3/14/2010

La Palestine au coeur du grand Maghreb

"La Palestine au coeur du grand Maghreb" voilà le slogan que la chaine tunisienne Nessma TV ( Ne9ma pour les intimes) a choisi pour la semaine consacrée à la Palestine. A priori ça sonne bien, c'est beau, c'est touchant, mais au final je le vois plus comme un cliché qu'autre chose. En tout cas je vois clair dans leur jeu. Bon avant toute chose, et pour être honnête je n'ai pas suivi la totalité du programme, je ne l'ai regardé que le temps de manger quelque chose le soir en rentrant du boulot. Mais le fait est là justement, le peu que j'ai vu me laisse perplexe. Enfin pas tant que ça, attend c'est de Ne9ma TV qu'on parle ! Ce sont des pro, ils ne plaisantent pas avec le business, ils font tout dans les règles de l'art et c'est pas la semaine dédiée à la Palestine qui va faire l'exception. Alors pas question de sortir du fameux cocktail : femme, festival, football, pas question d'ennuyer les spectateurs avec les problèmes et les souffrances des palestiniens, bon on en parlera (parce qu'il le faut) mais dans un cadre purement artistique. C'est pourquoi chaque fois que je regarde l'émission je vois ce visage de la Palestine qui m'indiffère, tous ces artistes, ces chanteurs, ces cinéastes, ces acteurs, qui sont des palestiniens mais qui ne représentent pas la Palestine à mes yeux, en tout cas pas la Palestine de Gaza, de Haifa, de Ramallah, la Palestine qui souffre enfin !
Moi j'ai besoin de voir le simple palestinien qui galère au quotidien, celui qui ne trouve plus de quoi nourrir sa famille parce que les sionistes lui ont volé la terre de ses ancêtres, j'ai envie qu'on me montre cette femme ordinaire mère de trois enfants tués par les soldats adolescents d'Israhell , cet homme qui a vu sa famille se faire massacrer et qui ne comprend toujours pas comment il a survécu, ces gens qui souffrent des checks points au quotidien, ces enfants qui croisent la peur tous les jours sur le chemin de l'école, ces âmes torturées qui voudraient crier leur détresse au monde entier ! Mais non, à la place on préfère nous amener des palestiniens qui vivent à l'occidentale et/ou  en occident, des stéréotypes ne9matisés pour ne pas sortir du cercle vicieux de cette chaine qui se veut la voix du grand Maghreb mais qui ne l'est pas en fait ! Pourquoi on n'a pas mis l'accent sur les plus grands martyrs et combattants de la Palestine ? Pourquoi on n'a pas invité des grands poètes engagés tels que Tamim Al Barghouthi ? Pourquoi vouloir peindre ce portrait d'une Palestine occidentalisée avec ces femmes mal coiffées trop maquillées, décolletées et parfois garçon manqué ? Vous allez me sortir le prétexte de l'espoir, vous l'avez voulu une semaine d'espoir et d'hommage à la Palestine ? d'accord mais l'espoir ne vient pas avec tous ces artistes qui chantent une chanson puis rentrent dans leurs lofts à la new yorkaise mener la belle vie ! une chanson si belle soit-elle et si touchante ne nourrit pas les enfants affamés de Gaza, elle  ne guérit pas les victimes des gazs phosphorescents et leurs déformations ! une chanson ne sèche pas les larmes d'une mère à qui on a tué ses enfants ! Alors pourquoi êtes vous restés dans "l'art" et vous avez négligé la VIE ou devrais-je dire la SURVIE des palestiniens ? 
Enfin et pour être objective, je salue quand même votre initiative, il y a  surement du bénéfique là-dedans ! 

