8/31/2010

La Prière c'est merveilleux, la Pub c'est encore mieux

Les évènements de cette histoire se passent au mois de ramadan de l'année 1431 correspondant au mois d'août 2010 dans un pays vert aux couleurs mauves situé à l'extrême Nord de l'Afrique, appelé la Tunisie. Une famille typiquement tunisienne a finit son dîner juste après la rupture du jeûne, et la plus jeune des sœurs s'est installée devant la télé pour suivre son feuilleton favori à la bande annonce très alléchante d'après ce qu'on dit ! Une bande annonce "avion" (mot très courant dans le jargon tunisien mais dont l'origine est encore plus mystérieuse que le monstre du Loch Ness). La sœur ainée est venue terminer son diner au salon pour échapper à cet acteur qui dans l'autre télé continuait avec ses grimaces burlesques et ses manies usées empruntées à son ex rôle de psychothérapeute plutôt psychopathe (un rôle dont il n'a pu se défaire visiblement),  entouré d'autres acteurs (et actrices) les uns plus insupportables que les autres dans ce qui se veut être un sitcom sympathique et réussi mais qui n'est  en fait que l'incarnation même de la médiocrité et de la constipation artistique. Donc pour échapper à ce spectacle désolant, la grande sœur a quitté la salle à manger où la télé ne proposait que les couleurs mauves du canal 7 (comme au bon vieux temps) et a rejoint sa petite sœur qui était scotchée devant son "njoum elil" quotidien !  

Un feuilleton dont les rares séquences que la grande sœur a vues trahissent du copiage/collage aveugle à la célèbre série américaine Prison Break. Ils ont tout copié même la méchante criminelle, belle et cruelle, branchée et habillée en cuir noir qui mène des hommes par le bout du nez. Mais enfin ce n'est pas le sujet, (bon je vais continuer avec la première personne du singulier de toute façon vous l'avez compris : la grande fille c'est moi ). J'ai dit que ce n'est pas le sujet, les feuilletons j'en ai rien à cirer, je ne les regarde même pas parce que je refuse cette dépendance et pour d'autres raisons encore plus graves ! Bon on a interrompu la diffusion du feuilleton pour nous gaver de dix minutes ou plus de pub (et ce n'est que la première escale ). Enfin tout était normal, de la médiocrité comme on aime, rien à signaler jusqu'au moment où en plein feuilleton une horrible, étrange, totalement imprévue et indomptable bande a surgit en bas de l'écran et a commencé à défiler horizontalement avec cette inscription dessus : 

"حان الآن موعد الأذان لصلاة العشاء حسب التوقيت المحلي لمدينة تونس و ضواحيها"

Et là je suis tombée des nues, comment ? Je ne vois pas de pelouse, ni des hommes courant derrière un ballon, ni des foules sifflant un penalty, ni un arbitre menacé de mort, n'est-ce pas le décor habituel pour voir cette petite file en bas de l'écran ? quand il y a un match de foot en direct ? Comment ne pas passer les deux minutes de l'appel à la prière en plein mois de Ramadan alors qu'on nous sert de la Pub des heures par jour durant ? Comment est-on arrivé si bas ? J'ai cherché une explication et j'ai vite compris qu'il n'y a pas de temps à "perdre" pour de "la prière", tout est calculé, tracé, bien préparé, chaque milliseconde a sa valeur, il faut libérer le maximum d'espace pour la Publicité. Le temps c'est de l'argent on ne joue pas avec ça, on a  des engagements, c'est pas de la rigolade, c'est un business sérieux la Pub ! On est une société de consommation, on n'est pas spécialement spirituel ! Arrêtes de te voiler la face Imen avec ça ! Le business c'est le business, Ramadan c'est un mois commercial par excellence la prière ben c'est dans la mosquée, mais à la télé on n'a pas le temps pour ça, va chercher bonheur ma fille ! Le message est clair : la prière c'est beau, c'est bien, c'est merveilleux mais la pub c'est encore mieux ! Un jour tu grandiras et tu comprendras !

8/24/2010

L'insoutenable légèreté de l'amitié


L'enfer c'est les autres ! Disait Jean Paul Sartre, mon Sartre ô que je suis d'accord avec toi ! Je ne sais pas si tu détestais la société autant que moi aujourd'hui mais en tout cas t'as bien raison : l'enfer c'est les autres ! Chacun le dira à sa façon, moi je ne m'extrais pas des "autres", je ne me prends pas pour une sainte, j'ai mes défauts et mes qualités comme vous, comme les "autres", des défauts comme par exemple la nervosité ! Oui je suis née avec, tous ceux qui ont été là quand j'étais petite me l'ont confirmé, de feu mon grand père, à ma mère en passant par ma tante, mes oncles, mon père, tout le monde est d'accord sur une chose : Imen est hypernerveuse, Imen ne se laisse pas faire (voilà maintenant vous connaissez mon prénom), Imen qui crie très haut, qui  pleure très fort ! Surtout comparée à ma sœur jumelle, qui était calme et douce je paraissais comme un vraie petite diablesse, avec des yeux pleins de ruse et un sourire pas très innocent !

