'évolution ? Comment est-ce que l'islam est devenu si étranger, si controversé sur sa propre terre et quand ? Je me sens triste en écrivant ces lignes, c'est à croire qu'on aurait besoin d'un nouveau Ukba Ibnou Nefâa, voilà l'oeuvre de plus de cinquante ans de laicité injuste face à la religion. L'islam persécuté à travers les "barbus et les voilées", combien de fois j'ai pleuré, combien de fois on m'a fermé la porte au nez, combien de fois on m'a menacée harcelée, emmenée en voiture pour "signer" , tel un criminel ou un attardé ?! Pourquoi aujourd'hui encore je n'ai pas le droit de mettre une photo avec le voile sur ma pièce d'identité ? Où êtes-vous défenseurs des droits de l'homme, des droits pour tous, où sont mes droits ? Il y a dix jours quand je rentrais de Turquie et que le jeune homme vérifiait mon passeport vous n'avez pas une idée de l'humiliation que j'ai sentie, de le voir me contempler un moment la tête voilée, puis de regarder ma photo la tête découverte ! Pourquoi ? Parce que Bourguiba a décidé qu'il allait se placer en tuteur de la femme et lui enlever son voile, on connait tous cette scène ! Et que son successeur Zin les voleurs, a suivi le chemin tout tracé. Et que personne ne s'avise de défendre Bourguiba car je suis déjà bien consciente de tous ses mérites mais pour moi il a fait plus de mal que de bien hélas.

Cela m'ennuie de perdre le fil de mes idées et de parler de personnes : moi, Bourguiba ... c'est de l'ancienne histoire tout ça. Restons concentrés : aujourd'hui les tunisiens sont divisés à cause de la laïcité, une notion en somme plus compliquée et diverse qu'elle n'en a l'air, demandez aux experts. Aujourd'hui mes amis, on veut tous la même chose : que notre pays prospère, s'épanouisse, que notre société puisse récolter les fruits de la révolution pour que dans quelques années nous bâtissions l'avenir solide de nos enfants et des futures générations. Alors pourquoi se déchirer à cause d'une notion préfabriquée qui ne garantit rien en fait, traduisez-moi cela en un programme politique, un parti sérieux et un candidat digne de confiance. 

Je ne comprendrai jamais qu'un tunisien me dise : salut je suis musulman et laique, ça me dépasse, la laicité c'est du kofr, c'est comme si tu disais à Dieu : je refuse de suivre tes ordres, et ce n'est pas moi qui le dis, renseignez-vous, cultivez-vous religieusement, creusez encore et encore, faites votre opinion par vous-mêmes, nagez pour une fois contre le courant ! N'écoutez personne même pas moi, écoutez l'appel de votre coeur, de votre conscience, relisez le Coran et vous verrez par vous-mêmes, vous verrez qu'on ne peut être musulman et laique, ça sonne comme une mauvaise note et ça me rappelle une réplique de l'incontournable Dieudonné, dans "Mes excuses" quand il interprétait le personnage d'un invité à un plateau de télé: "Je suis juif, français, laique et athée", c'est à en mourir de rire ! Mais maintenant je n'ai pas envie de rire, ni même de sourire, l'heure est grave, je dois me resaisir.

J'ai déjà trop parlé excusez moi, je termine par cela, des vers que je dédie à vous, mais surtout à moi :
تعصي الإله وأنت تظهر حبه          هذا محال في القياس  بديـع 
لو كان حبك صادقاً لأطعتـه            إن المحب لمن يحب مطيـع 
 في كل يومٍ يبتديـك  بنعمـةٍ             منه وأنت لشكر ذاك  مضيع  

3/20/2011

Désenchantement à Istanbul



Avant toute chose je tiens à signaler qu'il ne faut pas vous fier au titre, Istanbul a été un vrai, un total enchantement pour moi. Désenchantée n'a jamais été aussi enchantée de sa vie, c'est juste que je vais dire ici ce qui ne m'a pas plu en Turquie. Parce que le parfait n'existe pas et que je ne peux pas me défaire de mon oeil critique .. qui me joue des tours, qui me fatigue..