3/04/2010

L'épileptique

Hier quand la journée touchait à sa fin, quand je n’attendais d’elle plus rien, un jeune homme s’est présenté à notre bureau, il a demandé un service mais il s’était trompé de « porte ». Alors il est sorti et nous parlions encore de lui quand il a réapparut : il voulait un verre d’eau. Cette fois-ci j’ai pris le temps de le regarder et j’étais atterrée de voir ce jeune homme si maigre qui luttait pour ne pas tomber. A peine a-t-il trouvé une chaise qu’il s’est écroulé, et malgré les spasmes qui le secouaient de la tête aux pieds, il a fait un ultime effort pour avaler un peu d’eau. Au bout de quelques minutes d’angoisse, il a repris ses esprits, alors il a sourit comme pour nous rassurer. Pourtant ses mains et ses pieds continuaient à trembler, il a voulu se lever mais il était encore trop faible. Alors il s’est rassis et nous a dit tout en souriant : "ça va aller, je vais bien, que Dieu vous bénisse." Et devant nos yeux interrogateurs et compatissants, il a continué en disant : " je souffre d’épilepsie, ce matin à la sortie de la mosquée je me suis évanoui et je ne me rappelle pas de ce qui m’est arrivé depuis. C’est le pompier qui m’a raconté comment je suis tombé la face contre le chemin de fer, la femme effarée qui depuis son balcon s’est mise à crier, et les gens qui ont appelé les secours pour me transporter à l’hôpital. En sortant et comme je me sentais mieux, je suis venu ici à la recherche d’emploi. Apparemment je me suis trompé, j’ai surestimé mes capacités ".
 
Il parlait la tête baissée, sourire aux lèvres, sans nous regarder et à mesure que je l’écoutais ma peine grandissait, mes yeux qui le fixaient étaient devenus humides, une, deux, trois gouttes sur le bureau, des larmes de compassion puis d’admiration car il a continué en disant : " Dieu merci, je m’estime heureux par rapport aux autres. Avant j’étais ignorant et têtu, je refusais de prendre mes médicaments, je me révoltais et je disais pourquoi moi ? Pourquoi je suis comme ça ? Aujourd’hui s’il y a deux choses que je n’arrêterais jamais ce sont : ma prière et mes médicaments ! je remercie Dieu en toute circonstance, j’ai vu des horreurs, j’ai vu un jeune garçon mourir devant moi, c’était un enfant il avait passé l’après midi avec son papa, et pendant la nuit il s’est mis à pleurer, il me disait je veux mon père je veux le voir, il me manque, alors j’ai essayé de l’apaiser, de le consoler mais il était très agité dans son lit, soudain je l’ai entendu ronfler puis se blottir violemment contre ses draps, il était mort ! Alors même si aujourd’hui je suis malade, même si ça m’est arrivé de passer une semaine dans le coma, je m’estime heureux et je remercie le bon Dieu pour ce qu’il m’a donné".
 
Il s’est tu un moment puis il a continué : "une fois j’ai vu un garçon aveugle et son père marcher dans la rue, quand soudain le fils a trébuché et est tombé sur les rails du train qui arrivait à toute allure, alors j’ai vite débarrassé le père de son sac et il a pu relever son fils à temps et le mettre à l’abri. Ils faisaient peine à voir, je les ai donc abrités chez moi pour la nuit et le lendemain je les ai accompagnés à l’association des handicapés. Tout ça pour vous dire qu’il y a toujours pire que soit et qu’il faut accepter son destin et y faire face avec courage. Mais la seule chose que je ne supporte pas c’est d’être maltraité et offensé, je préfèrerais mille fois mieux qu’on me batte, qu’on me torture, je serais couvert de sang mais j’en guérirais. Les mots blessants eux restent à jamais gravés dans ma mémoire et me suivent toute ma vie ! Comme l’autre jour où je n’avais pas d’argent pour acheter des médicaments, et le pharmacien qui a refusé de me les donner et de patienter jusqu’à ce que j’aie de quoi le payer. Il m’a humilié devant tout le monde, pourtant il fait la prière à la mosquée. Méfiez vous, tous les prieurs ne sont pas forcément bons, je l’ai appris à mes dépends ! On dirait que l’argent durcit les cœurs, j’aurais peut être fait comme lui si j’étais riche mais pas de cette façon si méchante et inhumaine ! Enfin, il ne faut jamais faire confiance à qui que ce soit et n’attendre rien de personne".

Et le voilà qui sourie encore, puis il nous a saluées, remerciées et il est parti d’un pas faible et hésitant. Il nous a enchantées, émerveillées par son courage, sa patience, sa force enfin ! Car il a beau être malade, épileptique, il était plus fort que nous! Il avait un moral d’acier et une foi inébranlable en Dieu et en lui ! Il était à la fois pauvre, chômeur et malade, mais il trouvait le moyen d’en sourire, d’embrasser la vie, de dire merci ! Il a eu des crises d’épilepsie car il n’avait pas pris ses médicaments faute d’argent et pourtant il était reconnaissant envers son Créateur et s’estimait heureux par rapport aux malheurs des autres. Alors de voir quelqu’un comme lui, un modèle de courage, de patience et de bonne volonté je ne pouvais que l’admirer, le respecter et me sentir toute petite face à sa grandeur ! Il était d’une autre race, celle des souffrants mais fiers, forts et contents ! Moi je fais partie de ceux qui ont tout mais qui sont fainéants, fragiles, pleurnichards et mécontents. Alors de nous deux qui est le plus heureux ? Qui est le plus intelligent ?