Aujourd'hui cette "diablesse" a grandi, trop grandi, elle est passée par la maternelle, l'école, le collège, le lycée, la faculté, le boulot, la faculté, encore le boulot, mais rien ne l'a jamais préparé aux "autres", on ne lui a jamais enseigné à l'école que parmi les "autres", il y en a qu'on aime mais qui nous rendent triste et malheureux, on ne lui a jamais administré étant petite un vaccin anti-dépression/déception/nervosité, anti-folie à la fin ! Car quand elle se fâche, Imen devient folle, mais n'ayez pas peur il parait que c'est le cas pour tout le monde : la colère est un état de folie !

Maintenant grâce à quelques petites expériences dans la vie, j'ai appris à mes dépends entre autres débilités évidentes que : "il n' y a pas d'amis, il n'y a que des moments d'amitié" ! Bon avant j'adorais ta citation mon cher Jules mais récemment je suis arrivée à la conclusion que tu étais trop optimiste en parlant d'amitié ! Moi je dirais  plutôt : "il n'y a pas d'amitié, il n'y a que des gens qui parfois se comportent comme des amis". Hein qu'est-ce que t'en dis ? Quoi ? Tu trouves ma version trop triste ? Ben la vérité l'est encore plus mon cher, moi aussi je trouve ça triste, mais je préfère y croire plutôt que d'essuyer encore une fois d'autres déceptions, surprises désagréables, désillusions ! Tu me connais c'est moi l'éternelle désenchantée mais j'en ai marre à la fin de ce statut ! Et puis surtout à mon âge j'ai plus le droit à ces erreurs infantiles, puériles, débiles qui me font rougir ! je suis pas une débutante dans la vie, je dois me ressaisir, à quoi bon verser des larmes pour des gens qui ne s'en doutent même pas ? A quoi bon me faire du mauvais sang pour des gens complexés, rancuniers en manque de confiance et d'identité ? A quoi bon me précipiter dans cet abime de déceptions de la part de quelques êtres anonymes ? Des gens que j'ai connu essentiellement à travers un avatar, un commentaire sur FB, un pseudonyme ? N'ai-je pas honte de moi même de ce 8 qui va prendre la place du 7 à droite du 2 dans ce compte à rebours vers la tombe, pour le voyage ultime ?

Non je vais arrêter de pleurer, de pleurnicher, de me casser la tête sur les murs de "FB", je vais arrêter de me plaindre, de demander de l'aide, de réanimer ce corps mort depuis des siècles, depuis la nuit des temps et qui s'appelle amitié ! L'amitié quelle insoutenable légèreté, il y en a qui s'envolent, qui s'évaporent au premier coup de vent léger, alors moi j'en ai marre des mauvaises surprises, il est grand temps, d'essuyer mes larmes, de fermer mon cœur, de ne l'ouvrir qu'à ceux qui en estimeront la juste valeur !

Allez chante Mary J : no more pain, no more games, no more drama in my life,  no more, no more ..

PS. je ne déteste pas la société, c'était juste une façon de parler, un coup de gueule d'une âme pour la énième fois désenchantée !

8/05/2010

Jeune demoiselle recherche un mec mortel

Jeune demoiselle recherche un mec mortel, un mec qui pourra me donner des ailes, un mec fidèle qui n’a pas peur qu’on l’aime donc si t'as les critères  laisse-moi ton email… rassurez vous je ne suis pas en train de faire une annonce de mariage, I'm not that desperate (rires)  j’étais juste en train de fredonner une chanson de Diams, cette rappeuse française qui s'est convertie à l'Islam. J'aime bien cette chanson légère aux paroles farfelues et je me suis dit : pourquoi pas moi ? Pourquoi ne ferais-je pas le même exercice que Diams : dresser mon portrait du mec "parfait" ? Voilà un article que j'ai "commencé"  le 09/02/2010 et que j'ai toujours voulu terminer, ce soir je suis décidée à en finir, histoire d'en rire un jour peut être quand je le montrerai à celui qui sera mon compagnon pour la vie ! Allez je me lance et je vous préviens que je commencerai par le refrain de la chanson originale, je l'aime bien !

Jeune demoiselle recherche un mec mortel, 
Un mec qui pourra me donner des ailes, 
Un mec fidèle qui n’a pas peur qu’on l’aime,
Donc si t'as les critères  laisse-moi ton e-mail
Mon mec à moi m'aimera éperdument


Mon mec à moi est gentil, c'est mon ami le meilleur
 Celui avec qui je partage mes forces, mes faiblesses, mes douleurs
Mon confident, le trésorier de mon coeur
Gardien fidèle de mes secrets, il en apprécie la valeur
Il aimera mon âme toute nue sans retouches, sans peur
Il respectera ma fragilité, ne se moquera jamais de ma sensibilité, de ma pudeur
Fera preuve de patience face à mes sauts d'humeur 

Dans mes rêves mon mec est toujours là
Fou amoureux de moi
Attentif à mes pensées, à mes désirs, à mes émois
Ses égards,  son affection, sa tendresse, il ne les comptera pas
Seul l'amour et la compréhension régneront entre lui et moi
Nous aurons notre amour pour seul juge, pour unique loi
Rien ni personne ne pourra ébranler nos liens sacrés et notre foi
En nous-mêmes, en notre union, en Allah