Alors ce que je n'ai pas aimé en Turquie c'est avant tout la langue. Je n'avais jamais imaginé que la langue turque était aussi désagréable, incompréhensible, elle ressemble au russe il me semble, en tout cas je n'ai appris aucun mot turc durant tout le voyage. La seule chose que j'ai apprise c’est qu'Erdogan se prononce Erdoan voilà. J'ai appris cela dans le cadre d'un débat auquel on s'est livrés avec le guide dans la belle Mosquée de Soliman le Magnifique, c'était au quatrième jour du voyage, quand on s'est débarrassé de notre guide Kamel, trop paresseux qui parlait au compte goutte, qui n'aimait pas trop les questions, et qui en plaisantant ridiculisait son pays pour faire plaisir à une bande de retraités français. Voilà une chose que je n'ai pas aimée ! Il était quand même assez sympathique, c'est du reste son seul mérite. Je disais donc qu'au quatrième jour du voyage on a eu droit à un excellent guide qui n'arrêtait pas de parler au plaisir des uns et des autres car tout ce qu'il disait était intéressant surtout quand il a évoqué  la fameuse laïcité, l'occasion pour moi de dire à ce vieux couple français que la laïcité à la française est une laïcité athée qui combattait l'islam et la religion en général. Ils n'étaient pas très contents bien entendu mais je salue leur calme. Cela m'a fait très plaisir de pouvoir discuter de laïcité, de géopolitique, de l'avenir de la Turquie, de son intégration fatale (selon le guide) à l'UE .. avec un groupe de personnes de différentes nationalités, religions et backgrounds. Ce contact humain, cette discussion animée, cet échange avec l'autre dans cette mosquée splendide où je voyais ma petite nièce gambader et courir de toutes parts si enchantée et si heureuse .. voilà l'un des moments forts de ce voyage. Cela m'a tellement changée des discussions virtuelles sur les forums tunisiens avec une bande de pseudonymes cachés derrière des avatars. Cela m'a fait vraiment plaisir,  Dieu merci ! 

Difficile après ça d’enchaîner avec les petits trucs débiles que je n'ai pas aimés en Turquie, par exemple le système d'arrosage par derrière aux toilettes pas si efficace d'ailleurs ou  la qualité de l'eau de robinet à l'hôtel encore moins le fait que j'ai été déçue de ne pas trouver l'ombre de Mouhannad dans les rues d'Istanbul, apparemment c'est un cas particulier car les turcs m'ont semblé très ordinaires physiquement, aussi ordinaires que mes compatriotes ce qui explique l'effet que m'a produit le mannequin dont je vous ai parlé l'autre fois.  Ah oui je n'ai pas aimé la cuisine turque ! Leur pain n'a pas de goût, notre Hrissa nationale m'a trop manqué, mais ça change complètement quand on se penche du coté des sucreries : la baklawa par exemple, un pur délice! Enfin j'ai constaté avec regret le mode de vie si occidental  des turcs, c'est un pays à 99% musulman mais les nombreuses mosquées, si magnifiques soit-elles ne sont pas bien peuplées, pour ne pas dire quasiment désertées. Je n'ai pas vu beaucoup d'islam en Turquie, même les rares voilées que j'ai croisées ont une drôle de façon de mettre le foulard, parfois en augmentant le volume de leur tête comme si elles voulaient attirer l'attention plutôt que de passer inaperçues. Mais je n'oublierai jamais non plus ces belles collégiennes que j'ai vues courir sous la neige avec leur voile à la turque, des petits anges qui se précipitaient dans leur joli uniforme, cartable au dos, sourire aux lèvres, j'ai adoré ! J'ai beaucoup aimé aussi ce jeune adolescent qui lorsque je me précipitais en courant sur un pont est venu avec son violon me jouer un air envoûtant, je l'ai laissé hélas car je n'avais pas d'argent et que je devais rattraper mes compagnons, mais je me suis rappelée ensuite que j'avais une petite pièce de monnaie, 1 euro voilà tout ce que j'avais. Alors j'ai fait demi tour, j'ai lancé la pièce orpheline dans le coffre et le pauvre garçon a repris son violon et s'est remis à l'oeuvre, mais encore une fois j'ai dû le laisser, le coeur serré, j'aurais tant aimé l'écouter, le prendre en photo et l'encourager, mais je n'avais pas le temps et je n'ai pas osé. Mon garçon ce soir en Tunisie une fille pense à toi, son coeur vole du côté de ce pont froid d'Istanbul où tu luttes chaque jour pour gagner ta vie, où tu passes le temps à jouer tes mélodies, en espérant que passera un touriste pas trop pressé pardi ! 