3/01/2010

Fatiguée

Fatiguée ! je suis fatiguée, j'ai sommeil, j'ai mal aux yeux, j'ai mal à la tête, j'ai mal partout. Mais j'ai mal au cœur surtout, mon cœur pleure, mon âme est triste, rien ne m'émeut, tout m'attriste. Je suis condamnée à rester dans ce bureau, je ne trouve pas quoi faire, j'ai des documents à lire, mais ils sont ennuyeux à dormir, j'ai donc tout le loisir de songer à la laideur qui m'entoure, de penser à la misère de tant de gens, à ce monde de vautours...

Oui je suis désœuvrée, j'ai encore plus d'une heure à passer, plus de soixante minutes à "tuer" car là où je travaille on laisse tout traîner, mais n'en parlons plus ce n'est pas le sujet ! Le fait est là: je suis dispo et j'ai tout le temps qu'il faut pour songer à toute cette douleur, à ces souffrances, à cette peur ici et là, partout où tu vas, dans ce monde fou tombé dans le chaos, ce monde où rien n'a plus de valeur, dépourvu de ses couleurs, un monde fou tel un monstre qui se nourrit du sang des pauvres, des faibles, des tueries, des massacres, des barbaries, un monde où le plus fort construit son empire sur les décombres de toute une famille, dont il n'a épargné ni les grands ni les petits, un monde où il n'y a plus de liberté ni de respect pour les droits les plus élémentaires de l'humanité, ses droits à la vie ou à la mort mais avec dignité !

Alors j'aurais aimé être cinglée, avoir les yeux fermés, les oreilles bouchées. J'aurais aimé être simple d'esprit, se contenter d'un peu de pain, du soleil qui brille, lever les yeux vers le ciel et dire merci, être dans la misère et penser quelle est belle la vie ! Tiens j'aimerais bien être morte, avec tous les risques que cela comporte. Hélas je suis bel et bien vivante, je l'entends bien ce coeur qui bat pour me rappeler que je n'ai pas le choix car je suis en bonne santé, je dispose de toutes mes facultés, je ne suis ni sourde ni muette, je vais bien, j'ai toute ma tête ! Je suis allée à l'école, au lycée, puis à la faculté, je suis trop cultivée et éduquée, j'ai la télé, je suis connectée sur le net, enfin je suis loin d'être bête !

Je suis au courant de tout ce qui se passe dans le monde, de tous ces crimes, de toutes ces injustices, de toutes ces terres volées, ces maisons confisquées, ces malheureux chassés, pourchassés, ces corps brûlés, ces malades abandonnés, ces êtres terrorisés, ces gens affamés, ces familles déchirées, ces espoirs envolés, et tous ces rêves d'enfants partis en fumée, leurs regards innocents mais déterminés, chargés de tant de colère, de haine et de volonté ! Ces regards accusateurs et pleins de reproches je ne peux plus les affronter, j'ai honte cela me tourmente, j'en ai assez ! Je suis dégoûtée comme toujours car je ne fais rien de concret pour aider tous ces persécutés ! Ce n'est pas en publiant quelques malheureuses vidéos que leur monde sera plus beau ! Je ne fais que rappeler la cause palestinienne mais est-ce suffisant ? N'y a-t-il pas autre chose à faire, quelque chose de plus consistant ? J'aimerais bien essayer car je ne peux plus continuer ainsi, je suis fatiguée !

2/08/2010

A tous les fumeurs : je vous déteste !

Les fumeurs, ils m'exaspèrent. A vrai dire, je les déteste, oui je ne vais pas ménager mes mots : je les dé tes te ! Enfin non pas en tant que personnes, il n'y a pas de quoi, je ne les connais même pas pour ça, mais simplement en tant que "fumeurs". C'est l'acte de fumer qui me gêne et à partir de là peu m'importe si la personne qui est en face de moi soit un ouvrier aux habits déchiquetés ou un banquier en cravate, peu m'importe s'il est beau ou laid, s'il conduit une belle caisse ou s'il attend venir le bus au milieu d'une foule tumultueuse, non ce qui m'intéresse c'est elle, la cigarette ! dès que vous la tenez dans la main je vous mets dans une catégorie, celle des "fumeurs" . Bon cela semble évident mais attendez de savoir ce que c'est qu'un fumeur pour moi...