La vie ne manquera certainement pas de nous montrer son visage laid
De nous souffler son air froid
Mais notre bateau au milieu de l'orage survivra
Des plus hautes vagues, de leur folie, il triomphera
 Notre drapeau dans les airs flottera
Le vent nous prendra dans ses tourbillons parfois
Mais nous continuerons à marcher main dans la main, tout droit
Forts de notre amour, de notre foi
Eux seuls guideront nos pas

Mon mec à moi est très religieux
Musulman pratiquant et vertueux
De mon voile il sera fier et heureux
Il suivra les commandements de notre prophète sws et de Dieu
Il me traitera en princesse parce qu'il est pieux
Il me dira des mots doux, des gentillesses, 
Me réchauffera le coeur par son regard affectueux
Il me réconfortera d'un sourire radieux
Parce qu'il est un bon muslman et qu'il me veut
Mon mec à moi est un homme heureux
Bien dans sa tête, bien dans sa peau,
Intelligent, serviable et généreux

Mon mec à moi me respecte
Il m'aime, il m'adore, il me le dit et me le répète
Si je pique une crise ou que je lui fais sa fête
Il ne sera pas rancunier et ne me tiendra pas tête
Parce qu'il est amoureux, compréhensif  et pas bête
Parce qu'il me connait bien, voit la femme en moi et la respecte !   



Poème écrit il y a une semaine sur un carnet, ce soir il a pris vie grâce aux touches de mon clavier. Finalement, il ressemble plus à un "hymne à l'amour"  qu'à une chanson de Rap, j'aurais au moins essayé !

7/18/2010

Que des questions ... c'est déjà ça !

Aujourd'hui c'est dimanche. Comme tous les dimanches "qui se respectent" il faut qu'il y ait une couche de mélancolie de préférence à la fin de la journée, quand le soleil se fait timide, que les ombres s'allongent, que les oiseaux se cachent pour dormir parfois pour mourir (ça me rappelle un roman ) ! Le dimanche qui devrait être le meilleur jour de la semaine puisque je n'y travaille pas, est pourtant le jour que je déteste le plus ! Cela a toujours été le cas pour diverses raisons sur lesquelles je n'ai pas envie de m'attarder et qui vous n'apporteront rien de vraiment intéressant ! Mais comme il faut regarder la moitié pleine du verre, sous peine de mourir d'ennui et de misère, je dois reconnaitre que le dimanche a cet avantage de me laisser le temps de réfléchir, de  faire le point sur ce qui précède, de me soumettre à l'examen de cette glace qui ne sait pas mentir ! 

Tiens par exemple durant cette semaine qui vient de s'écouler qu'ai-je fait de si grand ? Qu'ai-je accompli ou gagné de si important ? Est-ce que j'ai rencontré des gens intéressants ou en ai-je perdu d'autres que je croyais des amis et des confidents ? Est-ce que je me suis rapprochée de Dieu ? Est-Il est satisfait de moi ? Quel impact ai-je sur mes collègues, quels sont mes sentiments ? Suis-je épanouie au boulot, satisfaite de mes antécédents ? Combien de fois je me suis énervée, je me suis fait du mauvais sang ? L'objet de ma colère en valait-il la peine ou non ? Cet être à qui j'ai donné de moi-même et de mon temps sait-il que malgré tout je ne suis pas rancunière et que je le plains au fond ? Cette psychologue grâce à qui j'ai joui d'une excellente formation sait-elle à quel point je l'ai appréciée ? Quelles questions m'a-t-elle poussé à relever ?  Serait-elle satisfaite de savoir que j'ai appris plus de choses sur mon pays, sur mon entourage et sur moi-même en ces deux jours que pendant des mois durant ? Aurai-je le courage de changer ma vie vers le mieux ? ou continuerai-je à m'autodétruire comme un mazo ? Apprendrai-je à dormir tôt ou serai-je condamnée à  faire la prière de l'aube comme un somnombule trop pressée de retrouver mon lit  ? Ridicule ! Trop de questions dans ma tête bouillonnent ! Les réponses ? Je préfère ne pas y penser, déjà  j'en frissonne ! 

6/09/2010

Mama


La maitresse d'école, les yeux rouges de fureur se tourna vers la petite écolière et lui demanda : "comment peux-tu te présenter à l'école dans cet état, avec des cheveux ébouriffés et un sale tablier ? Où est ta mère ? " Mais la fillette loin d'être intimidée rétorqua avec assurance : "maman travaille, elle s'occupe de moi comme elle peut". La maitresse resta interdite pendant un moment puis comme inspirée, elle se tourna vers ma sœur  jumelle et moi et nous demanda : "Et vous ? Est-ce que votre mère travaille ? " Elle n'attendait pas de réponse en fait, elle savait très bien que ma mère travaille comme professeur dans le lycée le plus prestigieux de la ville. Mais il fallait quand même lui répondre ce que nous fîmes en chœur : "Oui !". Et là, la maitresse lança à l'autre fille un regard triomphal et s'écria : "Tu vois ? Leur mère travaille et pourtant regarde comme elles sont soignées, comme elles sont bien coiffées, parfumées, admirez leurs tabliers éclatant de propreté ! Leur mère devrait se lever tôt pour les préparer ainsi et les envoyer à l'école telles deux fleurs florissantes !" La maitresse se tourna enfin vers nous et nous dit la phrase qui restera à jamais gravée dans ma mémoire et que je répèterais un jour à mes petits enfants : "Votre mère est une mère exemplaire ! Votre mère mérite un prix présidentiel !" Pauvre maitresse, elle était hors d'haleine, elle nous enseignait le français (nous étions en troisième année primaire) mais elle a dit ceci en arabe ! Ma sœur et moi étions à la fois étonnées et contentes, enfin quelque chose d'intéressant à raconter à la rentrée de l'école ! Ma mère va en être fière !