Je me souviens bien aussi que dès les premiers jours à Istanbul j'ai souhaité intérieurement être une vraie turque et non une turque du côté de mon père, parce que mon arrière grand père était venu comme officier conquérir la Tunisie, la Tunisie qui a fini par le conquérir puisqu'il y est resté, pour que je puisse y voir le jour .. un jour et vivre assez longtemps pour voir mon peuple déclencher la meilleure des révolutions, révolution arabe sans nationalité, partout qui s'est propagée, tel un effet de dominos ou une flamme olympique, de mon petit pays a surgi le plus grand feu jamais vu et depuis le monde n'a cessé de vibrer sous les rythmes endiablés et hélas ensanglantés de la plus révolutionnaire des révolutions, signée l'Internet génération ! J'étais trop fière de répondre "Tunisie" quand on me demandait d'où je venais et je répétais toujours la même phrase quand on me demandait si ça allait, je disais : ça va très bien, on est très contents de notre révolution, les choses s'améliorent petit à petit, Dieu merci ! 

C'est donc en me rappelant de mon pays arabe et musulman, du fait que j'ai l'immense privilège de pouvoir lire le Coran dans sa version originale, la meilleure, que je me suis dit non jamais, je suis fière d’être arabe et la Turquie a beau être belle, ma Tunisie l'est encore plus mais à sa façon ! La Turquie si moderne, si européenne parfois asiatique et si riche, je voyais le luxe et la modernité dans les moindres détails de ma journée, dans les wc où le flash se déclenche tout seul à l'entrée comme à la sortie, où tout est automatique, économique et propre, dans le métro qui s'arrête, qui ferme les portes et attend, tu appuies sur un bouton les portes s'ouvrent, tu montes tranquillement, sans contrôleur tu es face à ta conscience tu peux payer ton jeton ou non, rendre le citoyen le plus autonome possible voilà ma conclusion. Et ma soeur m'a dit: j'aimerais tellement vivre ici c'est magnifique ! Mais je lui ai dit que non, notre pays deviendra ainsi et encore mieux sûrement, quand je vois tout cela je pense encore plus à ma Tunisie et je me dis que c’est à nous aujourd'hui et maintenant de construire notre avenir, ce beau rêve d'une Tunisie verte belle et propre, d'une Tunisie civilisée et moderne, musulmane, compétente, développée, épanouie, évoluée ! Non ma soeur chérie, au contraire ce que nous voyons là cela doit nous motiver pour redoubler d'effort, pour travailler, pour nous rendre les plus utiles possible à notre pays, à notre patrie, oui c’est à la sueur du front qu'on deviendra comme la Turquie, et non en se lamentant sur notre sort ! On a déjà fait un grand pas en éliminant le symbole de la corruption et de la dictature mais le plus dur reste à faire et il nous faudra des années pour bâtir la Tunisie de nos rêves ! La Turquie c’est très beau, c'est splendide, mais la Tunisie c’est mon pays que j'aime et que je serai honorée de servir ! Puisse Dieu m'en donner l'occasion à moi, à toi à tous ici, là bas, aujourd'hui et demain, mais surtout maintenant, à l’instant, en ce moment ! Tunisie je t’aime ! 

3/17/2011

Enchantement à Istanbul



Comme lors de mon précédent voyage en Arabie Saoudite il y a tout juste un an, j'ai emmené avec moi mon petit carnet pour y noter les évènements de la journée. Cette fois je m'envolais vers la Turquie, en compagnie de ma soeur jumelle, de son mari et de ma blondinette aux yeux bleus, ma nièce chérie avec laquelle j'allais partager mon lit. J'ai essayé de griffonner quelques notes au début mais j'ai vite laissé tomber, je n'avais pas le temps ni la possibilité de faire cet exercice délicat, je partageais mes soirées avec ma petite d'un an et demi, et puis à quoi bon essayer d'énumérer les détails de ma journée, où suis-je allée, combien de temps j'ai passé à m'émerveiller devant une statue, une église ou une mosquée ? Le jardin d'un grand palais, la grandeur et la beauté de cette ville incroyable mais vraie ? Y a-t-il vraiment des mots pour décrire autant d'amour, de gloire et de beauté partout où je vais, dans les ruelles des îles des Princes, ou sur les rives du Bosphore, dans cette chambre d'hôtel même où j'aime bien le son de mes pas sur le plancher de bois ?! Non la Turquie c'est à voir, Istanbul c'est à aimer, à chérir, à déguster, je n'ai pas la prétention de pouvoir la décrire, d'ailleurs dans les meilleurs châteaux à l'intérieur c'est interdit de filmer, ou de photographier, un coup de marketing ou pour protéger ces  trésors monumentaux qui attestent de la grandeur des hommes qui nous ont précédés ? Peut être bien les deux, mais j'en suis ravie, car ce genre d'endroit il faut qu'on y soit pour en apprécier la vraie grandeur et l'incroyable somptuosité ! Aucune photo ne saurait traduire ce que l'on ressent de s'y trouver, ce qu'on découvre au fil des couloirs, des escaliers et des portes, parfois ouvertes parfois fermées, interdites d'accès ! A quoi me sert de vous parler de ces grands tableaux, de ces portraits d'une reine, d'un prince ou d'un roi, ces yeux qui vous regardent, qui sont intacts et qui ont froid, cette peau d'ours qui gisait là, ce piano magnifique, ces portes, ces rideaux de trois ou quatre mètres de haut, cette sensation que l'on a d'entendre le froufrou des robes longues des femmes au harem, les imaginer en train de bavarder dans cet immense salon ou dans la chambre à côté occupées à apprendre le Coran! Mon Dieu c'est une haute trahison que de vouloir décrire cela, non je m'abstiens, je m'incline et je me tais. Je vous souhaite à tous d'y assister, à ce spectacle incroyable où la beauté est extrêmement belle, la richesse infiniment riche et l'énormité tout simplement énorme, .. si ce n'est déjà fait ! 