Un fumeur est un être capable de commettre le crime de fumer, un acte d'autant plus gênant qu'il est accompagné d'effets indésirables encore plus graves et répugnants que l'acte lui même, j'ai nommé : l'égoïsme et puis... l'égoïsme ! car entre nous ce qui me gêne chez les fumeurs ce n'est pas le fait qu'ils se bousillent les poumons, qu'ils risquent le cancer et bien d'autres complications ! ni le fait qu'ils abrègent leurs vies de 11 minutes à chaque cigarette fumée, ni encore le fait qu'ils dépensent des sommes importantes, aussi pauvres soient-ils parfois, pour le "plaisir" éphémère de quelques minutes, ce qui me gêne ce n'est pas non plus le fait que les fumeurs soient aussi faibles, aussi dépendants, aussi esclaves de cette abominable invention qu'est la cigarette ! A quoi bon faire semblant de m'y intéresser et pourquoi le ferais-je alors que tous ces fumeurs inconditionnels savent mieux que vous et moi les risques et les dommages qu'ils courent pour cette addiction encore plus absurde que maladive ? non je suis trop indifférente pour ça, j'ai toujours été honnête ce n'est pas maintenant que je vais commencer à mentir !

Alors la vérité, la voilà : ce qui me gêne chez les fumeurs c'est tout simplement le fait qu'ils empoisonnent l'air que JE respire, que NOUS respirons, comme si les usines, les voitures, les bus, les bateaux et toute cette mécanique qui nage, qui vole, qui roule à 3, 4, n roues ne fait pas assez de dégâts comme ça ! Bon le seul "avantage" de la cigarette par rapport à ces pollueurs bruyants est qu'elle s'active en mode silencieux, enfin si on fait abstraction des crises de toux dont les fumeurs sont victimes ou plutôt coupables !

D'ailleurs, il faut dire que les fumeurs sont très créatifs en terme d'égoïsme, il y en a ceux qui en attendant que le bus démarre se payent le luxe de fumer une ultime cigarette puis y montent en trainant avec eux cette odeur d'air empoisonné et si vous êtes chanceux ils s'assoient à côté de vous afin que vous puissiez profiter du spectacle ! d'autres ne se font aucun scrupule et ne trouvent aucun problème à vous partager la barre verticale sur laquelle vous vous appuyez parce que vous êtes fatigués et que vous attendez quelque moyen de transport, ils viennent tout près et ils commettent leur acte détestable l'air de dire si vous n'avez pas d'air pollué on vous l'emmène jusque chez vous !

Savez-vous fumeurs détestables que chaque fois que vous marchez devant moi je suis obligée de presser le pas pour vous dépasser et ce faisant, je retiens ma respiration pour échapper à votre souffle carbonisé, à vos rejets dioxydés et dégoutants ? savez-vous que souvent alors que je suis exténuée je préfère renoncer à un banc parce que vous avez eu l'audace et la prétention de me le gâcher par votre présence ? savez-vous combien de fois j'aimerais vous dire à quel point je vous méprise car vous ne respectez pas ni l'endroit ni les gens qui ont la malchance de se trouver à proximité de vous ? savez-vous combien je vous déteste parce que vous êtes à la fois ici et là, parce que vous êtes trop nombreux à la fin !

Surtout n'allez pas croire que si je vous fuis c'est parce que je tiens trop à ma vie, non la raison en est que je REFUSE d'être fumeuse passive ! je refuse de respirer cet air exhalé qui sent si mauvais ! mais bon vous avez peut être une bonne raison pour être aussi égoistes et prétentieux : c'est qu'on vous encourage à faire cet acte odieux eh oui vous êtes interdits de fumer dans beaucoup d'endroits, comme si toute la Terre est par défaut bonne pour fumer et que seuls quelques endroits font l'exception et défient la loi de la nature ! c'est pourquoi certains d'entre vous n'ont aucun problème à fumer tout près d'un enfant, oui j'ai vu cela de mes propres yeux et pour moi cet acte n'est pas moins choquant que celui d'un adulte battant ou maltraitant un enfant ! et ce qui me dégoûte encore plus, la partie la plus laide de tout cela c'est l'air naturel et insouciant que vous prenez ce faisant ! oui ça me dégoûte que le fumeur en question ne semble pas se soucier le moins du monde de la gravité de ce qu'il a fait à cet enfant ! comme si l'acte de fumer est le plus naturel de tous !