Ma mère ! Ceci est une petite introduction pour parler de toi ! Tâche ô combien difficile ! Ceci va être le texte le plus dur que j'aurais jamais à écrire ! Oser te décrire ? Je ne saurais prétendre y parvenir, il me faudrait pour cela écrire et écrire ! Mère par où commencer ? Par le jour où le médecin t'as appris que tu attendais non pas un mais deux bébés ? je te vois marcher le cœur battant à un mois de l'accouchement,  savoir que tu portais en toi deux enfants cela n'avait pas dû être facile,  ça a dû même  être terrorisant !  Puis vint le moment fatidique où ton corps allait se libérer de son fardeau, ma sœur est venue au monde, puis moi avec  avec vingt  minutes d'écart interminables ! Que dire  ensuite des nuits blanches  que tu as passé à nous dorloter à nous chouchouter, à parcourir des dizaines de fois la véranda sans que nous daignons dormir et te libérer de ton martyr ! Je ne saurais décrire toutes les tâches que tu as faites pour nous tous, tout le mal que tu t'es donné pour concilier entre ton rôle au lycée et celui au foyer, combien tu as sacrifié de ta force, de ta jeunesse, de ta santé pour que jamais mes sœurs et moi nous ne manquions de quoi que ce soit, au lycée tu t'acquittais de ta tâche à merveille, à la maison tu te privais de tant de choses pour nous ! Jamais tu ne nous as laissées sentir le poids de ton absence, jamais tu ne nous as négligées au profit de ton travail, quitte à aller sans déjeuner, quitte à passer des jours entiers sans fermer l'œil, sans te reposer ! Que dire mère ? Tu es exceptionnelle, aujourd'hui j'ai 27 ans et tu continues à me choyer comme si je n'avais que 7 ans, chaque soir tu viens me chercher à la rentrée du boulot, puis tu me prépares mon diner sur un plateau, enfin tu me prépares le déjeuner du lendemain avec tout l'amour qui est tien ! Et quand j'essaie de te délivrer de l'une de ces corvées tu te fâches, tu tiens à me faire plaisir, me servir est un plaisir pour toi ! Mère tu es vraiment exceptionnelle, durant mes longues années d'études tu étais toujours avec moi, les distances nous séparaient mais chaque jour j'avais droit à tes plats délicieux ! Ton zèle n'a pas de limites, ta générosité n'a pas de frontières, tu nous as comblés par ton dévouement aveugle, ton affection, l'amour par le geste ! Car c'est ce que je retiens de toi au final : l'amour par les faits, par les gestes, tu nous as tellement aimés que tu t'es sacrifiée sans jamais compter ! Il parait que c'est le propre de la mère, mais ma modeste expérience ici bas m'a montré que toutes les mères ne sont pas comme toi ! Ma maitresse avait raison : tu es une mère exemplaire, un exemple de fidélité, d'abnégation, d'attention, d'amour inconditionnel !


Mère grâce à toi j'ai réussi mes études, grâce à toi j'ai aimé la  lecture et les livres, grâce à ta patience j'ai acquis des bases solides qui m'ont sauvé lors des moments de solitude, quand ma paresse m'isolait du monde, les bases que tu m'as inculquées sont là pour me soulever ! C'est pourquoi je n'ai connu que le succès, j'ai hérité de ton intelligence mais pas de ton esprit laborieux, je suis une "oblomovic" comme tu me le dis parfois ! Bref le fait est là : pour moi tu es l'être le plus cher au monde ! Je te l'ai déjà dit et je te le répète en ce jour où tu es devenue soixantenaire ! Puisse Dieu te garder pour moi, pour mes sœurs et mon père, pour tous ceux qui t'aiment, qui te chérissent, qui veulent faire de toi leur bonheur ! Que Dieu te garde pour tes petits enfants , qu'ils puissent profiter de ta sagesse et de ton affection ! Maman tu as beaucoup souffert tout au long de ta vie, tu as vécu intensément, toujours en mode action, tu étais une élève studieuse laborieuse acharnée intelligente, tu as été une fille tellement fidèle à ses parents, puis une femme tellement dévouée pour sa famille et enfin une enseignante qui a gravé son nom en lettres d'or dans un lycée où tout le monde te respecte ! Partout où tu vas on t'accueille à bras ouverts, tu as laissé une empreinte sur des milliers de personnes, de génération en génération, 36 ans de service, une ancienne combattante comme tu aimes bien le dire, mais surtout une mère avec tout ce que le mot a de sens ! Maman aujourd'hui tu es fatiguée,  tu te sens usée, mais laisse moi te féliciter pour l'excellent parcours que tu as fait : tu as réussi ta mission à merveille, regarde le fruit de tes sacrifices nous avons toutes réussi nos vies et ce grâce à toi et à mon père ! Maman sois fière !