J'ai décidé donc de ne rien écrire là bas et de laisser libre cours à mes pensées une fois de retour à mon pays. Alors me voici, de retour en Tunisie, mais la Turquie vit en moi. Je n'oublierai jamais la première matinée à l'hôtel, quand ma sœur est venue écarter les rideaux et me montrer la neige, de la neige fine comme du coton, venant du ciel déferlant, sous nos regards émerveillés, reconnaissants ! Je n'oublierai jamais ce défilé de mode dans l'un des meilleurs centres de cuir, où j'étais confortablement assise à siroter du thé si chaud et si bon tout en regardant défiler sous mon regard amusé mais exigeant ces mannequins femmes et..  hommes heureusement, puis  l'un d'eux qui s'est occupé de moi si bien que j'ai  fini par acheter un manteau à 400 euros, 80% de mon budget dès la première journée! Et oui j'ai succombé à ses yeux bleus, ses mèches grises, son sourire doux et son anglais approximatif qui le rendait encore plus adorable (allons j'arrête, le manteau était superbe aussi).Et puis oublierai-je jamais cette croisière sur le Bosphore par ce temps fou de neige et de vent, quand j'ai laissé les gens bien au chaud et j'ai tenu bon à me photographier avec le drapeau, mes doigts meurtris grelottant, ces châteaux, ces belles maisons sur les rives, ce vol d'albatros qui m'a offert un spectacle des plus beaux, des plus charmants ! Je criais, je sautais, je ne pouvais pas contenir ma joie, elle débordait et se déversait dans cette eau vert gris sous un ciel blanc ! Non je n'oublierai rien de ce beau mauvais temps aussi fou que ma jeunesse, que mes 28 ans, cette visite à un vieux magnifique château quand la grêle s'abattait sur nous , que tout le monde était sens dessus dessous mais je m'en moquais éperdument, mes photos il faut que je les prenne, mes moments il faut que je les savoure pleinement, cet air glacial il faut que je le respire à plein poumons, ce gigantesque arbre imposant il faut que j'en emplisse mes yeux fous d'admiration, cette nature déchaînée, pleine de vie, folle à lier, il faut que j'en profite ici même, en ce moment,  qu'ils m'attendent un peu ces vieux touristes ringards installés déjà au bus, je m'en fous j'adore le temps fou, laissez moi danser la danse du loup ! 

Je ne peux pas vous narrer tous les beaux moments que je n'oublierai jamais, autant vous raconter tout le voyage, vous risquerez de vous ennuyer d'ennui et puis surtout de jalousie. C'est vrai d'entendre cela ça donne envie ah la Turquie .. ! 22 millions de touristes chaque année, 40 % des femmes ont moins de 20 ans (ça fait rêver hein messieurs vous approuvez ) ! Un peuple jeune 70% de moins de 30 ans, cela se voit à l'œil nu et puis Istanbul c'est 15 millions d'habitants, Istanbul la belle entre l'Asie et l'Europe, Istanbul l'éternelle,  mais tout ne m'a pas plu en Turquie vous savez ? Allons parlons en ! Enfin pour la prochaine fois j'ai déjà trop parlé dis donc ! 