Oui je vous déteste "passionnément" ô fumeurs, mais ce que je déteste le plus chez vous c'est que la cigarette ne vous tue pas assez rapidement, vous vivez quand même assez longtemps pour empoisonner la vie et l'air de quelques milliers de personnes tout au long de votre vie de fumeur, car au cas où vous l'auriez oublié, vous n'êtes pas nés fumeurs, vous le devenez et à partir de ce moment vous cessez d'être un homme et vous vous transformez en "fumeur", vous perdez un peu de votre humanité car vous devenez l'esclave de la cigarette. Bref si vous avez tout le loisir de nous gâcher l'air qu'on respire, alors laissez moi celui de vous hair !

1/16/2010

Renaître de mes cendres...

Cela fait longtemps que je n'ai pas pris mon stylo et que je n'ai pas écrit ! si longtemps que je ne reconnais plus ma propre écriture ! c'est que le blog notes a remplacé le bloc notes dans ma vie. Une différence d'une seule lettre mais ô combien significative ! Car ce "c" qui aujourd'hui a remplacé le "g", fait que je suis enfin sortie du monde virtuel pour me replonger dans la sphère réelle et que là c'est sur un bloc notes en chair et en papier que je suis en train d'écrire ces quelques pensées, la tête appuyée sur la table car j'ai vraiment sommeil, avec dans mon champ visuel la silhouette d'un jeune homme très calme et réservé qui n'est autre que mon collègue de travail. Je le vois qui feuillette un bouquin sans enthousiasme, mais lui au moins bouquine alors que moi je "magazine".

Est-ce que j'ai dit "collègue" et "travail" ?

(là je viens de tourner la page, ah j'aime bien le contact du papier !)

Ah oui c'est que je suis à ma deuxième journée de travail, après une interruption de plus de deux ans ! mais chose curieuse je ne pense qu'à dormir en ce moment ! d'autant plus que je n'ai pas commencé à travailler vraiment, on est encore à la phase des "présentations". Ah j'ai beaucoup de chemin à faire pour retrouver la fille endurante et patiente que j'étais, je dois lutter pour faire renaitre de ses cendres cette ancienne combattante que j'aimais, que j'étais,  il y a deux ans, il y a un siècle, il y a une éternité ! Oui ma vie a changé, plus question de faire la grasse matinée, plus question de se lever à la mi journée, quand les écoliers sont déjà de retour après l'école tout excités, quand les gens se mettent à table pour déjeuner, quand il y a eu déjà 20 morts et 40 blessés, en Iraq, en Palestine ou en Guinée, non plus question de m'enfermer dans un monde parallèle, dans ce monde virtuel, où les gens aiment bien se fabriquer une belle image, où tu ne sais plus le faux du vrai, plus question de gaspiller ici bas mes jeunes années, plus question de m'enliser dans les dunes du passé, de m'enterrer vivante et d'étouffer ma jeunesse, ma beauté, mon potentiel, mes capacités ! Ma peau a besoin de soleil, mes poumons d'air frais ! mes yeux réclament un nouveau paysage autre que ce PC !

Oui ma vie a changé, dorénavant ma journée commence à 6h, se termine à 11h ou minuit, les vacances, la nonchalance c'est fini ! c'est un nouveau départ, une nouvelle vie, placée sous le signe du travail, du labeur inoui, mais j'ai encore le temps de jouer avec mes collègues et amies à "garçon-fille", un jeu d'enfant je vous le dis. Pour oublier un moment que désormais je fais partie du monde des adultes responsables et amers, qui rêvent de retrouver le rire éclatant, résonnant et tellement vrai des enfants qu'ils étaient, il y a 20 ans, il y a un siècle, il y a une éternité !