Maman je t'aime, je t'adore, je m'excuse pour cet essai si médiocre, la barre est trop haute je suis submergée par l'infinité ta bonté et je ne saurais te décrire à juste titre ! Alors je dirais simplement que Dieu te bénisse, que Dieu te garde pour nous tous en bonne santé, toujours avec le sourire radieux et les yeux pleins de bonté ! Tu as toujours été jeune, on ne t'as jamais donné ton âge et aujourd'hui plus que jamais tu incarnes la force et la vigueur ! Maman de tout mon cœur je te souhaite le bonheur, que ton chemin soit parsemé de fleurs, que tu nages dans la joie et la bonne humeur ! Maman mon amie et ma sœur, tu es ce qui m'est arrivé de meilleur !

6/02/2010

La Chose

Quand j'ai lu Harry Potter (que je vous conseille vivement au passage), on parlait du méchant sorcier Lord Voldemort en disant "Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom", les gens avaient tellement peur de lui qu'ils n'osaient même pas le désigner  par son nom. Moi aussi j'ai un nom que je ne peux plus prononcer, non par peur mais par dégoût et par fierté. Je parle d'Israel, (IsraHell pour les intimes), ceci est l'unique fois où je mentionnerai son nom dans cet article. Dorénavant je préfère dire : "Celui-Dont-On-Ne-Supporte-Plus-Prononcer-Le-Nom", mais vu que la formule est un peu longue je pencherai vers un terme beaucoup plus simple : j'hésite entre "La Chose" ou bien "La Bête". Mais enfin par respect à toutes les bêtes à l'écoute je vais user du terme "La Chose"  pour désigner ce.., cette.. euh voyons comment pourrais-je la décrire, un État voyou ? Non c'est trop "civilisé" comme terme, ce serait même une insulte pour La Chose après tout ce qu'elle a fait, après tout ce qu'elle a accompli comme exploits en termes de crimes contre l'humanité, de non respect de la vie humaine, des droits de l'homme, du droit à la vie surtout ! Non ce serait malhonnête de ma part ! 

Bon après mûres réflexions je crois qu'il n'existe pas de terme dans la langue française ou dans toute autre langue pour désigner, décrire ou même approcher cette chose qu'est La Chose. Alors en attendant que ce terme soit inventé, je vais me contenter de dire à quel point je hais cette Chose et je la méprise. J'ai tellement pitié d'elle, une pitié dédaigneuse et non charitable, car après ce qu'elle a fait dernièrement je la sens toute tremblante, hésitante, haletante et surtout folle!  Oui elle incarne la folie, elle se croit supérieure aux autres, elle contrôle le monde, elle fait ce qu'elle veut de qui elle veut, elle tue des gens, elle massacre des enfants, des nourrissons, expulse des milliers de leurs maisons, chasse des centaines de leurs terres, fait des essais sur une population entière, un laboratoire géant nommé Gaza, qu'elle condamne si injustement et de surcroît quand une flottille chargée d'aides humanitaires, de gens de tous les coins de la Terre ,venus pour relever le défi, pour pincer "La Chose" dans son orgueil de bête féroce, pour lui dire NON à la gueule, pour amener un peu d'espoir à un peuple que le monde a oublié, prisonnier de La Chose et de ses lâches alliés, face à tout cela, La Chose n'hésite pas à mettre sa patte dégueulasse sur le rêve pro-palestinien en massacrant, tuant, blessant, emprisonnant ces humains humanistes et humanitaires venus avec un message signé humainement votre ! 

Là franchement je la sens comme affolée plus que jamais, elle a tellement peur qu'elle ne sait plus quoi faire ! Elle a tellement menti que les gens ne la croient plus, elle s'est  brûlée dans le feu même qu'elle a allumé. Maintenant tout le monde s'est réveillé de son long sommeil, le siège imposé à Gaza depuis 2007 est désormais en haut de l'affiche ! Grâce à cette folle opération de piratage inédit,  Gaza est à la une de l'actualité, beaucoup de gens ont pris conscience de la cruelle réalité que vit les gazaouis et ils appellent au lever du blocus, même les plus grands traitres ont finit par céder, par montrer quelques signes d'humanité. Cela me rappelle les caricatures sur le Prophète Mohammed sws grâce auxquelles des milliers d'occidentaux se sont convertis à l'islam parce qu'ils se sont dit : mais qui est ce Mohammed ? quelle est son histoire ? Pourquoi le monde musulman s'est levé à cause de ces dessins ? Et ainsi ils ont découvert, aimé et embrassé l'islam ! Alors merci Monsieur Caricature pour l'énorme service que tu nous a rendus ! De même, merci à "La Chose" d'être aussi bête, aussi sauvage, aussi folle,  aussi "chose" à la fin ! loooool oui je te ris  à la gueule et je me moque de toi, tu es vraiment pathétique, tu as atteint, voire dépassé les seuils de la décadence morale et physique  et je suis ravie de te voir prisonnière de ta propre folie, continue de t'enliser comme ça dans les dunes de ta bêtise infinie!  Ta fin est proche ma chérie, j'en suis ravie ! La route est encore longue devant nous,  elle sera parsemée d'obstacles de partout, mais l'ultime victoire revient à NOUS !