3/14/2011

Lettre à Lili



Petite soeur je te rends hommage
Je me sens maladroite, je ne trouve plus les mots mais je m'engage
A faire cet exercice délicat
Pour te dire combien tu comptes pour moi
Combien tu me manques parfois, même quand tu es là
Moi j'étais seule, un peu perdue et Dieu m'a fait cadeau de toi

Petite soeur m'entends-tu ?
J'étais trop seule, j'étais perdue
Je le suis encore par moments
Mais je n'ai plus peur à présent
Car je sais que ma petite Lili est là prête à m'écouter
A sécher mes larmes, à me consoler
A jouer à la grande soeur avec moi et me conseiller
A me tirer les oreilles s'il le faut et me guider

Quand je m'ennuie je n'ai qu'à te le dire
Par sms, Facebook, par un appel, tu sais me redonner le sourire
Alors j'envoie tout valser : ma solitude, ma lassitude et mes soupirs
Lili est là, une fille sympa, bien dans sa tête
Elle a des principes solides et des concepts
Quand elle s'envole, rien ne l'arrête
Vous avez beau essayer, elle ne retournera jamais sa veste

Fan de science et de lecture
Elle est chaque jour un peu plus ouverte et mûre
Forte de caractère, parfois têtue mais toujours intelligente
Elle porte la Palestine dans son coeur, son âme est consciente
Elle milite pour la bonne cause, elle répond toujours présente
Elle pleure parfois sa Tunisie
Mais garde toujours espoir et agit
Qu'elle parle ou qu'elle écrit
Qu'elle se taise ou qu'elle sourie
Elle sait convaincre et toucher
Ceux qui comme moi, ont le privilège de l'écouter
Car quand elle parle, Lili est rigoureuse et consistante
Elle sait trouver les bons arguments, elle est pertinente
Elle sait conjuguer Islam et modernité
Elle a l'esprit ouvert, elle est tolérante
Lili est douce, généreuse et charmante

Lili est médecin
Aider les gens, sauver des vies c'est son destin
Lili est jeune, il lui reste encore du travail
Il lui reste encore du chemin
Parfois paresseuse, mais persévérante, elle réussira inchAllah un beau matin
Et à chaudes larmes, le coeur battant, elle remerciera le Divin

Lili chérie je ne t'ai jamais rencontrée hélas
J'attends avec impatience le jour où je pourrai te serrer la main et te faire face
Je t'ai connue comme d'autres amis grâce à un forum
Puis Facebook et tout ce qui finit par ".com"
Génération Internet, on nage dans le virtuel
Mais ta voix est si sincère quand elle me vient de l'autre bout du tél
Tes mots sont tellement doux et réconfortants quand je t'appelle
Par une nuit froide où je redeviens une petite fille qui sort tout juste de la maternelle
On nage dans le virtuel, mais ton affection est bien réelle
Une amie attentionnée, sensible et fidèle

Lili tu me connais aujourd'hui mieux que tous mes amis
Que dis-je ? Mieux que ma famille
A toi je peux tout dévoiler
Tu sais bien garder mes secrets
Alors je n'ai d'autre choix que de t'aimer et te respecter
Pour l'amie fidèle que tu es
Pour la petite soeur ma complice et alliée
Pour la musulmane corps et âme que tu es
Pratiquante, consciente et engagée
Pour la fille douce, calme et spontanée

Lili tu rougis ?
Laisse moi dire la vérité 
A toi d'abord puis au monde entier
Pardon ? 
Tu veux que j'arrête ? 
Tu as peur d’attraper la grosse tête ?
Lili tu es émue ? 
Moi aussi tu sais, je suis soulagée
Cela fait longtemps que je voulais t'écrire
Ici même sur la Désenchantée
Voilà qui est fait, je crois que je n'ai plus rien à dire
Les mots me fuient et comme au début
Je me sens maladroite, j'ai les mains moites
Alors au final, j'ai envie de te souhaiter 
Tout ce qu'il y a de bon, de beau, de doux pour l'éternité
J'espère de tout coeur te retrouver au Paradis
Quand tu me souriras et moi aussi...
Nous sourirons ensemble inchAllah jusqu'à l'infini !
  

Poème entamé je ne sais plus quand, achevé début mars, publié aujourd'hui pour rendre hommage à une amie, ma Lili à moi, elle s'appelle Leila.

Cher journal

Cher journal En ce temps de sécheresse artistique et d'absence de vrais tourments et de réels "problématiques" dans ...