12/29/2009

Entretien avec John Lennon

John : Imagine there's no heaven, it's easy if you try, no hell below us, above us only sky,
Primavera : non, ce serait trop triste !
John : Imagine all the people living for today...
Primavera : pas la peine d'imaginer, c'est déjà le cas de la majorité, les gens vivent pour le moment, ils croquent la vie à pleines dents sans se soucier des conséquences, sans songer à l'avenir, sans se faire des remontrances, ils font plein de bêtises, d'injustices mais chose curieuse ils ont confiance !
John : Imagine there's no countries,
Primavera : alors il n'y aura plus de matchs de foot, plus de coupe du monde, plus de jeux olympiques, mais alors que feront les peuples du tiers monde pour se divertir ? Non John c'est hors de question, tu veux nous ôter cet ultime plaisir de se disputer à cause d'un ballon derrière lequel court 22 hommes suant et haletant sur lesquels se posent les regards et les espérances de deux peuples comme si l'avenir du pays en dépendait ? Non non, ça je ne peux l'imaginer ! Et puis à la télé de quoi allons-nous discuter ? de politique ? c'est compliqué et puis c'est pas à la portée de tout le monde hein t'es d'accord ? alors nous allons parler de quoi ? de science ? c'est encore compliqué et tellement ennuyeux ! Bon il y a la musique aussi, mais rien ne peut remplacer le foot je te dis, les pays on en a besoin rien que pour ça et pas pour autre chose !
John : It isnt hard to do,
Primavera : si si c'est très difficile comme situation, c'est même impossible, je viens de te l'expliquer !!
John : Nothing to kill or die for,
Primavera : then there will be nothing to live for either, la vie ne vaudra plus la peine d'être vécue, tout ce qui a de la valeur va disparaitre, même l'amour ! car crois-moi beaucoup ont tué par amour (le jour où ils ont surpris leur femmes dans les bras d'un autre), beaucoup sont morts parce qu'ils ont attrapé le virus de l'amour, l'amour du pays (indispensable pour qu'il y ait des matchs de foot), de la patrie (bon ça n'a plus trop de sens de nos jours), d'une cause (du genre 100000 voix pour que Metallica vienne en Tunisie), ...
John : and no religion too,
Primavera : attention on ne joue pas avec ça, la religion j'y tiens trop et puis c'est pas la faute de la religion, c'est le vice de l'homme qui gâche tout, la religion est faite à la base pour garantir l'harmonie, l'entente et la paix entre les hommes, mais ce sont les humains qui l'ont stigmatisée, instrumentalisée pour servir leurs propres intérêts ! et puis crois-moi John même si tu leur enlèves la religion, ils trouveront 1000 autres raisons pour se battre et s'entretuer, c'est le propre de l'homme, certains sont méchants, vils de naissance, enfin bref c'est tellement plus compliqué que ça, "plus de religion" tu parles !
John : Imagine all the people living life in peace...
Primavera : non ce serait ennuyeux quand même, et puis tu veux signer le contrat de mort des marchands d'armes ? tu sais combien de gens y gagnent leur pain ? et puis tu sais people love drama, la paix, le bonheur, la prospérité c'est assez ennuyeux, ça vend pas des journaux, les gens ont besoin de lire les malheurs des autres pour se sentir mieux par rapport à leurs, misérables existences, c'est égoïste certes, c'est terrible même mais c'est comme ça, on a besoin d'action, d'accidents, de rebondissements, tiens de guerres surtout ! quitte à imaginer tout un prétexte pour ce faire ! bon les exemples ne manquent pas mais je veux bien m'attarder sur le cas Bush Junior, oui celui qui a failli se choper une chaussure en pleine gueule ! bah lui il a tapé fort hein ! il a imaginé et mis en œuvre tout un scénario diabolique qui commence par le meurtre d'une partie de son peuple et qui finit avec la guerre en Iraq et en Afganistan, une 3ème guerre mondiale en fait mais qui se déguise sous le nom de guerre contre le terrorisme, enfin je suppose que les milliers de soldats américains qui ont trouvé une mort atroce t'ont déjà raconté cette histoire ...