5/21/2010

Je voudrais mourir jeune

    Pas mal de fois dans ma vie, j'ai souhaité mourir dans l'instant, immédiatement, j'implorais Dieu pour qu'Il m'ôte la vie comme Il me l'a offerte si généreusement. Je l'invoquais à chaudes larmes pour qu'Il le fasse là tout de suite, maintenant ! Je me sentais sûre de moi-même, de ce que je voulais. C'était les pires moments de ma vie, les plus cruels, les plus durs, quand je voyais tout noir, tout rouge ou tout gris ! Quand la colère se mêlait à la rage et au désespoir, la solitude à l'indignation, à la déception, voire à la folie ! Oui des moments de folie , de grand vide et de faiblesse en somme, quand je ne me sentais plus la force  ni la motivation de continuer ...

5/18/2010

Lettre à une tête voilée


    Une « voilée » qui ne mérite pas son nom voilà ce que tu es. Tu as une "tête" de voilée mais le corps ne suit pas. Oui c’est à toi que je parle, toi qui portes le voile mais qui exhibes son corps. Toi qui ne veux surtout pas qu'un seul cheveu apparaisse mais qui n'a aucun problème à sortir toute dessinée de la tête aux pieds. Chaque fois que je te vois, j’ai envie de te le crier à la face, de te dire d’enlever ce bout de tissu tu lui fais honte ! J’ai honte à ta place ! Comment oses-tu sortir et te montrer en pleine rue avec tout ce bazar, ce festival de couleurs, de convictions contradictoires ? C’est quoi ce cirque ? Quel est ton but ? Joindre l’utile à l’agréable ? Être à la fois pieuse et branchée ? Obéir à Dieu sans paraitre démodée ? 
 

    Il faut savoir ce que tu veux ma belle car pour l’instant toi et le voile vous faites deux. Les gens ne te respecteront pas ainsi saches le ! Un jean serré, un pull moulant desséché, des talons bien aiguisés, un visage maquillé puis des cheveux cachés sous un bout de tissu coloré en forme de fleur, de girafe ou de toupie, non mais quelle folie ! Voilà un cocktail qui fait de toi une fille sexy, une fille hésitante haletante et même pis, que les filles qui sortent cheveux en l’air car elles au moins ont fait leur choix et l’assument bien, toi tu ne vaux rien ! Habillée ainsi tu fais plus de mal que de bien ! Tu es comme un intrus tu n’appartiens à aucune catégorie ! Alors tu vas finir dans les inclassables, cette section minable où on jette les codes indéchiffrables car pour moi t'es un mystère. Je ne comprendrai jamais ta composition ni à quoi ça te sert, le cerveau dans ta tête ou même ton cœur ! Car ton cœur à lui seul saura te dire que ce que tu fais est très malhonnête et irrespectueux envers le voile, envers l'islam et envers Dieu! Tu es le meilleur et le pire prétexte pour toutes celles qui hésitent encore, tu leur offre un alibi sur un plateau d'or. Elles diront : "eh regarde ces pseudos voilées, regarde comme elles s'habillent sexy et branché, regarde comme elles rient à pleines dents, comme elles crient à pleins poumons, eh je te dis que ce voile c'est de la mode ! "

     Tu vois ce que tu causes comme dégâts ? Tu n'as pas honte de faire semblant que tu ne sais pas ? Tu n'es pas fatiguée de toujours ignorer cette petite voix ? Qui te crie à l'oreille et te rappelle ton choix ! Ce choix que tu as fait mais que tu n'as pas respecté ! Il est grand temps que tu te réveilles tête voilée, que tu colles le corps à la tête, que tu acceptes, que tu embrasses le voile tel qu'il est, que tu lui fouttes enfin la paix, que tu arrêtes de le stigmatiser, ridiculiser, martyriser ! 


Lettre écrite il y a trois mois, mais c'est aujourd'hui que je l'envoie en espérant que le facteur ne se perdera pas...

5/13/2010

Là où je me prommenais..




     Une image qui m'a donné le sourire, mais en fait je n'en ai pas la moindre envie. Car Ammar ne me laisse plus me promener, j'ai dans mon blog une petite liste de liens intéressants, dont celui de mon ami Ignescence, le poète de l'enfer. Ce coin de mon blog, cette liste s'intitule "Là où je me promène". Malheureusement, il semblerait que je sois obligée de changer le présent par l'imparfait car en moins d'une semaine, Ammar a mis sa détestable main dégoulinante sur mon jardin secret ! Il a supprimé toutes ces fleurs sur lesquelles je m'attardais comme une abeille avide de sucer le nectar de leurs pensées parfois amusantes, parfois touchantes mais toujours intéressantes voire... passionnantes ! Alors, je ne sais pas si ce sera mon tour la prochaine fois, mais  en tout cas je veux crier de toutes mes forces : Ammar tu n'as pas le droit de faire ça !