John : You may say I'm a dreamer
Primavera : non pas seulement un rêveur mais aussi un psychopathe, je suis désolée John d'ailleurs t'as été assassiné par un psychopathe qui t'aimait bien pourtant, je sais pas ce qui l'a pris !
John : But I'm not the only one
Primavera : oui ça c'est sur, t'es pas le seul taré de la planète, mais ils sont devenus encore plus nombreux aujourd'hui, et chose curieuse c'est eux qui mènent le monde, des présidents skyzophrènes, psychopathes, voire même criminels, des leaders complètement déconnectés de la réalité de leurs peuples bah y a que ça aujourd'hui !
John : I hope someday you'll join us and the world will live as one.
Primavera : non pas envie, je suis trop intelligente pour ça, les rêves impossibles je les laisse pour la nuit quand je suis sous la couette et que le sommeil veut bien me faire l'honneur de sa visite !
John : Imagine no possesions, I wonder if you can,
Primavera : alors il n'y aurait plus de St Valentin, de fête des mères, des pères, des grands-mères, des arrière-arrière-arrières grands-pères, toutes ces fêtes commerciales nécessaires pour la survie d'une économie déjà souffrante ? Et puis encore une fois c'est pas réaliste John ! Tout le monde n'aura rien mais tout le monde aura tout ? non le communisme c'est nul un échec total et complet !
John : No need for greed or hunger, a brotherhood of man,
Primavera : va dire ça aux grands capitalistes cupides et assoiffés d'argent qui tous les jours déversent des tonnes de nourriture dans l'océan pour maintenir des prix élevés alors que chaque 3 secondes un enfant africain meurt de famine ou de mal-nutrition !
John : Imagine all the people sharing all the world...
Primavera : pas besoin d'imaginer c'est le cas : les gens ont partagé le monde, mais je suis pas sure que le partage est très juste ! Ceux qui ont déjà le plus gros morceau veulent encore plus, et paradoxalement ceux qui ont vu leur part initiale diminuer continuent à perdre du terrain, un exemple ? je te donne le meilleur : la Palestine tu connais ? il était une fois c'était un pays, comme les autres jusqu'au jour où les anglais ont décidé de le vendure aux sionistes ! depuis , la carte de la Palestine n'a jamais cessé de changer, mais bon on s'en fou tant qu'on suit les événements sur notre télé LCD dernier cri, confortablement installé dans un canapé , un paquet de pop corn à la main et puis que peut-on faire ? il faut attendre Saladin, il a tardé à venir mais je suis sure qu'il viendra, en attendant on reste sage, on mange des cacahuètes et on ne bouge surtout pas !
John : You may say Im a dreamer, but Im not the only one,
Primavera : bah oui je te l'ai déjà dit, t'es pas le seul à rêver John, mais rêver ça n'a jamais changer les choses !
John : I hope some day you'll join us, and the world will live as one.
Primavera : je te l'ai dit pas envie John ! j'ai pas envie de faire un rêve impossible, j'ai pas le temps pour ça! mais bon tu as le mérite d'avoir composé une très belle chanson, beaucoup l'ont repris après ta mort, mais t'inquiète c'est ta version que je préfère, et malgré tout ce que je t'ai dit, je suis un peu comme toi au fond, j'aime bien rêver par moments, mais aujourd'hui j'ai peur de trop rêver, car au réveil, la chute risque d'être douloureuse, et des chutes comme ça je n'en veux pas!
John : Imagine there's no heaven, it's easy if you try, no hell below us, above us only sky,
Primavera : et le voilà qui repart de plus belle ! non j'ai assez écouté la chanson pour aujourd'hui ! adieu John !

12/27/2009

J'ai honte !

Samedi 27 décembre 2008, une journée ensoleillée, il faisait beau, je me suis réveillée le matin tout excitée à l'idée de rencontrer des forumiens que j'ai connus sur la toile. Pour la première fois j'allais découvrir ces visages qui se cachent derrière les pseudonymes, serrer ces mains en chair et en os qui m'ont écrit tant de messages en tapant sur leurs claviers ! je suis allée à leur rencontre le cœur battant, je me disais que penseront-ils de moi, suis-je assez belle, agréable, pas trop laide enfin ? Mais finalement ça s'est bien passé, ils étaient tous très gentils et surtout ils ne m'ont pas accablé de regards insistants ! De toute façon ils n'en auraient pas eu le temps puisque je ne suis restée qu'un quart d'heure car ce jour là on avait des invités à la maison. Je suis rentrée soulagée d'avoir fait cette "expérience" sympathique, la journée s'est écoulée paisiblement, on a mis de la musique, on a dansé avec mes sœurs, c'était l'hilarité générale !

Mais à la nuit tombée, mon beau-frère est venu et il a dit cette phrase fatidique : "Avez-vous vu ce qui s'est passé aujourd'hui à Ghaza ? plus de 200 palestiniens sont morts !" et c'était comme si le temps s'est arrêté : ouvrant de grands yeux étonnés je lui ai lancé un "c'est vrai ?" idiot, sans intérêt et sans attendre sa réponse j'ai couru vers la télé, cet engin que j'ai abandonné ou presque depuis mon addiction au net, et en appuyant sur une seule touche, la laideur de la réalité m'a frappée en pleine figure, c'étaient des images atroces, ce sang qui coule, ces centaines d'hommes éparpillés sur le sol, cette tête sans corps qui surgit des décombres, ce visage plus monstrueux qu'humain qui vous regarde de ses yeux déjà morts,... alors je me suis effondrée, je n'ai pas cru mes yeux, je n'arrivais pas à croire qu'au moment même où j'étais contente de cette belle sortie matinale, contente des rayons du soleil qui me réchauffaient le coeur et le corps, des hommes palestiniens ont trouvé une mort violente, terrible, atroce, prématurée ! au moment où je passais d'excellents moments avec ma famille, que je dansais, que je faisais la fête, les hôpitaux de Ghaza étaient submergés par ce flot de sang et de mort, par ces corps plus morts que vifs, ces membres brûlés, déchiquetés, ces enfants affolés, ces familles torturées par l' angoisse de perdre un être cher, ... tout un spectacle que je ne saurais décrire ! Alors j'ai eu honte de mon insouciance, de ma petite vie de jeune fille gâtée, de mon impuissance ... et aujourd'hui un an plus tard, jour pour jour, j'ai toujours aussi honte ! C'est même devenu pire !

Aujourd'hui j'ai honte chaque fois que j'ouvre le robinet et que l'eau coule à flot car à Ghaza les gens n'ont pas d'eau potable, ils n'ont pas d'eau saine pour préparer le repas, laver le linge ou prendre une douche ! J'ai honte à chaque fois que j'ouvre le frigidaire et que je le trouve garni de toutes sortes de produits alimentaires, car à Ghaza les gens n'ont pas de frigidaire c'est que leur maison a été détruite et ils s'estiment heureux de trouver refuge chez des proches ou des voisins qui ne sont pas tellement plus fortunés qu'eux mais dont l'habitation déjà précaire a juste échappé à la machine infernale de guerre, d'ailleurs même si ces palestiniens avaient un frigidaire je ne vois pas qu'est-ce qu'ils pouvaient y mettre dedans ! J'ai honte chaque fois que je me glisse sous les draps, que je me couvre le visage et que je jouis de cette sensation douce de chaleur car quelque part à Ghaza des gens ont froid, ils n'ont pas assez de couvertures, de lits, ils n'ont pas de chauffage, ils n'ont même pas assez de vêtements pour se protéger contre les brises glaciales de l'hiver ! Oui j'ai honte chaque fois que je mange à ma faim, chaque fois que je bois à ma soif, chaque fois que je prend une douche, chaque fois que je VIS enfin parce qu'ils ne vivent pas eux, ils SURVIVENT tant bien que mal ! J'ai honte car j'ai vu ces enfants palestiniens se plaindre de la vie qu'ils mènent ! Cette petite fille qui malgré ses cinq ou six ans était dans un état d'indignation et de rage digne d'une personne adulte !! Et justement les enfants de Ghaza ne sont plus des enfants, on les a "adultisés" prématurément, on leur a volé leur enfance ! Et c'est ce qui me déchire le cœur plus que tout car l'enfance est à mes yeux la plus belle période de la vie ! Or les enfants de la Palestine en sont privés ! Ils ne pensent même plus à jouer trop occupés qu'ils sont à survivre ! L'odeur du gaz dans leurs vêtements, dans le semblant de nourriture qu'ils ont, dans l'eau, dans l'air leur empoisonne la vie, les étouffe ! Ils ne rêvent plus comme tous les enfants de leur âge ! Ils attendent juste le jour où ils seront assez grands pour devenir des combattants !! Pour se faire exploser dans un restaurant isarélien, pour venger la mort d'un père, d'un frère ou de toute une famille !



Mon Dieu j'ai honte au point de perdre les mots, je me force à écrire même si je n'en ressens plus le besoin ou devrais-je dire l'utilité ! Car les mots ça n'a jamais nourri un enfant, les larmes ça n'a jamais ressuscité un mort, ... d'ailleurs aujourd'hui je n'ai plus de larmes, je n'ai plus de mots, je n'ai plus que ma honte qui me hante, me torture, me tourmente ! Et au final j'ai honte d'avoir toujours honte !


Cher journal

Cher journal En ce temps de sécheresse artistique et d'absence de vrais tourments et de réels "problématiques" dans ...