5/06/2010

Pour que les choses soient claires

     J’ai écrit hier un article intitulé J'aime pas la Tunisie et je l’ai partagé comme d'habitude sur mon profil Facebook. Aussitôt fait, une pluie de reproches et d’attaques s’est abattue sur moi, mes amis me traitaient de traitre, me critiquaient sans même avoir pris le temps de me lire. Heureusement qu’ils n’étaient pas très sérieux, sinon j’aurais piqué une crise, sérieux! Ma mère aussi a fait la grimace quand je lui ai parlé de l’article, comme eux elle s’est arrêtée au titre, elle s’inquiétait pour sa fille qui « jouait avec le feu » mais quand elle a su de quoi il s'agit, elle a changé d’avis. Bref, je tenais à préciser que j’aime mon pays, mais je déteste la « Tunisie » à laquelle je fais face tous les jours, la Tunisie sale, arriérée, intolérante, sans merci. D'ailleurs je ne suis pas sure si c’est d’elle ou des tunisiens que je parle ! Car au final qu’est-ce qui fait la Tunisie ? C’est l’ensemble des tunisiens ! Ensuite, sachez-le bien je n’ai pas touché le fond du sujet dans mon article précédent, je n’ai parlé que des choses quotidiennes de la vie de tous les jours, ces détails qui vous empoisonnent la vie et vous dégoutent de votre pays, la saleté par exemple, oui j’insiste beaucoup sur la saleté. C’est très important, cette pollution sous toutes ses formes, ces bruits, ces odeurs, ces mentalités, ces cheminées ambulantes plus connus sous le titre de "fumeurs", tous les comportements typiquement tunisiens, qui font de nous ce peuple arriéré, anarchique qui se trouve encore à des années lumières de tout ce qui est  "civilisation", "éthique" et "progrès", voilà ! 

    Il ne fait pas bon de vivre sur CETTE Tunisie, c’est de cette Tunisie que je parle ! La vraie, et non celle des cartes postales, destinée aux touristes, la Tunisie aux plaines vertes, au soleil brillant, aux plages paradisiaques, aux oiseaux gazouillant et aux déserts aphrodisiaques ! Non c’est pas ça la vraie vie, c’est pas ce à quoi le tunisien ordinaire a droit tous les jours. Le tunisien ordinaire a droit à la pollution, aux gros mots dans la rue, aux bousculades, aux disputes partout et pour rien du tout, … Mais le plus beau dans tout ça ou devrais-je dire le plus triste, c’est que je n’ai encore rien dit des vraies raisons encore plus profondes qui font qu’aujourd’hui j’aime pas la Tunisie ! je n’ai rien dit du manque de liberté, du 404 qui a tout gâché, du non droit à s'exprimer, de la vulgarité, du chômage, de l'éducation, de la mentalité des gens, de tout ce qui fait que je ne me sens plus chez moi ici bas, je suis étrangère dans mon propre pays voilà ! Maintenant je comprends pourquoi des tunisiens ayant vécu à l’étranger soient incapables de retourner à leur pays et de réintégrer cette vie chaotique ! Aujourd’hui la seule chose qui me tient à la Tunisie, c’est ma famille ! Je ne peux pas me séparer de mes parents, de mes sœurs, de mes bien aimés, autrement je n’aurais pas hésité à partir à l’étranger, tenter ma chance, faire une thèse en trois ans et non y passer une éternité comme ici dans ce pays où l’encadreur fait « connaissance » avec ton sujet le jour même de la soutenance, pas ici où tu dois galérer, courir, suer comme un chien pour obtenir quelques minables données, comme si ta vie et ta mort en dépendaient ! La Terre est grande, à quoi bon naitre, vivre et mourir dans un seul endroit ? Pourquoi ne pas sortir découvrir à quoi ressemble la vie sous un autre toit ?


5/05/2010

J'aime pas la Tunisie

Je l'aimais avant, quand j'étais assez jeune, assez adolescente et stupide  pour croire que la fierté d'un pays réside dans une équipe de foot qui a su aller jusqu'à la finale de la CAN 96, je l'aimais quand je voyais aux news ces pauvres gens à qui on distribuait des couvertures pour ne pas mourir de froid lors de l'hiver 98/99, je l'aimais quand mon père nous emmenait en voiture vers un voyage au sud du pays, quand je séjournais dans des hôtels chics, quand mon seul souci était d'être la première de ma classe ! Aujourd'hui je suis loin de la belle époque de l'insouciance et de l'ignorance, oui l'ignorance est parfois un vrai cadeau du ciel ! Ah j'ai oublié qu'on n'a pas besoin d'être savant pour répondre à la question : est-ce que j'aime la Tunisie oui ou non ? Non il vous suffit pour cela de passer une sale journée de préférence à la capitale en veillant à prendre au moins un moyen de transport en commun, plus c'est bruyant, plus c'est "bousculant", mieux ça vaut ! 

Bon, personnellement j'ai longtemps fuis cette question, je ne voulais pas y penser, je redoutais ma propre réponse, je voulais faire semblant de l'ignorer. Mais aujourd'hui je ne vais plus me taire : la Tunisie je ne l'aime pas ! J'aime pas la Tunisie à laquelle j'ai droit tous les jours et comment pourrais-je l'aimer alors qu'elle me montre chaque jour son visage laid ? La Tunisie qui pue, qui est sale, qui est corrompue, qui me fait du mal, je ne peux plus la supporter ! Je travaille en moyenne deux mois  par an rien que pour payer l'abonnement du bus qui me transporte de Bizerte à Tunis, seulement voilà ce bus n'a rien de confort-able, seul le prix est "confort" mais le bus ne l'est pas. On nous amène un bus "normal" qui passe par l'autoroute et voilà ! Pas mal de fois je ne trouve pas de place, même quand j'en trouve le bus tombe en panne, sinon c'est le conducteur fou à lier qui met la radio à fond et qui ose encore élever le volume dès que les mots magiques (ou devrais-je dire diaboliques) "foot" et "match" sont prononcés ! gare à celui qui ouvre sa bouche pour lui demander de baisser le son, il sera traité de sale con ! Ensuite, une fois arrivée à la fameuse station Bab Sâdoun, mes pauvres oreilles pas encore remises du vacarme du bus se heurtent d'emblée aux cris des louagistes qui n'ont aucun scrupule à aboyer leur foutue destination au moment même où tu passes près d'eux, c'est ce qu'il y a même de plus naturel chez eux ! Ensuite, puisque j'ai entamé mon boulot en janvier dernier j'ai eu droit à tous les tableaux possibles et imaginables que peut offrir la boue sur une chaussée, d'ailleurs c'est inutile de nettoyer ses chaussures ce qui vaudrait mieux c'est une bonne paire de bottes en caoutchouc comme j'en portais quand j'étais écolière. Bon pour ne pas exagérer les choses, je dois avouer que j'aime bien cette marche matinale, je peux faire abstraction de différentes contraintes sauf la vue des ordures sur le trottoir à quelques mètres du ministère de l'enseignement supérieur, à quelques dizaines de mètres du belvédère, non cela me dépasse! 


Maintenant cliquez des yeux, ouvrez, ça y est , c'est l'heure de  rentrer après une énième journée de travail ! Je vais effectuer le même trajet à pied sauf que les automobilistes semblent encore plus fous  le soir que le matin, normal ils sont trop pressés de renter chez eux ! Et c'est pas cette fille visiblement de mauvaise humeur qui va les empêcher de griller le feu rouge eh oui ! Elle n'a qu'à attendre que la route soit déserte pour traverser, un feu vert pour le piéton ça n'est pas fiable en Tunisie ! C'est pourquoi quand j'essaie de traverser j'entends presque rugir les moteurs de ces voitures qui me barrent la route, je m'étonne même qu'elles ne m'aient pas déjà écrasée et qu'elles me laissent le temps de passer ! Bon si je ne suis pas morte en traversant le passage piéton (ou ce qui en reste une fois que les taxis l'auraient occupé), j'aurais toujours une chance avec cet endroit, un parking situé en bas d'un échangeur, à la fin de la journée, quand tous les SDF, les anarchistes, les animaux mâles qui pissent debout auraient vidé leur vessie, quand l'urine de toute une journée se serait rassemblée pour m'accueillir en pleine figure, je pourrais aussi mourir suffoquée non à cause de l'odeur, mais parce que tous les jours je suis obligée de retenir ma respiration pendant au moins dix à quinze mètres ! Sinon j'aurais droit à de l'urine évaporée ! Or il se trouve que parfois je me hasarde à humer l'air avant de m'étouffer délibérément et là bonjour les mauvaises surprises ! L'odeur absente  au début,  me traverse d'un seul coup sournoisement au moment où je m'y attendais le moins ! Eh oui ça m'apprendrait à courir le risque ! Maintenant si j'ai survécu à la folie des automobilistes et au poison dans l'air, il faut que je traverse avec succès la Foule aux yeux braqués ! C'est elle cette masse d'individus plus fatigués les uns que les autres, qui attendent avec impatience surgir de l'infinité de l'embouteillage, de ce beau paysage qui s'étend à perte de vue, cette masse jaune canari, qui va les transporter collés les uns aux autres, s'accrochant à ses portes vers leurs demeures rabougries ! Mais en attendant le bus, ils  ont cette manie détestable d'occuper la moitié de la chaussée, je dis bien la moitié, alors moi comment je fais pour passer ? Soit je me faufile au milieu de la foule et je suis contrainte de "demander pardon" à des inconnus à qui je n'ai fait aucun tort, soit je me hasarde à passer en pleine chaussée sous peine de me faire renverser par un de ces automobilistes qui ne m'aurait pas achevé quand j'ai traversé le passage piéton ! Tout ça avec en prime les dizaines de paires d'yeux qui se posent sur moi, ah je les déteste ! j'aime pas qu'on me regarde avec insistance, j'en ai horreur ! Enfin j'arrive à cette foutue gare de Bab Sâdoun, j'aurais un billet pour le bus de 19h mais je tenterais ma chance dans celui de 18h30, si j'ai de la chance je trouverai une place sinon selon mon état je me suiciderai en acceptant de rentrer debout et avec un peu de chance, l'un de ces hommes va se rappeler qu'un peu de galanterie ça ne tue pas, il m'offrira sa place, je lui dirai non, il insistera, j'accepterai amèrement, je m'assoirai timidement, je l'inviterai en milieu de route à reprendre sa place mais il refusera gentiment, je serais gênée et je pleurerais intérieurement mais parfois quand la Tunisie me fatiguera plus je pleurerai littéralement, puis j'essuierai mes larmes car on est presque arrivés et que les lumières vont s'allumer !

Cher journal

Cher journal En ce temps de sécheresse artistique et d'absence de vrais tourments et de réels "problématiques" dans ...